Science & santé

Mal racontées, vos histoires de vacances n’intéressent personne

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 16.02.2017 à 11 h 00

Repéré sur New York Magazine, EurekAlert!

Une étude révèle qu'une personne est moins réceptive à un récit quand elle l'entend pour la première fois.

A Nice Place To Sit | Richard Walker via Flickr CC License by

A Nice Place To Sit | Richard Walker via Flickr CC License by

Votre voyage au cœur de l'Indonésie est fascinant, on n'en doute pas. Pourtant, selon une étude publiée dans la revue Psychological Science, vos anecdotes n’intéresseront que ceux qui ont déjà vécu la même expérience que vous, comme le relève le New York Magazine. Les rédacteurs de l’étude, Timothy D. Wilson (Université de Virginie),  Gus Cooney et Daniel T. Gilbert (tous les deux de l’Université d’Harvard) sont partis d’un constat simple, explique ce dernier au site EurekAlert!

«Quand nos amis nous parlent de films que nous n'avons jamais vus ou d'albums que nous n'avons jamais entendus, habituellement nous nous trouvons dans un état d’ennui, de confusion et au final nous sommes peu satisfaits. C'est parce que ces expériences sont si complexes qu'elles sont presque impossibles à raconter pour une personne ordinaire.»

Pour expliquer ce phénomène, les psychologues ont mis en place une expérimentation assez simple. Un premier groupe est chargé de narrer à deux autres une ou deux vidéos regardées au préalable. Parmi ces deux derniers groupes, l’un est familier avec lesdites vidéos alors que pour l’autre le récit sera totalement nouveau. Les narrateurs, avant leur prise de parole, devaient prédire le niveau de plaisir des auditeurs à l’écoute de leur discours, et évaluer sous forme de notes l'intérêt et l'efficacité qu'ils leur donneraient, explique EurekAlert!. De leur côté, après l'intervention, les deux autres groupes devaient les évaluer sur ces trois critères. 

Pénalité à la nouveauté

Le site analyse ainsi le résultat de cette étude : 

«Les conférenciers pensaient que les auditeurs allaient répondre plus positivement à leurs histoires lorsque les auditeurs n'avaient pas encore vu la vidéo qu'ils décrivaient. Mais en fait, les auditeurs ont répondu beaucoup plus positivement quand ils avaient vu la vidéo.»

Dans une deuxième expérimentation, il a été demandé aux auditeurs de prédire quelle serait leur réaction à l'écoute du récit,  avant de l'entendre. Comme pour le premier résultat, les participants pensaient qu'ils préféreraient l'histoire nouvelle. Pourtant, après-coup, c'est l'inverse qu'ils ont constaté. Les psychologues qualifient cela de «pénalité à la nouveauté», alors que les locuteurs comme les auditeurs attendaient un «bonus à la nouveauté». Une personne lambda va donc préférer une histoire déjà connue, contrairement à ce que l’on pourrait envisager. 

Les auteurs de l’étude expliquent cette singularité par le fait que «le discours humain est criblé de lacunes informatives, et des histoires familières permettent aux auditeurs d'utiliser leurs propres connaissances pour combler ces lacunes», relève le New York Magazine. «Nos amis aimeraient peut-être nous entendre leur parler d'un tableau qu'ils n'ont jamais vu ou d'un livre qu'ils n'ont pas lu si nous étions capables de vraiment bien en parler. Mais la plupart des gens ne le sont pas», ajoutent-ils. Il va donc falloir s'entraîner pas mal pour rendre passionnant le récit de vos vacances aux Maldives, ou alors se rabattre sur ce souvenir de séjour au ski que vous aviez partagé.

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