France

Le prêtre n'avait aucun message pour François Fillon à La Réunion, le monde entier a entendu le même

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 13.02.2017 à 15 h 36

Repéré sur France Info, LCI

Les catholiques du monde entier ont entendu les mêmes mots, à savoir un passage de l'Evangile selon Saint-Matthieu.

François Fillon lors d'une messe à Saint-Gilles-les-Bains (La Réunion), le 12 février. Richard BOUHET / AFP

François Fillon lors d'une messe à Saint-Gilles-les-Bains (La Réunion), le 12 février. Richard BOUHET / AFP

François Fillon s'est rendu à la messe à La Réunion, dans la station balnéaire de Saint-Gilles-les-Bains ce dimanche 12 février. En pleine tempête à cause de l'affaire déclenchée par les révélations du Canard Enchaîné autour du rôle de Penelope Fillon, le candidat Les Républicains à la présidentielle, espérait peut-être un moment de tranquillité en franchissant les portes de l'église du prêtre Russel Torpos. Ce dernier, lors de ses lectures, a ainsi cité l'Evangile selon Saint-Matthieu (les versets 17 à 37 du chapitre 5) et prononcé ces mots:

«Accorde-toi vite avec ton adversaire pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge et qu'on ne te jette en prison. Amen je te le dis, tu ne t'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.»

Un autre passage, lui aussi très intéressant, disait: «Si nous pensons être quittes de ce que nous avons fait de mal au motif que personne ne nous a vus, nous nous trompons.»

Juge, prison, payer, sou, mal, tromper... Quelques mots-clefs ont suffi à alerter les fidèles et les journalistes présents dans l'église. Les médias parlent alors de «drôle de messe», de «sermon» adressé par le prêtre directement à François Fillon, et certains fidèles font part de leur satisfaction après cette lecture. Sur France Info, on a ainsi entendu des femmes juger le sermon «tendancieux» et «très fin». «C'est le rôle du prêtre...», ajoute l'une d'entre elles.

Faut-il pour autant y voir un message directement adressé par le prêtre Russel Torpos? Pas selon Jean-Frédéric Poisson qui, toujours sur France Info, l'affirmait: «Je vous confirme qu'il arrive assez souvent que le prêtre cite l'Evangile à la messe du dimanche, cela fait partie de la liturgie. Ce n'est pas lui qui choisit les passages, on connaît les textes bien à l'avance, plusieurs années à l'avance.»

Et effectivement, si l'on consulte le site de l'Association Episcopale Liturgique pour les pas Francophones (AELF), on s'aperçoit qu'à la date du 12 février, la messe demandait à ce que soit lus les fameux passages en question de l'Evangile de Saint-Mathieu.

Ainsi, François Fillon n'a pas été le seul à être concerné par le sermon, des fidèles du monde entier ont entendu les mêmes mots. Henri Tincq, notre contributeur spécialisé sur les questions de religion, nous a expliqué qu'il a lui aussi eu droit à cette lecture, mais dans une autre langue, en Italie.

Relancé par Jean-Michel Apathie et son équipe sur le passage en question et son incongruité, Jean-Frédéric Poisson a maintenu ses propos: «C'est toute la morale chrétienne qui est dans cette phrase. Cela n'a rien d'étonnant pour ceux qui sont habitués à la fréquentation des écritures. Maintenant, vous devriez regarder l'Evangile plus souvent, et même tous les dimanches car les textes sont souvent d'une actualité absolument pertinente. C'est le propre des textes universels.» 

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