Sciences / Monde

Le caca, la clef vers une meilleure connaissance des animaux insaisissables?

Temps de lecture : 2 min

Les scientifiques les suivent à la trace.

 Hamadryas baboon
  | المُصوّر: مُعتز توفيق إغباريّة via Wikimédia CC License by
Hamadryas baboon | المُصوّر: مُعتز توفيق إغباريّة via Wikimédia CC License by

Le monde animal sauvage est vaste et regorge encore de nombreux secrets. Des secrets que les chercheurs ont bien du mal à déceler tant certains animaux sont insaisissables. Le site Gizmodo raconte ainsi que le travail de Kenneth Chiou et Christina Bergey, deux anthropologues de Penn State et Washington University, est particulièrement difficile avec les babouins de Zambie. «Les babouins sont vraiment grands et vraiment malins, c'est difficile de les attraper», explique Chiou. Pendant des mois, ils ont tenté de les appâter pour les faire rentrer dans des cages afin de les étudier. Mais à chaque fois, peu importe la quantité de maïs proposée, les babouins réussissent à casser les cages et à s'échapper, parfois même avec la précieuse nourriture.

Les deux scientifiques ont eu alors une idée. Les babouins ont beau fuir, ils laissent toujours quelque chose derrière eux: des excréments qui, sans être invasifs pour l'animal, regorgent d'informations sur son génome. C'est ainsi qu'est née la méthode dite «FecalSeq», dont les détails de l'étude en cours sont accessibles sur internet. Jusque-là, l'extraction d'ADN existait et est couramment utilisée pour l'étude des animaux. Mais Chiou et Bergey ont réussi à mettre en place une technique permettant de trier les nombreuses bactéries qu'on y trouve.

Un modèle pour d'autres

Ils se sont appuyés pour cela sur une technique existante, comme l'explique Gizmodo. «Ce travail se basait sur des travaux d'autres scientifiques, qui ont développé une méthode pour séparer les bactéries orales de l'ADN, afin d'étudier celles-ci. Ces chercheurs ont développé un kit qui permettrait aux autres scientifiques étudiant le microbiome à faire de même. Chiou et Bergey ont acheté le kit et ont simplement inversé le processus, afin d'en ressortir l'ADN de l'hôte au lieu de celui des bactéries.»

Résultat: les deux anthropologues vont pouvoir en apprendre beaucoup sur le babouin sans avoir à le capturer. Mais ils espèrent aussi que cette méthode servira pour les autres animaux insaisissables du monde sauvage. «Il y a des animaux rares, vraiment cachés, que l'on ne connaît que grâce aux excréments, conclut Chiou. J'aimerais vraiment qu'on l'utilise [cette méthode] pour des animaux comme le chien des buissons d'Amérique du Sud. Vous pouvez passer toute votre vie en Amazonie sans jamais le voir.»

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