France

La certitude de vote, l'autre versant des sondages de la présidentielle

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 16.02.2017 à 15 h 38

Repéré sur Le Monde

Pour lire une enquête d'intentions de vote, il faut regarder les scores de chaque candidat... mais aussi le degré de certitude de leurs électeurs.

Le palais de l'Élysée en mai 2012 I LIONEL BONAVENTURE/AFP

Le palais de l'Élysée en mai 2012 I LIONEL BONAVENTURE/AFP

À un peu plus de deux mois du premier tour, l'issue de l'élection présidentielle apparaît plus que jamais incertaine. François Fillon, le candidat de la droite et du centre, est secoué par l'affaire des emplois fictifs présumés de sa femme et de ses enfants. La percée d'Emmanuel Macron –dont le programme n'a pas encore été dévoilé– est encore difficile à jauger. La faisabilité et la probabilité d'une «grande alliance à gauche» entre Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot est, quant à elle, encore impossible à prédire. Et enfin, nul ne sait encore si, tout compte fait, François Bayrou se lancera dans la course ou non.

Dans ce grand flou politique, une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), réalisée pour Le Monde, vient faire la lumière sur les intentions de vote des Français certains d'aller voter à quelques semaines du premier tour du scrutin. Réalisée sur un échantillon très important (16.000 personnes), elle offre également un panorama instructif de la façon dont les électorats de chacun sont plus ou moins «consolidés».

L'enquête souligne ainsi que les électeurs les plus sûrs de leur choix sont ceux de Marine Le Pen (75% d'entre eux), de François Fillon (61%) et de Jean-Luc Mélenchon (54%). À l'inverse, les électorats qui demeurent les plus indécis sont ceux de Benoît Hamon (39%), d'Emmanuel Macron (35%) et de Nicolas Dupont-Aignan (32%). Mais si l'on multiplie le score de chacun par le pourcentage de certitude de ses électeurs estimé par le Cevipof, voici à quoi on arrive dans l'hypothèse où François Bayrou n'est pas candidat.

Évidemment, il existe une marge d'erreur du sondage, aussi bien dans l'estimation du score de chacun que dans celle de la certitude de choix des sondés. Mais ce calcul livre en tout cas un autre paysage de l'élection, où Marine Le Pen est plus nettement en tête, mais surtout où François Fillon est devant Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon devant Benoît Hamon, car leurs électorats sont moins «fluides» que ceux de leurs rivaux. Par ailleurs, l'enquête permet de constater que, en l'état, 48% des Français certains d'aller voter expriment une préférence pour un candidat... mais ne sont toujours pas sûrs quant à leur choix final.

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