Monde

Les dessous des nominations de l'UE

Temps de lecture : 2 min

Pour Jean Quatremer, la «nouveauté la plus spectaculaire» du Traité de Lisbonne, qui entre en vigueur aujourd'hui, est la nomination d'un président permanent au conseil européen et d'un ministre européen des affaires étrangères.

Sur son blog, il revient sur la journée qui a conduit à la nomination de Herman Van Rompuy et de Catherine Ashton à la tête de l'Union Européenne. C'était le 19 novembre dernier, dans les couloirs de Bruxelles.

Tout commence au petit matin par une réunion des socialistes européens. Le but: trouver un accord sur le poste à réclamer et sur un nom.

S'ils réclament la présidence du Conseil, il faudra que les vingt chefs d'État et de gouvernement conservateurs et libéraux trouvent un ministre des affaires étrangères de leur camp. S'ils choisissent un homme, il faudra alors nommer une femme conservatrice par souci de parité.

Un accord de principe conclu entre les partis européens, le PPE (Parti populaire européen) et le PSE (Parti socialiste européen).

Les instances du PSE veulent le ministre des affaires étrangères, fonction plus importante selon elles. Mais au sein du PSE les voix divergent sur le soutient à apporter. Une réunion du 28 octobre dernier a failli «tourner court»: polémique autour du soutien à José Manuel Barroso, chantage aux votes, divisions sur le choix du poste. Gordon Brown et Martin Schulz, le président du groupe PSE au Parlement européen, se sont affrontés. Pas d'accord, et un froid entre les socialistes européens.

Le 19 novembre, rien n'est encore fait. Les socialistes ne sont toujours pas d'accord. Finalement Catherine Ashton fera consensus, alors que personne n'avait pensé à elle au départ. Les vingts-sept doivent donc trouver un homme pour diriger l'Europe. Le nom de Jean-Claude Junker circule. Il semble avoir beaucoup de soutien. Mais Nicolas Sarkozy rejette alors fermement sa candidature:

Sarkozy n'a jamais apprécié cet homme qui aime bien vivre: manger, boire, fumer, autant de passions que le locataire de l'Élysée ne partage pas.

Le nom qui alors n'excéde personne, c'est celui d'Herman Van Rompuy. «Si personne n'est enthousiasmé par Herman Van Rompuy, personne n'a rien contre lui non plus, c'est cela sa chance» analyse un diplomate. Les jeux sont faits.

[Lire l'article complet sur le blog de Quatremer]

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Image de Une: Herman Van Rompuy. Wikimedia Commons.

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