Monde

Servir l'administration Trump, le dilemme de nombreux employés fédéraux

Repéré par Boris Bastide, mis à jour le 12.02.2017 à 19 h 19

Repéré sur The New York Times

Que faire quand on est en désaccord avec l'homme que l'on doit servir?

Manifestation publique devant la Maison-Blanche I Zach Gibson / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Manifestation publique devant la Maison-Blanche I Zach Gibson / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le New York Times en a interviewé plus d'une trentaine. Des employés fédéraux à un niveau non-partisan qui expriment à différent degré le dilemme qu'ils ont à travailler sous l'administration Trump. D'après les études réalisées, rappelle le quotidien new-yorkais, ceux-ci sont majoritairment pro-démocrates. Pourtant, une partie d'entre eux a également servi sous une administration républicaine sans que cela provoque les mêmes remous.

Pour décrire l'ambiance dans de nombreux services ces dernières semaines, l'avocate Gabrielle Martin, qui travaille dans le bureau de Denver de la Commission chargé de la discrimination à l'emploi utilise une drôle d'image: «C'est comme dans Les Dents de la mer quand on entend la fameuse musique lors des scènes de plage. Le spectateur est attentif et inquiet: “Le requin va-t-il sortir de l'eau?”.»

Réflexions

Pour certains, la réflexion est d'ordre moral. Est-il possible de travailler sous les ordres d'un président avec qui on a tant de désaccords? Surtout que pendant sa campagne, Donald Trump a attaqué à plusieurs reprises certaines agences fédérales comme celles sur l'environnement. Beaucoup avaient été débauchés des grands groupes high-tech pour défendre la vision d'Obama d'un monde plus ouvert et son agenda progressiste, notamment en matière de santé. Doivent-ils mettre leur savoir-faire au service de tout l'inverse?

D'autres vont déjà plus loin et cherchent des moyens de contrer le travail de l'administration depuis l'intérieur. À l'agence environnementale justement, rapporte le New York Times, certains scientifiques réflechissent à des stratégies pour ralentir le travail sans se faire renvoyer. Aux impôts, certains agents se renseigneraient sur les protections réservées aux lanceurs d'alerte. Au service des données numériques, on se demande comment arrêter Trump s'il voulait aller plus loin en matière de base de données pour s'opposer à certains groupes de migrants.

Le pouvoir de dire non?

Cette opposition de l'intérieur ne se limite pas aux conversations de bar et aux bruits de couloir. Lundi dernier, à Chicago, une centaine d'employés de l'agence environnementale ont protesté pendant une heure le midi contre la nomination de Scott Pruitt à leur tête, qui a largement critique leur travail sous Obama. Sur Twitter, plusieurs comptes anonymes du type @AngryWHStaffer ou @WhitehouseLeaks ont été créés pour commenter l'activité de la Maison-Blanche sans que l'on sache clairement aujourd'hui s'ils sont à la main de véritables employés ou pas.

«J'ai travaillé sur de nombreuses transitions entre deux présidents, mais je n'ai jamais vu ce niveau d'alerte», résume Nicole Cantello, de l'agence pour l'environnment. Pour beaucoup, Sally Q. Yates pourrait servir de modèle. En charge du poste de procureur fédéral pendant la transition, elle a été renvoyée de son poste après avoir refusé de demander aux avocats à sa charge de défendre la légalité de l'«immigration ban». La question est dans toutes les têtes: les décisions à venir de Donald Trump en pousseront-elles d'autres à en faire autant?

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