Science & santé

«Good cop, Bad cop» est une technique qui marche confirme la science

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 23.02.2017 à 20 h 27

Repéré sur New York Magazine 

Une étude démontre qu’un individu sujet à des changements émotionnels est plus enclin à se conformer avec ce qu’on lui demande. 

Mary à tout prix, capture d'écran.

Mary à tout prix, capture d'écran.

Bon flic, mauvais flic. Une technique d’interrogation qui a fait ses preuves, du moins au cinéma. Une étude publiée dans Frontiers in Psychologie, et repéré par le New York Magazine, le confirme. Une personne sujette à des changements émotionnels répétés, c’est-à-dire passer d’un état positif (l'effet good cop) à un état négatif (l'effet bad cop) et inversement, est plus prompte à se conformer avec ce qu’on lui demande. Les agents Hoitz et Gamble du film Very Bad Cop peuvent définitivement oublier leur stratégie bad cop, bad cop pour faire plier leurs suspects.

 

Francesca D’Errico de l’université d’Uninettuno (Italie) et Cornelia Wrzus de l’université de Mayence (Allemagne) ont mis en place une expérimentation pour expliquer pourquoi des personnes dans cette situation donnaient plus facilement de l’argent, s’engagaient à faire du bénévolat ou à surveiller les valises d’un inconnu, comme le souligne une étude de 1997.

Soixante-dix-neuf visiteurs d’une bibliothèque universitaire en Allemagne âgés de 24 ans en moyenne ont accepté de participer à l’étude. Il leur a immédiatement été demandé de répondre à un questionnaire de culture générale à choix multiples comportant 5 questions. Ils obtenaient automatiquement 1 euro pour leur participation et pouvaient gagner jusqu’à 2,5 euros en plus selon leurs réponses. 

Pétition absurde

Les participants ont été séparés en deux grands groupes, l’un sujet à des changements émotionnels et pas l’autre. Pour ce faire, les auteurs de l’étude ont joué sur la difficulté des questions. Une question simple est perçue positivement et une question difficile négativement. Les questions posées au premier groupe alternent entre les deux. Pour les perturber un peu plus, les participants soumis à des changements émotionnels gagnaient 0,50 euros à chaque fois qu’ils répondaient mal à une question et 0 pour chaque bonne réponse.

Dans un second temps, sans savoir que l’expérimentation continue, une ou deux complices viennent à leur rencontre pour leur demander de signer une pétition, que les psychologues appellent «absurde». Le fait de signer une pétition, expliquent les auteurs, est un acte conscient. Une personne va signer, ou non, une pétition selon ses convictions et le contenu la pétition. Face à une pétition absurde, «le rejet doit être l’option par défaut, expliquent les psychologues». Dans ce cas, la pétition réclamait le droit pour les étudiants de choisir leur mode de transport pour venir à l’université… ce qui est déjà effectivement le cas. 

Conclusion? Les participants qui ont subi des changements émotionnels vont signer la pétition à 70% contre 43,6% pour les individus ayant subi une seule émotion (positive ou négative). De plus, questionnés sur les pétitionnaires (détails physiques, etc.), le niveau d’informations retenues est plus faible chez ceux qui ont subi la technique du good cop, bad cop. Garde à vue ou non, ne prenez pas d'importances décisions après avoir subi des changements d'humeur.

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