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Dans la capitale mondiale des fausses informations

Temps de lecture : 2 min

La ville de Vélès en Macédoine se spécialise dans les «fausses nouvelles» destinées aux supporters américains de Donald Trump.

L'application Facebook sur un smartphone | Download Source via Flickr CC License by
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«Les usines ont fermé, les emplois se sont évaporés. L’équipe locale de football est passée de la première à la troisième division. Le seul cinéma de la ville a plié bagages il y a quinze ans. Le centre-ville s’est fané.»

Il pourrait s’agir d’un de ces reportages sur la «Rust belt» américaine, territoires désindustrialisés dont le vote a été déterminant dans la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. Sauf que cet article publié dans Wired est consacré à Vélès, 44.000 habitants, discrète deuxième ville de Macédoine, qui l’est de moins en moins depuis qu’une activité médiatique de niche y prospère sur les ruines de l’activité industrielle passée. Vélès est devenue la capitale des «fake news», ces rumeurs destinées au partage sur Facebook et Google, dont les auteurs gagnent de l'argent grâce aux publicités. Avec des articles mensongers comme celui selon lequel le Pape soutenait Donald Trump, les fausses nouvelles sont accusées d'avoir joué un rôle dans l'élection présidentielle américaine. En août 2016, un article du Guardian identifiait plus de 150 domaines enregistrés sur place associés à des sites internet d’infos.

Les rédacteurs de fausses nouvelles ne sont pourtant pas d’anciens journalistes chevronnés devenus mercenaires à la solde de la version de la réalité la plus offrante. La force de travail est plutôt constituée d’adolescents et de jeunes adultes épris de jeux vidéos en réseau, de gangsta rap, de squattage d’Internet et d'argent relativement facile à gagner. Dans un précédent article sur Vélès et son armée de producteurs de hoax, le Financial Times notait que «les jeunes de Vélès ont peu d'opportunités de travail en dehors des emplois mal payés de serveur ou dans les usines restées dans le pays», là où les hoax peuvent rapporter 200 dollars par mois. Wired suit le quotidien de Boris, l'un de ces ouvriers du clic et de la fausse news. Grâce aux revenus de son activité, il a arrêté l'école. Apolitique, il ne semble pas particulièrement touché par l'impact de son travail à l'autre bout du monde. Comme lui, de jeunes internautes se sont lancés dans l'eldorado de la fausse nouvelle liée à l'alt-right, mais aussi aux sites sur les célébrités, les grosses voitures ou l'alimentation saine... Le tout avec un même détachement par rapport aux impacts réels de cette économie du clic et de la rumeur.

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