France

Mehdi, il me filait de l'urticaire

Titiou Lecoq, mis à jour le 24.02.2017 à 14 h 50

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Capture d'écran de l'émission «Thé ou café»

Capture d'écran de l'émission «Thé ou café»

Non mais sérieusement.

Mehdi et Badrou.

Vous n’imaginez pas le calvaire que je vis avec cette histoire.

On ne va pas se mentir, on a tous des gens «de les médias» qu’on ne connaît pas personnellement mais à l’encontre desquels on nourrit une certaine animosité qui, au fil des ans, peut se transformer en détestation. Bah moi, dans ma liste, depuis des années il y a Mehdi et Badrou. (Ça y est, j’entends dans ma tête la voix de Pascale Clark susurrant «les kiiidssss» et j’ai envie de me décoller les ongles de doigts de pieds avec un tournevis.)

C’est simple: leur pastille sur France Inter me filait de l’urticaire. Je trouvais ça affecté, poseur et chichiteux. Et évidemment, je ne comprenais pas l’intérêt qu’on leur portait. À part qu’ils étaient jeunes mais enfin, des jeunes en France, il y en avait d’autres. Bref, ça me saoulait. Après l’arrêt de l’émission, je me suis dit qu'on en était débarrassé. Et puis non. Il y a eu un documentaire, des livres. À intervalle régulier, ils réapparaissaient dans les radars médiatiques. Comme une plaie qui ne cicatrise jamais parce qu’on continue de la gratter. Mais leave me alone avec Medhi et Badrou bordel! Qui les a élus délégués de classe des banlieues?

Et là, l’affaire de Twitter. Sérieusement? Mais on peut juste arrêter de parler d’eux un jour?? Ma position reste la même: je ne supportais pas qu’on les encense, maintenant qu’on veut les pendre en place publique, je trouve toujours qu’on leur accorde trop d’importance.

On en est à discuter de la pertinence de tweets de Mehdi Meklat. Ce monde va mal. D’un côté, les médias qui les soutenaient font leur mea culpa «désolé, on ne savait pas» (alors que franchement, perso, j’attendais un «désolé, c’est vrai qu’ils n’ont rien d’intéressant à dire»). Et de l’autre, ceux qui les attaquent sous l’angle de la peur de l’ennemi intérieur, celui qui vit au milieu de nous et veut nous détruire, avec des raccourcis étonnants de bêtise: «des médias de gauche disent que le racisme c’est pas bien et que Mehdi est sympa, on découvre que Mehdi n’est pas sympa donc le racisme c’est bien». (Je caricature à peine.)

On ne peut pas juste se mettre d’accord sur le fait que ce que produit Mehdi n’a pas d’intérêt? (À ce stade, il faut sans doute que je précise que je n’ai lu aucun de ses livres. Mon appréciation porte uniquement sur ses chroniques radiophoniques. Et vous aurez compris que ça touche quelque chose d’assez épidermique chez moi.)

De toute façon, un mec qui se défend en expliquant que Twitter en 2011 c’était un «Far-West numérique», on peut tout de suite décréter que ses propos sont nuls et non avenus. Et l’explication par le double littéraire maléfique, mais pitié quoi! Ça ne vous a rien rappelé? Non? Un feu de camp, une île paradisiaque, des strip-teaseuses et le concours priapique de la mauvaise foi? En 2008, Martha et Thomas débarquent en amoureux sur «l’Île de la tentation». Thomas est strip-teaseur de son état, une activité qu’il pratique sous le nom de Shawn. Alors quand Thomas commence à frotter son chibre contre les fesses de toutes les tentatrices, il explique «c’est pas moi, c’est Shawn». «C’est pas moi, c’est Marcelin».

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