Science & santé

Bienvenue dans la ville où l'air est le plus pollué au monde

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 14.02.2017 à 10 h 07

Repéré sur The Guardian

Respirer devient mortel à Onitsha, ville du Nigeria.

Le parc automobile d'Onitsha, le 7 décembre 2005 | PIUS UTOMI EKPEI
PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Le parc automobile d'Onitsha, le 7 décembre 2005 | PIUS UTOMI EKPEI PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Dans cette ville d'Afrique, inutile de se couvrir la bouche et le nez: le nuage de pollution est partout. A Onitsha, ville portuaire du Nigeria, les habitants vivent au quotidien avec l'air le plus pollué au monde. Le Guardian explique ainsi que la ville a une «concentration annuelle [en particules] de 594 microgrammes par mètre cube, selon l'Organisation Mondiale de la Santé, dépassant largement les directives annuelles de l'OMS et les limites de 20μg/m3 de PM10», ces particules qui font entre 2,5 et 10 micromètres de diamètre et sont particulièrement toxiques pour le corps humain.

Une situation catastrophique quand on sait que, comme le rappelle le journal, 600.000 personnes sont mortes en Afrique à cause de la pollution de l'air et ce chiffre pourrait rapidement dépasser les 700.000. «Onitsha est extrêmement polluée, pas seulement au niveau de la qualité de l'air, mais également au niveau des déchets solides qui sont abandonnés dans la rue, qui bloquent l'évacuation et les canaux. Sans aucune poubelle à l'horizon, des monticules de déchets non triés occupent le bord des routes et les coins de rues.»

Et pourtant, malgré les chiffres et les faits alarmants, les habitants de la ville la plus irrespirable du monde ne font rien. «La poussière ne tue pas les gens», a ainsi entendu la journaliste, qui a pu constater que les gens ne réalisent pas le danger qu'ils courent au quotidien, qu'ils ne sont tout simplement pas informés de ce qui se passe réellement pour leur santé.

«Onitsha est assez sale, lance un homme d'affaires habitant le quartier de Nwangene, mais le gouvernement ne fait rien pour s'en occuper. Nous faisons des nettoyages mensuels, mais la ville redevient sale. C'est la responsabilité du gouvernement de garde la ville propre, pas le travail des habitants –les gens dans cette ville sont trop occupés à lutter pour avoir un salaire.»

Le docteur Nelson Aluya explique que personne ne prend «la pollution de l'air au sérieux au Nigeria», pas même le gouvernement qui ne la contrôle pas, et cela ne fait qu'empirer avec une population qui augmente et une industrialisation en plein boom. En plein désarroi, le médecin ajoute alors, à propos des services de santé: «Les soins ne sont pas standardisés pour surveiller les personnes souffrant de maladies pulmonaires obstructives dues à une exposition à l'air pollué, et il n'y a pas de procédures standards dans les hôpitaux pour vérifier les niveaux d'oxygène.»

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