Monde

Des juges qui ont suspendu le décret de Trump sont sous protection policière renforcée

Temps de lecture : 2 min

Depuis que plusieurs juges ont décidé de suspendre le décret anti-immigration du président, les menaces à leur égard ont tellement augmenté que les forces de l'ordre leur ont fourni une protection policière supplémentaire.

Des manifestants opposés au décret migratoire de Trump, devant la Cour d'Appel fédérale de San Francisco le 7 février 2017. ELIJAH NOUVELAGE/AFP.
Des manifestants opposés au décret migratoire de Trump, devant la Cour d'Appel fédérale de San Francisco le 7 février 2017. ELIJAH NOUVELAGE/AFP.

Lorsque le juge fédéral James Robart a temporairement suspendu le décret migratoire de Donald Trump le 3 février, le président américain s'est rapidement énervé contre lui sur Twitter: il l'a qualifié de «soit-disant juge» et a prédit que sa décision «ridicule» serait rejetée en appel.

Contrairement à cette prévision, trois juges de la Cour d'appel fédérale de San Francisco viennent de maintenir la suspension du décret (qui interdisait du territoire américain les ressortissants de sept pays à majorité musulmane et suspendait l'accueil des réfugiés).

Peu après l'annonce de cette décision, CNN a révélé que des juges impliqués dans ces cas avaient reçu tant de menaces que leur protection policière avait dû être augmentée. (Les noms des juges visés n'ont pas été précisés.)

«Nous examinons continuellement les mesures de sécurité mises en place pour les juges fédéraux et nous augmentons la protection lorsque c'est nécessaire», a expliqué un porte-parole des US Marshals, l'agence responsable, entre autres, de la protection des tribunaux et des juges.

«See you in court»

Or, quelques jours plus tôt, le président américain s'était acharné sur le juge Robart sur Twitter. Il avait été jusqu'à dire que ce juge mettait «la nation en péril»:

«Si quelque chose arrive, ce sera de sa faute et de celle des tribunaux.»

Sur le blog Lawfare, une spécialiste du droit de la sécurité nationale expliquait que ce genre de déclaration «constituait une menace pour la sécurité des juges fédéraux».

«Le président des États-Unis, après avoir attisé la colère des foules avec des menaces fictives de flots de réfugiés venus les attaquer, dit maintenant à ces foules que certains juges fédéraux mettent leurs vies en danger», écrit Susan Hennessey .

Tout de suite après la décision du jeudi 9 février, le président a continué à présenter les juges fédéraux défavorables à son décret comme des ennemis de la sécurité du pays, ce qui fait d'eux des cibles potentielles.

Il a en effet tweeté: «Rendez-vous au tribunal, la sécurité de notre nation est en jeu!»

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