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Qui sont les scientifiques qui soutiennent Donald Trump?

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 14.02.2017 à 11 h 25

Repéré sur The Atlantic

Malgré un consensus sur les questions climatiques, des scientifiques affichent leur soutien au président climatosceptique. 


Donald Trump parlant avec des partisans à un rassemblement de campagne au centre de convention de Phoenix, Arizona. | Gage Skidmore via Flickr CC License by

Donald Trump parlant avec des partisans à un rassemblement de campagne au centre de convention de Phoenix, Arizona. | Gage Skidmore via Flickr CC License by

Le président des «faits alternatifs» s’est mis rapidement à dos l’ensemble de la communauté scientifique. Enfin, pas tout à fait. Contrairement à leurs collègues qui organisent, en réaction aux positions de Donald Trump sur le climat et à ses premières nominations, une marche pour la science le 22 avril (date officielle du Jour de la Terre), une poignée se réjouit de voir un président «ouvert d’esprit» sur ces questions, relève The Atlantic. Curieuse de rencontrer ces scientifiques pro-Trump, la journaliste Olga Khazan n’a pu en trouver que sept, un chiffre réduit car «le gouvernement finance la majorité des recherches (...), ou que secrètement les scientifiques conservateurs essaient de s'intégrer à leurs collègues démocrates», analyse-t-elle.

William Happer en fait partie et cumule les contradictions. Diplômé de la prestigieuse université de Princeton au département de physique, immigrant et démocrate, il espère devenir le Conseiller scientifique de Trump après avoir voté pour lui. Il explique ce choix dans une interview pour le magazine The Scientist. Happer s'accorde avec Trump notamment sur un point. Lorsqu'il rencontre le président en janvier, il lui dit: «La question climatique est importante, l’a toujours été, mais je pense que c'est devenu une sorte de mouvement sectaire au cours des cinq ou dix dernières années».

Donald Trump saura-t-il s'entourer?

Les autres scientifiques interrogés par la journaliste défendent tous leur président. Pour Richard Lindzen, ancien professeur en météorologie au MIT, «les gens réagissent à tout ce qu’il fait avec violence». Quand le président déclare que le changement climatique est une invention des Chinois, Judith Curry, ancienne présidente de l'École des sciences de la Terre et de l'atmosphère à l'Institut de technologie de Géorgie, tente quant à elle de justifier cette position. «Trump ne faisait pas une déclaration “scientifique” au sujet réchauffement planétaire, il discutait plutôt des conséquences économiques des politiques de changement climatique», explique-t-elle sans convaincre. The Atlantic relève à juste titre que Judith Curry a d’ailleurs tenu officiellement devant le Sénat des propos climatosceptiques, qualifiant l’«effort mis en œuvre pour prouver un lien entre les épisodes climatiques extrêmes et les activités humaines comme trompeur et pas étayé».

Il s’agit pour les scientifiques de trouver en Donald Trump un soutien politique pour leurs idées. De manière générale, «pour ces scientifiques mis à la marge de leur domaine d’étude, l’élection de Trump est une façon de s’émanciper», analyse la journaliste. Ils restent confiants pour les années à venir, cela n'empêche pas Robert Mather, un professeur en psychologie, d'espérer que le président «s'entourera de grands penseurs critiques qui auront accès à de bonnes données».

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