Monde

John Demjanjuk, un criminel nazi (encore) devant la justice

Slate.fr, mis à jour le 30.11.2009 à 23 h 16


John Demjanjuk est-il «Ivan le terrible», cet ancien nazi responsable de la mort de milliers de juifs dans le camp d'extermination de Treblinka? Ou bien est-il un autre criminel nazi?

Pendant trente ans, John Demjanjuk fût d'abord celui qu'il se disait être: un honnête travailleur d'une usine automobile de Cleveland Ohio, un immigré ukrainien naturalisé américain après son arrivée dans le pays à la fin des années 40. Trente ans donc jusqu'à la fin des années 70 où les services secrets américains, enquêtant sur l'éventuelle présence d'anciens nazis sur leur sol, retrouvèrent sa trace et son passé. Accusé d'être le fameux «Ivan le terrible», Demjanjuk fût remis à la justice israélienne et jugé. Condamné à mort en 1989, l'homme fût cependant acquitté cinq ans plus tard faute de preuves solides.

Aujourd'hui, John Demanjuk, 89 ans et déchu de sa nationalité américaine, comparait devant un tribunal de Munich pour répondre à de nouvelles accusations faisant de lui un ancien criminel nazi. Après une  longue procédure judiciaire menée par la justice allemande et qui a abouti à son extradition en mai dernier, John Demjanjuk est désormais accusé de complicité de meurtres de 27.900 juifs dans le camp de Sobibor en Pologne de mars à septembre 1943.

Et cette fois, le dossier apparaît mieux ficelé. Le ministère public allemand est en effet en possession d'un élément de preuve qui pourrait s'avérer accablant: une carte d'identité établie par les SS au nom de Demjanjuk, matricule 1393. Cette pièce est présentée comme la preuve formelle du transfert du garde Demjanjuk vers le camp de Sobibor en 1943. Ce document, authentifié par des experts officiels américains, a été fourni par les services d'archives israéliens.

Comme le rappelle le quotidien allemand Die Zeit, «ce procès est unique car pour la première fois, un accusé comparaît seul car il servait dans un camp d'extermination en tant que garde». 35 personnes se sont portées partie civile dont deux sont des survivantes directes du camp de Sobibor.

Aujourd'hui, neufs anciens nazis — tous très âgés — coulent encore de jours paisibles aux quatre coins du monde. L'âge avancé de John Demjanjuk est d'ailleurs un élément qui pourrait quelque peu «entacher» le jugement selon le Zeit qui se demande si «Demjanjuk a encore toutes ses capacités de discernement pour répondre aux accusations».

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Image de une: John Demjanjuk sortant du tribunal de Munich le 30 novembre 2009, REUTERS/Michaela Rehle

 

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