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Le chantier du siège d'Apple est le reflet d'une obsession du détail jusqu'à l'absurde

Temps de lecture : 2 min

Il aura fallu un peu plus d'un an pour choisir la forme des poignées de portes et quinze réunions pour décider de la signalétique du nouveau quartier général d'Apple. On comprend mieux pourquoi les travaux ont pris autant de retard.

Apple Campus 2 | Norman Foster via Flickr CC License by
Apple Campus 2 | Norman Foster via Flickr CC License by

Selon les projections de Steve Jobs, le nouveau siège et quartier général d'Apple –situé à Cupertino en Californie– devait initialement voir le jour au cours de l'année 2015. Les travaux, finalement repoussés, devraient en réalité prendre fin cette année. Cinq milliards de dollars plus tard, donc, l'inauguration du bâtiment est prévue pour le printemps.

Les raisons d'un tel retard sont variées. Les permis de travaux et l'approbation de certains projets de construction ont pris du temps, certes, mais ce n'est pas tout. Les quelques 13.000 personnes impliquées dans la confection de bâtiment futuriste ont, en effet, été confrontés à un cahier des charges extrêmement minutieux et précis. Une attention du détail en matière de construction que les équipes d'Apple voulaient aussi poussée que celle accordée à ses produits (iPhone, iPad, Apple Watch), écrit Reuters qui dévoile dans une enquête les dessous de ce chantier hors du commun.

L'enquête révéle l'obsession d'Apple pour les moindres détails, souvent plus esthétiques que pratiques. Pour le choix et l'utilisation du bois dans certaines parties du bâtiment, les responsables de chantier ont dû suivre à la lettre un cahier des charges de pas moins de trente pages. Il a fallu attendre près de dix-huit mois avant qu'Apple prenne une décision concernant les poignées de portes. Les boutons d'ascenseurs, quant à eux, devaient être absolument identiques au bouton «Home» de l'iPhone.

iPhone partout

L'esthétique rigoureuse de l'iPhone est d'ailleurs omniprésente dans les plans de construction et d'aménagement de l'enceinte. Et ce, jusque dans les toilettes. Partout ailleurs, aucun fil électrique ne doit dépasser. Il ne fallait pas que les conduits d'aération puissent être visibles dans le reflet des panneaux en verre qui entourent le bâtiment. Les panneaux de béton, utilisés pour les plafonds, devaient, quant à eux, être autant polis et immaculés sur leur partie visible que sur leur partie invisible.

Selon les témoignages et les informations recueillis par Reuters, Apple s'est montré encore plus exigeants que les autorités américaines officielles dans le processus de régulation et d'inspection des normes à respecter. Une obsession qui s'est mutée en casse-tête à «effet domino» pour les architectes: à chaque modification d'un bâtiment, un autre s'en retrouvait affecté. Et ainsi de suite.

Pour la mise en place de la signalétique dans les bâtiments –sorties de secours, avertissements de sécurité, indications et directions à suivre–, quinze réunions ont été nécessaires, raconte un représentant des pompiers. Apple souhaitait une signalétique identique à sa charte graphique minimaliste; les pompiers, eux, voulaient surtout une signalétique qui permettent aux gens d'éviter de mourir et de finir brûlé dans le bâtiment, ajoute-t-il.

Pourquoi donc Apple exige-t-il autant de précision? Productivité? Obsession de l'esthétique? Pour Louise Mozingo de l'université de Californie et interrogée par Reuters, il s'agit avant tout de «créer une icône» et faire de ce quartier général un bâtiment unique, pionnier et architecturalement novateur. «Il ne s'agit pas de maximiser la productivité des espaces de travail, mais plutôt de créer un centre symbolique pour cette entreprise mondiale», dit-elle.

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