Monde / Société

Brigitte Mohnhaupt, le cerveau de la deuxième génération de la RAF

Temps de lecture : 2 min

À peine sortie de prison, cette ex-membre de la bande à Baader s'est empressée de mettre sur pied la deuxième génération de la Fraction Armée rouge, plongeant l'Allemagne dans la terreur.

Brigitte I Mohnhaupt en 1977 I BKA FILES / AFP
Brigitte I Mohnhaupt en 1977 I BKA FILES / AFP

8 février 1977: les portes de la prison pour femmes de la ville allemande de Bühl s'ouvrent. Brigitte Mohnhaupt est libre. La jeune femme de 27 ans vient de passer quatre ans et demi derrière les barreaux pour appartenance à une organisation criminelle, falsification de documents et détention d'armes. «Les autorités redoutent qu'elle s'enfonce à nouveau dans la clandestinité une fois dehors», pouvait-on lire dans les colonnes du quotidien berlinois BZ quelques semaines avant sa libération. Des craintes justifiées puisque ce jour-là, des sympathisants de la RAF l'attendent devant le portail de la prison: Elisabeth von Dyck et Volker Speitel, deux employés du cabinet d'avocats chargés de la défense d'Andreas Baader, la figure de proue de l'organisation terroriste d'extrême gauche.

Avant son séjour en prison, cette étudiante en journalisme et en histoire s'était rapprochée en 1970 de la bande à Baader, devenant rapidement une des chevilles ouvrières de l'organisation, qu'il s'agisse de trouver des appartements pour abriter des réunions conspirationnistes, d'obtenir des armes ou de faux papiers. Arrêtée au bout d'un an au cours d'un vaste coup de filet, elle n'avait écopé que d'une courte peine de prison, son implication dans les attentats commis par la bande à Baader ne pouvant être prouvée.

À peine sa liberté recouvrée, Brigitte Mohnhaupt n'aura de cesse de tenter de faire libérer Andreas Baader, son mentor, et avec lui les autres fondateurs de la première génération de la Fraction Armée rouge, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe. Une entreprise que le journaliste allemand Butz Peters, spécialiste de l'histoire de la RAF, relate dans le détail dans son nouvel ouvrage Hundert Tage. Die RAF-Chronik 1977 (100 jours. La chronique de la RAF en 1977).

L'«automne allemand»

Chargée de mener à bien l'opération «Big Raushole», selon le nom de code utilisé au sein de la cellule terroriste pour désigner le projet de libération des membres de la première génération, Brigitte Mohnhaupt a entre autres fomenté l'enlèvement et l'assassinat de l'industriel allemand Hanns Martin Schleyer et l'attentat ayant causé la mort du procureur général fédéral Siegfried Buback, et a également été impliquée dans le détournement d'un avion de la Lufthansa par un commando libano-palestinien réclamant la libération de la bande à Baader, résume le quotidien Die Welt.

Cette période particulièrement sanglante de l'année 1977, durant laquelle cette deuxième génération de la RAF a plongé le pays tout entier dans la terreur est désignée en Allemagne sous l'expression d'«automne allemand».

Brigitte Mohnhaupt sera finalement arrêtée en 1982, rappelle le site de la chaîne de télévision SWR, et condamnée à la prison à vie. Celle qui fut surnommée «la femme la plus dangereuse d'Allemagne» sera finalement libérée en 2007 et se terre aujourd'hui dans le silence.

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