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En Chine, un internaute jugé pour avoir appelé le président «Xitler» 

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 20.02.2017 à 13 h 29

Repéré sur The New York Times

L'image de Xi Jinping est une affaire très sensible.

Le président chinois Xi Jinping durant une cérémonie de remise de cadeaux au siège européen des Nations Unies à Genève le 18 janvier 2017 | DENIS BALIBOUSE / POOL / AFP

Le président chinois Xi Jinping durant une cérémonie de remise de cadeaux au siège européen des Nations Unies à Genève le 18 janvier 2017 | DENIS BALIBOUSE / POOL / AFP

Les autorités ont peu goûté le rapprochement. Le 29 août 2016, Kwon Pyong publiait sur Twitter une photo de lui portant un T-shit sur lequel est écrit «Xitler», la contraction d’Hitler et de Xi Jinping, le président chinois. Le tweet était accompagné du message: «Nous travaillons ensemble, pour renverser ce mur invisible», avec les hashtags #Freelawyer (avocat libre) et #Freetibet (Tibet libre).

À 28 ans, relate le New York Times, Kwon Pyong est aujourd’hui devant la justice pour «incitation à la subversion», ou autrement dit, pour avoir critiqué publiquement le parti communiste chinois et le président. En détention provisoire depuis septembre, son procès s'est ouvert le 15 février. 

Chinois d’origine coréenne, Kwon Pyong , a étudié aux États-Unis, à l’Iowa State University où il est devenu ingénieur aérospatial. Il est ensuite revenu travailler dans l’affaire familiale à Yanbian, au nord-est du pays. Il se décrit lui-même comme «étudiant perpétuel, citoyen, dévoué au renversement du communisme» et déterminé à exprimer ses opinions. Sur les réseaux sociaux, il préfère utiliser son nom coréen, plutôt que son nom chinois, Quan Ping, précise le journal américain.

Un phénomène inquiétant

L’internet chinois reste l’un des plus contrôlés au monde. Le fait que Kwon Pyong utilise Facebook et Twitter, tous deux censurés en Chine, et non le réseau social local, Weibo, est mal vu des autorités. Contacté par le New York Times, Liang Xiaojun, l’un des deux avocats en charge du dossier, mais remerciés à quelques jours du procès par les parents de Pyong à la suite de pression, déclare: 

«M. Kwon incarne un phénomène qui inquiète le gouvernement chinois: les jeunes, exposés à des idées étrangères, parfois partis faire des études à l'étranger, qui se sentent libres de critiquer le gouvernement.»

Pour la première fois, un internaute est jugé pour un simple commentaire dans un tweet, ajoute Liang Xiaojun, là où d'ordinaire les critiques plus longues et construites étaient visées. À en croire les avocats, l'accusation repose sur 70 commentaires, photos et vidéos postés sur Twitter et Facebook. N'ayant pas pu accéder au dossier, Liang Xiaojun ne peut confirmer que la photo du T-shirt en fait partie. Selon les informations communiquées par les autorités, Kwon Pyong pourrait être condamné à un an et demi de prison. 

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