Jean-Claude Trichet, seul contre tous
Le président de la BCE s'accroche au dogme de la lutte contre l'inflation.
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Un président, insipide ou insignifiant, voici les deux principaux adjectifs qui collent déjà à la peau du premier président de l'Union Européenne, le Belge Herman Van Rompuy. Son mandat ne sera pas une sinécure, il faudra qu'il réussisse à imposer sur la scène internationale à la fois sa fonction et sa personne. Il faut bien reconnaître une chose tout de même: notre bon vieux continent, en particulier la France, sait donner sa chance à un inconnu. On n'hésite pas à repérer les talents tapis dans l'ombre pour les porter à la lumière. C'est dans notre état d'esprit, c'est plus fort que nous, c'est inscrit dans nos gènes... Souhaitons donc bien du courage à ce Belge qui dispose malgré tout d'un bel atout : on ne s'y intéressera guère.
Pour ceux qui avaient quelques velléités de toute nouvelle puissance internationale pour l'Europe, il faut s'en consoler mais ne pas oublier que la zone euro dispose déjà, pour sa part, d'une figure emblématique. D'après le magazine américain Forbes, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, se trouve au 25e rang du classement des plus puissants de ce monde. Il est même le premier Français à figurer dans cette liste des 67 personnalités les plus importantes. A titre de comparaison, Nicolas Sarkozy ne se place qu'à la 56e position. Les trois premiers de ce classement étant respectivement le président américain, Barack Obama, le président chinois, Hu Jintao et le premier ministre russe Vladimir Poutine.
Si le nouveau Président de l'Europe peine à s'imposer, il pourra au moins s'appuyer sur les compétences et la notoriété de Jean-Claude Trichet. Mais au fait, que lui reconnaît-on au juste? Quel est son passif? A la tête de la Banque Centrale Européenne (BCE) depuis plus de six ans, il est reconnu et salué pour sa capacité à avoir su gérer la crise des subprimes et surtout d'avoir évité le pire en injectant massivement des liquidités dans le secteur bancaire. Bref, c'est un héros financier!
Cela dit, il est difficile d'oublier ses erreurs et son entêtement à vouloir être sacré maître dans le contrôle de l'inflation. Sa lutte permanente pour juguler tout infime soubresaut des prix a coûté très cher (en points de croissance) à la zone euro. On se rappelle de juin 2007, la crise des subprimes venait de se déclencher, Trichet, encore persuadé de la menace inflationniste, augmente ses taux directeurs à 4,25% en dépit des critiques émanant de toute part et notamment de Nicolas Sarkozy. Il n'a que faire que toutes ces réprimandes, il se cantonne à la mission qui lui a été donnée: assurer la stabilité des prix. Et de ce point de vue, c'est un franc succès; mais à force de vouloir jouer le Zorro contre le mal inflationniste, il incarne aussi le rôle désastreux du growth killer (le tueur de croissance) avec ses hausses des taux au pire moment. Il ne faut pas oublier que la menace en France et de la zone euro reste le chômage et l'incapacité à générer une croissance forte.
Depuis des lustres, l'inflation n'est plus un danger pour notre économie, justement parce que sans croissance donc sans dynamique de la demande, il ne peut pas y avoir de menaces sur la hausse des prix. Alors — certains diront le contraire — les prix ont augmenté, notamment les matières premières et le pétrole. Mais cela reste des données exogènes, qu'on ne peut maîtriser puisque nous en sommes importateurs nets. Nous subissons la dynamique de croissance des autres pays en plein boom économique.
Pour résumer, l'inflation n'est peut-être pas une mauvaise chose. Lorsqu'elle reste mesurée, elle n'est que l'expression saine d'une plus forte demande, donc d'une croissance plus élevée. Nous laisser croire qu'un accroissement anticipé des prix de 2% est dangereux pour notre stabilité économique est un point de vue qui n'est partagé nul par ailleurs dans le monde. C'est peut-être pour cette raison qu'il a gagné sa place au palmarès de Forbes. S'enorgueillir, comme il le fait, de remplir à la lettre sa mission rend néanmoins perplexe. Est-il fier à ce point de se montrer rigide sans essayer à l'instar de la Federal Reserve (Banque centrale américaine) d'adjoindre la croissance dans ses objectifs? Pourtant, il n'est pas allemand, il n'a pas subi de traumatismes de l'inflation galopante dans l'entre-deux guerres?
Les Français ont toujours considéré l'inflation comme une variable embarrassante — à tel point qu'ils l'ont volontiers laissée aux mains de la BCE au moment de l'avènement de l'euro. Nous avons voulu conserver en revanche notre liberté d'action en matière de politique budgétaire. C'est d'ailleurs là où l'inflation règne. A en juger par l'emballement de la dette publique, multipliée par six en 20 ans. En France, l'ensemble de la classe politique a un fort penchant pour les dépenses, faire des économies n'a rien de bien excitant. Mais les livres d'histoire de nos petits ou arrière petits-enfants retiendront qu'il y en avait un, Jean-Claude Trichet, bien différent de tous les autres, qui ne vivait que pour la lutte contre l'inflation pour le plus grand malheur de ses compatriotes...
Oriane Claire
Image de une: Conférence de presse de Jean-Claude Trichet, en août. REUTERS/Kai Pfaffenbach
Mis à jour le 01/12/2009 à 14h54













































M. Trichet et son équipe de banquiers "centraux" continuent encore à jouer le chômage contre l'inflation, car laisser l'Euro grimper face au dollar à pour résultat de donner des idées de délocalisation mais également des difficultés pour exporter.
Il ne faut pas oublier et merci à Orine Claire de nous remettre en mémoire l'erreur de stratégie au début de la crise, la BCE n' avit pas analysée la réalité des conséquences économiques.
La BCE a disqtribué d'énormes cadeaux aux banques, des milliards à 0%, pour permettre à celles-ci de se refaire une santé mais sans contre partie réelles, les banques ont repris leur arrogance et continuent à casser l'industrie et la croissance au profit de l'actionnariat qui ne l'a pas soutenu pendant la récession bien au contraire.
La BCE a maintenu et maintien le système qui a mis des millions de personnes sur le carreau.
Un seul bon point à la BCE pour notre pays,éviter la chute du Franc car sans la banque centrale le franc serait une monnaie de "singe" nous aurions géré la crise par des dévaluations successives.
J'ai une vision (amateur) totalement inverse de MAYOMBE et de l'article.
Pour moi, Trichet a été (est) un grand directeur de BCE. En affirmant son indépendance vis à vis de la politique monétaire américaine, il a su imposer la BCE et l'Euro.
En combattant l'inflation sans céder aux politiques avant 2007, il a su affirmer l'indépendance de la BCE vis a vis des politiques européens.
En réagissant vite et bien à la crise de 2007, il a sauvé plus que tout autre banquier central le système financier mondial. Il a été cité en exemple par de nombreux économistes.
Bien sur, il a été frileux parfois sur les baisses des taux d'intérêts, privant l'Europe d'un 1/2 point de croissance supplémentaire. Mais avant le réel déclenchement de la crise (faillite Lehman), sa stratégie avait du bon : croissance modérée mais stable, baisse du chômage modéré et continue, dans un contexte d'inflation très maitrisé. La crise se serait déclenché 2-3 ans plus tard, son pari eut été le bon.
Effectivement, il n'a pas su revenir sur ses décisions (enfin n'oublions pas qu'il s'agit de décisions prises par un bureau de directeurs, à l'unanimité...) assez vite après la faillite de Lehman, mais cela n'a pas été fatal (loin de là) à l'économie Européenne.
Aujourd'hui, je continue de pensez que Mr Trichet aurait intérêt à proposer une baisse (temporaire et maitrisée) de 0.5 / 0.75 des taux de la BCE pour donner un coup de fouet à la relance européenne. Mais n'étant pas économiste, et au vu de ses résultats passés, s'il a décidé de ne pas le faire, alors je lui fait confiance pour avoir de bonnes raisons de l'éviter.
@julien_g
Tout à fait c'est l'homme de la situation. Au risque d'en choquer certains, il sait mouiller sa chemise (il n'y laisse rien paraître)dans des circonstances pourries et c'est son courage, c'est un très grand européen mais au poste qu'il occupe il n'a pas le droit de favoriser la France d'aucunes manières. C'est pour lui l'intérêt de l'Europe qui prime. Dans le cyclone que nous venons de traverser il est resté stoïque.
Voilà un article bien fendard. Bon ben on arrive un tant soit peu à avoir des points de croissance alors qu'on ne produit plus que des choses inutiles, voire des choses qui embêtent les consommateurs (Hadopi de ce point de vue est formidable: comment créer des points de croissance quand on ne crée pas de richesse -l'industrie de la bouse musicale ne crée pas de richesse- et contre l'intérêt de tous les consommateurs). A force de confondre l'utile et la verrue monétisée on n'arrive plus à avoir un regard objectif sur l'économie.
L'auteur et les contributeurs sont bien approximatifs. En premier lieu, faudrait-il encourager M. Trichet à ne pas respecter les statuts de la BCE ? Et quelle politique suivrait-il alors, celle de Sarkozy ou celle de Merkel ? M. Trichet, d'ailleurs décide-t-il seul ? Evidemment non, c'est le conseil de la BCE. S'attaquer à lui n'a aucun sens.
Ensuite, les tenants de l'inflation sont bien franco-Français. Le corolaire de l'inflation, c'est la facilité et la dévaluation, sacré projet que vous nous proposez là. La France a le "privilège" de l'endettement, de l'état inefficace, d'une certaine décadence économique. L'Allemagne s'est enrichie avec un Mark fort mais surtout grâce à son offre technologique. Quand on fait de bons produits les clients les veulent même chers. C'est la création de richesse qui précède tout, pas l'inflation.
Enfin, il ne faut pas l'oublier, le problème principal c'est la faiblesse du dollar, c'est pas l'inflation 0. Et le dollar est faible vis à vis de toutes les monnaies.
...meme les journalistes de slate!... Pour resoudre la crise, il suffit de faire toujours plus de dettes, de faire marcher la planche a billet et de garder les taux d'interet tres tres bas afin de pouvoir faire n'importe quoi! (comme ca La dette ne coute rien et nos grands managers/leaders peuvent faire n'importe quoi!)
la prosperite d'une societe est determinee par l'allocation des resources en travail et en capital. Aujourd'hui, on jette les hommes et l'argent par les fenetres...ca doit etre la bonne recette!!!...Dormez tranquilles! Vous etes a pleurer!
Encore une victime de la finance peut faire n'importe quoi!
Mon seul regret est que Trichet ne soit pas ministre des finances!
En fait, la mission de la BCE est claire, et essentiellement sa mission est la stabilité des prix. Toutefois, une politique monaitaire unique pour des pays aussi différent et nombreux posera des problèmes à court terme. Le risque d'éclatement de l'Euro n'est pas nul surtout si la crise se prolonge. A ce jour Trichet a rempli le job mais il se méfie plus des Francais avec leur incapacité à réduire leur déficit que des autres pays, pars ailleurs certains petit pays sont déja en faillite et demain si rien n'est fait la France peut en faire parti, ce n'est pas certain encore mais si les objectifs de déficit ne sont comblé cela deviendra vite une réalité. L'Allemagne deviendra alors le maitre de l'Europe et la dirigera peut être pour notre plus grand bien. Ironie de l'histoire aprés 2 guerres mondiales ce sera pas la vertu que les allemands prendraient le pouvoir sur l'exagone, à méditer. Mais ce ne serait pas le pire qui^puisse nous arriver...