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Voici comment Tinder permet aux Indiens de se libérer des convenances

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 20.02.2017 à 12 h 56

Repéré sur Quartz

Récits de rencontres en ligne.

Illustration d'Indu Harikumar, détail. https://www.instagram.com/p/BP2pL5mAiV_/?taken-by=induviduality

Illustration d'Indu Harikumar, détail. https://www.instagram.com/p/BP2pL5mAiV_/?taken-by=induviduality

En Inde aussi, Tinder connaît un succès fulgurant. Fin 2015, l'application de rencontres faisait état d'une hausse de 400% des téléchargements en un an. Et d'un bilan de 10 milliards de «matchs» depuis son lancement sur place. Dans un pays où les mariages arrangés sont la norme, l’homosexualité et le sexe oral-anal sont illégaux, les relations hors-mariages sont très mal vues, et les viols courants, Tinder semble être un bol d’air pour une génération en quête de liberté sexuelle et une société en pleine mutation. La moitié de la population y a moins de 35 ans.

Du coup, Indu Harikumar, une illustratrice, a décidé il y a quelques temps de lancer le projet #100IndianTinderTales, regroupant des histoires qu’ont connu les Indiens grâce à l’application. La déclinaison locale du site Quartz a partagé quelques-uns de ces témoignages.


Drôles, tristes ou loufoques, les personnages qu’on y croise semblent tous fonder, ou avoir fondé beaucoup d’espoir sur Tinder. Certains ont perdu leur virginité grâce à l’application et d’autres, déçus, concluent sur une note tragique:

«Pour la plupart, c’étaient des garçons gentils (…) mais plus tard, nous sommes tombés dans le trou noir et silencieux du “nous ne nous verrons jamais, donc à quoi riment ces conversations”. (…) Tinder fatigue. C’est un fait. Mes doigts sont fatigués, mon cerveau est fatigué, mon cœur est fatigué.»

D’autres s’amusent de l’outil et de ses travers, notamment à propos des envois de photos de pénis. Et certains connaissent de vraies romances, même si ces dernières sont parfois avortées.  C’est le cas d’une femme, perdant sa virginité avec un peintre sur une terrasse, ou encore d’une autre qui tombe amoureuse d’un homme, le voit une fois et ne le recroise jamais. Cette dernière histoire, la plus longue, se tient à Vienne et concerne une expatriée indienne (peut-être l’artiste elle-même). Sa relation avec un Autrichien ne dure en fait que le temps d’un rendez-vous, mais le souvenir qu’elle en garde semble ineffaçable. De retour en Inde, voilà ce qu’elle écrit:

«Il y a eu des moments où je me suis sentie seule et effrayée, et il est apparu de nulle part pour partager avec un moi une photo d’un arc-en-ciel au dessus d’un arbre, de ma maison à Vienne

Ces témoignages dessinent en creux une universalisation des pratiques amoureuses à laquelle Tinder participe et dont on commence seulement à mesurer les effets.

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