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Pourquoi Facebook devrait financer le journalisme

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 24.02.2017 à 11 h 02

Repéré sur New York Times

Les entreprises qui ont bénéficié de l'économie numérique, souvent au détriment de la presse, devraient donner une partie de leurs profits au journalisme, explique un éditorial dans le New York Times.

LOIC VENANCE/AFP.

LOIC VENANCE/AFP.

Aux États-Unis, le site de petites annonces Craigslist a beaucoup réduit les revenus des journaux, qui étaient payés pour publier ces mêmes petites annonces. Pour compenser, le fondateur du site, Craig Newmark, a donné un peu de sa fortune à des projets journalistiques.

Dans le New York Times, le journaliste Stephen Waldman suggère que comme Craigslist, toutes les enterprises qui ont bénéficié de l'économie numérique (il cite notamment Facebook, Google et Apple), devraient également financer le journalisme. 

Le 16 février, le PDG de Facebook Mark Zuckerberg a publié un manifeste intitulé «construire une communauté mondiale», dans laquelle il évoque l'importance des médias et de la presse locale pour créer plus d'engagement civique. 

«Malheureusement, son rapport ignore deux points essentiels –l'impact involontaire mais nuisible de Facebook et d'autres plateformes technologiques sur les médias locaux, et la façon dont il pourrait sauver le journalisme: avec un engagement philanthropique massif», écrit Waldman.

Aux disrupteurs de règler le problème

En effet, pendant les premiers mois de 2016, 85% des revenus publicitaires en ligne sont allés à deux entreprises: Facebook et Google, selon un analyste de Morgan Stanley. Or, comme le souligne Adrienne LaFrance dans The Atlantic, une entreprise comme Facebook bénéficie de l'argent publicitaire tout en diffusant gratuitement les articles produites par les médias.

Quant à Apple, son impact est plus indirect: la consommation d'information sur smartphone fait que les réseaux sociaux deviennent les plate-formes de distribution d'information, au détriment des sites de média eux-mêmes.

Si aux États-Unis, certaines fondations ont déjà commencé à financer des projets journalistiques, quasiment aucun de ces financements ne viennent d'entreprises comme Google ou Facebook. Waldman imagine donc le système de financement suivant: si Google, Facebook, Verizon (une compagnie de câble américaine) et Apple donnaient 1% de leurs profits pour des médias locaux pendant cinq ans, cela ferait une somme de 4,4 milliards de dollars, assez pour «transformer le journalisme local américain pour le siècle à venir».

«Ces entreprises sont parmi les plus grands bénéficiaires de la disruption numérique qui a, entre autres, causé la crise du journalisme américain. Il est temps que les disrupteurs règlent ces problèmes. Ils ont l'argent, le savoir-faire et l'obligation.»

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