France

Attention, un retrait de François peut en cacher un autre

Grégor Brandy, mis à jour le 22.02.2017 à 18 h 23

Hollande et Bayrou ont un temps laissé penser qu'ils pourraient être candidat avant de finalement renoncer.

François Bayrou, à Paris, le 22 janvier 2017. Jacques DEMARTHON / AFP

François Bayrou, à Paris, le 22 janvier 2017. Jacques DEMARTHON / AFP

Tout le monde pensait qu'il allait y aller, mais non. À l'image de François Hollande, François Bayrou a donc décidé de ne pas se présenter à l'élection présidentielle 2017. Le président du Modem l'a annoncé ce 22 février, lors d'une conférence de presse. S'il a expliqué qu'il renonçait il a néanmoins indiqué qu'il proposait une alliance sous certaines conditions à Emmanuel Macron.

«Il faut changer les choses et le faire d’urgence. Unissons nos forces. C’est sans doute un geste d’abnégation et un geste d’espoir pour notre pays. Cette offre comporte des exigences qui sont d’intérêt général.»

L'ancien candidat centriste aux quatre dernières élections avait fait monter le suspense au cours de la journée. Sur Twitter, une rumeur laissait entendre que François Bayrou serait candidat après que son site venait de mettre fin pendant quelques instants à la redirection vers celui du Modem et le montrait accompagné de la phrase «Les Français sont mûrs pour des temps nouveaux», et d'un formulaire pour suivre la campagne, comme l'avait remarqué, le journaliste de France Info, Bastien Hugues.

Il avait également noté que la photographe avait déjà réalisé l'affiche officielle de sa campagne en 2012, où elle l'avait suivi.

Elle suit néanmoins Emmanuel Macron depuis mai dernier, ce qui pouvait laisser entendre que François Bayrou allait en réalité peut-être préférer se retirer et proposer une alliance avec le candidat centriste.

Aucun candidat de 2007

Les premières lignes de son discours donnaient à entendre un homme résigné attaquant bille en tête les candidats de droite et d'extrême droite. François Bayrou s'est notamment inquiété du futur de la démocratie en France, et a choisi «d'assumer [sa] responsabilité personnelle».

«Je veux vous dire à quel point la gravité de la situation m’a frappé. Jamais dans les cinquante dernières années, la démocratie en France n’a connu une situation aussi décomposée. Le bilan du gouvernement sortant est tel que les primaires de la gauche ont choisi un opposant déterminé à la politique suivie depuis le début du quinquennat.

À droite, le dévoilement des affaires révèle non seulement l'existence de privilèges et de dérives mais ce qui est le plus choquant c’est l’acceptation tacite de ces abus. Toujours davantage de privilèges pour ceux qui sont en haut en toujours plus d’efforts pour ceux qui sont en bas.»

Comme pour François Hollande lors de sa déclaration avant la primaire socialiste qui avait commencé par une longue défense de son bilan, on s'est alors demandé s'il n'allait pas annoncer qu'il serait bien candidat en mai prochain. Mais à la place, il a préféré tendre la main à Emmanuel Macron, sans cependant affirmer quelques exigences:

«Je demande expressément que le programme présenté par Macron comporte une loi de moralisation de la vie publique, notamment sur la lutte contre les conflits d'intérêt. Je refuse, comme j’ai refusé toute ma vie, que de grands intérêts prennent la vie publique en otage. Je ne céderai rien sur la séparation de la politique et de l’argent.»

Il a également demandé l'introduction de la proportionnelle aux législatives, précisant qu'il «n'accepte pas les deux tiers des Français n’aient aucune représentation». Emmanuel Macron a rapidement fait savoir qu'il acceptait la main tendue de Bayrou.

Peu après cette annonce, sur Twitter ressortaient déjà les nombreuses piques de ces derniers mois adressées par le centriste au candidat en marche.

Avec le désistement de Bayrou, cette campagne présidentielle 2017 ne comptera donc aucun candidat présent depuis 2007. Le leader du Modem était candidat à la présidence depuis 2002. Celle-ci aurait été sa quatrième présidentielle consécutive. Il avait atteint son meilleur score en 2007, recueillant 18,6% des voix. Pas suffisant cependant pour atteindre le second tour. Le désistement de François Hollande, lui, avait laissé la place à la primaire à son Premier ministre Manuel Valls avec le succès que l'on sait. Au final, Emmanuel Macron pourrait bénéficier des deux.

Grégor Brandy
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Journaliste
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