Monde

La démission de Michael Flynn montre que Donald Trump sera parfois forcé d'être un président normal

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 14.02.2017 à 11 h 34

Repéré sur The Washington Post, The Atlantic

Le processus de démission du conseiller sécurité de Donald Trump est finalement très classique au regard des précédents à la Maison-Blanche.

Donald Trump et Michael Flynn, le 21 décembre 2016, à Mar-a-Lago, en Floride. JIM WATSON / AFP

Donald Trump et Michael Flynn, le 21 décembre 2016, à Mar-a-Lago, en Floride. JIM WATSON / AFP

Michael Flynn aura tenu moins d'un mois. Le principal conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a été contraint de démissionner, ce 13 février, quatre jours après les nouvelles révélations du Washington Post et du New York Times qui indiquent que Flynn avait rassuré l'ambassadeur russe Serguei Kislyak alors que l'administration Obama –toujours au pouvoir– ordonnait des sanctions après son ingérence présumée dans l'élection présidentielle américaine, en décembre dernier. Un geste qui est potentiellement illégal, puisqu'il tombe sous le coup du Logan Act, qui interdit les citoyens américains de négocier avec des puissances étrangères sans autorisation explicite de la part de leur gouvernement.

Michael Flynn avait nié ces allégations dès le début, et Mike Pence avait assuré à la télévision, le mois dernier, que Flynn n'avait jamais parlé des sanctions avec les Russes. Après les nouvelles révélations, ce dimanche, Stephen Miller, un conseiller de Donald Trump avait refusé de le défendre. Ce lundi, Kellyanne Conway, proche conseillère de Donald Trump assurait que Flynn avait «toute la confiance» du président, quand quelques heures plus tard, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer indiquait que Flynn s'était excusé auprès de Pence, et que Trump était «en train d'évaluer la situation».

Mais finalement, si l'affaire Flynn semble avoir pris un tour assez inattendu après trois semaines d'une présidence Trump, cette démission n'est pas une surprise, explique le Washington Post, qui souligne que toute cette affaire ressemble étrangement au scandale typique de Washington: un article dévastateur sort dans la presse, la Maison-Blanche se replie sur elle-même pour se protéger, des conseillers indiquent des choses contradictoires, et tout cela finit par une démission.

«La normalité vaut le coup d'être notée sous une présidence et une administration qui l'a tout sauf été pendant ces 24 premiers jours. La déclaration de Conway laissait entendre que Trump allait encore défier les idées reçues et conserver Flynn en refusant d'abandonner face aux pressions de l'establishment politique et des médias qu'il déteste tant.»

Mais il fallait que Trump donne des gages de confiance à Pence, trompé publiquement dans cette histoire, note le quotidien américain.

«Ce qui est remarquable dans cette histoire c'est à quel point elle est quelconque. La dissimulation est pire que le crime lui-même. Embarrasser ses patrons a de sérieuses conséquences. [...] La démission de Flynn avait tout de l'aspect théâtral traditionnel de Washington. Ce qui la rend très unique dans cette Maison-Blanche.»

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