Boire & manger

Pourquoi sommes-nous aussi obsédés par les glaces?

Temps de lecture : 2 min

Derrière l'impression de bien-être procurée par sa consommation, la journaliste Jessica Gross a une théorie très particulière: selon elle, la glace est une «maman déguisée».

Ice cream | JÉSHOOTS via Pexels CC License by
Ice cream | JÉSHOOTS via Pexels CC License by

Jessica Gross, contributrice pour le site Food And Wine, a un rapport particulier à la crème glacée. Sa mère en mangeait tous les jours lorsqu'elle était jeune et, très logiquement, la jeune femme a hérité de cette passion. Une passion telle qu'elle confie sur le site avoir rêvé qu'on lui commandait un article sur le sujet. «Quand je me suis réveillée, écrit-elle, j'ai ruminé pour comprendre pourquoi j'étais aussi obsédée, et j'ai commencé à enquêter pour savoir si le dessert préféré des Américains avait cet effet sur tout le monde.»

Laura B. Weiss, auteure de Ice Cream: A Global History, explique rapidement à la jeune femme que la glace n'obsède pas seulement tous les Américains, elle obsède toutes les personnes en mesure d'en manger. «Je n'arrive pas à trouver quelqu'un chose qui traverse les cultures de la façon dont le fait la crème glacée. Je n'y arrive pas. Je veux dire, c'est partout.»

La journaliste explique que, parmi tous ses proches, l'importance de l'enfance comme origine de cette passion revient régulièrement dans les discussions. «La crème glacée véhicule souvent des souvenirs familiaux, des moments où l'on se sent en sécurité, des moments insouciants durant l'été.» Mais elle va plus loin encore: selon elle, «la crème glacée est une version plus adulte du lait maternel», vers lequel on se réfugie quand on se sent mal et qui nous réconforte en trois coups de cuillère. «La crème glacée, ce n'est pas juste l'enfance; c'est la maman, suffisamment déguisée pour qu'on ne réalise que c'est elle que l'on cherche.» Est-ce un hasard si, en 2011, NPR expliquait qu'une boutique anglaise a commencé à vendre de la glace faite à partir de lait maternel et que le succès a été immédiat?

Ne pas sombrer dans la surconsommation

La piste explorée par la journaliste est d'autant plus fascinante que le champ d'étude dans le domaine est assez mince. En 2005, le Guardian relayait une étude de l'institut de psychiatrie de Londres qui expliquait que la glace a un «effet immédiat sur certaines parties du cerveau connues pour s'activer quand les gens sont heureux». Soit, mais le journal précisait aussi que l'étude a été commandée par l'entreprise Unilever... qui commercialise les glaces de la marque Miko. Difficile de ne pas se méfier donc de ce genre de résultats. Rappelons également qu'en novembre 2016, une autre étude, apparemment lancée par l'université de Kyorin, affirmait que manger de la glace au petit-déjeuner rendait plus intelligent. Bien sûr, comme l'a noté le site Business Insider, l'étude était introuvable en ligne et de nombreux médias oubliaient de mettre en garde contre la consommation excessive de la crème glacée.

Que l'on soit obsédé ou non par la glace, et que l'on affirme à tort ou a raison qu'elle nous rend heureux, il ne faut donc jamais oublier l'essentiel: elle n'est pas le meilleur allié de notre santé.

Slate.fr

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