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Le football peut être mauvais pour le cerveau des footballeurs

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 16.02.2017 à 12 h 01

Repéré sur Vocativ, Acta Neuropathologica, BBC Magazine

Les dommages sur le cerveau causés par le jeu de tête pour les footballeurs professionnels sont une nouvelle fois démontrés par une étude scientifique.

Zinedine Zidane lors de la finale de la coupe du monde 1998, le 12 juillet 1998 I PATRICK HERTZOG/AFP

Zinedine Zidane lors de la finale de la coupe du monde 1998, le 12 juillet 1998 I PATRICK HERTZOG/AFP

Le football ne fait pas vraiment partie des nombreuses disciplines sportives à risque, il n'est pas considéré comme un sport extrême. Mais, désormais, la question peut se poster. D'après les conclusions d'une étude britannique publiée récemment dans la revue scientifique Acta Pathologica, les footballeurs professionnels s'exposent à des maladies du cerveau pouvant être à l'origine d'une démence.

Les autopsies menées pour les besoins de l'étude ont permis d'identifier un lien entre la pratique sportive à haut niveau et l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une affection cérébrale. Sur les six autopsies effectuées par les chercheurs pour cette étude, quatre ont mis en lumière des signes d'encéphalopathie traumatique chronique. Une maladie neurodégénérative déjà observée, par le passé, chez d'anciens boxeurs ou footballeurs américains particulièrement exposés aux coups portés à la tête au cours de leur carrière sportive.

«Impacts répétitifs non commotionnels»

L'étude, menée entre 1980 et 2010, s'est intéressée à quatorze anciens footballeurs –dont treize anciens joueurs professionnels– souffrant de démence et hospitalisés dans un établissement médical de la ville de Swansea au pays de Galles. Outre l'encéphalopathie traumatique chronique, les auteurs de l'étude ont aussi remarqué que certains patients étaient atteints de la maladie d'Alzheimer.

Pour autant, le lien entre ces deux affections cérébrales reste à définir, fait remarquer à l'AFP Helen Ling, docteur auprès de l'Institut de neurologie de l'University College London et auteure principale de l'étude.

«Il est probable que ce soit une combinaison de ces deux maladies qui a provoqué la démence chez ces anciens footballeurs.»

Enfin, l'étude n'est pas parvenue à affirmer formellement que ces pathologies sont le résultat de jeux de tête contre le ballon, de chocs entre joueurs ou autre. Intriguée par le fait que les footballeurs présentent des symptômes similaires aux boxeurs et aux footballeurs américains, bien qu'ils ne subissent d'impacts à la tête de la même intensité, Helen Ling a une théorie.

Pertes de mémoire et lésions

Les dommages observés chez les footballeurs pourraient bien être la conséquence d'«impacts répétitifs non-commotionnels». À ce titre, en mai 2016, la Fédération anglaise de football avait annoncé qu'elle autorisait l'ouverture d'une étude sur les liens éventuels entre le jeu de tête sur les terrains de football et les lésions cérébrales.

En octobre 2016, une autre étude, menée par des chercheurs de l'université de Stirling en Écosse, avait démontré que le jeu de tête lors des matchs de football affectait les capacités de la mémoire –de 41% à 67%– et le cerveau des joueurs pendant les vingt-quatre heures qui suivent l'impact. Magdalena Ietswaart, docteur et spécialiste des neurosciences à l'université de Stirling précisait à la BBC:

«Nous avons constaté, juste après cette séance de coups de tête, une diminution des fonctions cérébrales et des capacités de la mémoire chez ces sujets. [...] Bien que ces affections soient temporaires et limitées dans le temps, nous pensons qu'elles peuvent affecter le cerveau à long terme.»

Toutefois, que les footballeurs du dimanche se rassurent, note France Info. Les risques pour eux de se retrouver avec une affection cérébrale de ce genre sont «extrêmement faibles», souligne Helen Ling. Par mesure de précaution, la Fédération de football américain, elle, a tout simplement décidé, en 2015, d'interdire aux enfants de moins de dix ans de jouer de la tête, à l'entraînement comme en match.

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