Economie

Comment le Venezuela, autrefois pays le plus riche d'Amérique latine, est devenu l'un des plus pauvres

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 09.02.2017 à 15 h 03

Repéré sur The Economist

La devise nationale, le bolivar, est en chute libre tandis que la contestation contre le président Nicolás Maduro ne cesse de grandir.

Les opposants du président vénézuélien Nicolas Maduro ont organisé une manifestation à Caracas le 23 janvier 2017 | MANAURE QUINTERO / AFP

Les opposants du président vénézuélien Nicolas Maduro ont organisé une manifestation à Caracas le 23 janvier 2017 | MANAURE QUINTERO / AFP

Pays le plus riche d’Amérique du Sud en 2001, le Venezuela est désormais devenu l’un des plus pauvres, analyse The Economist. D’après des documents de la Banque centrale vénézuélienne dévoilés à l’agence de presse Reuters, en 2016 l'inflation a augmenté de 800% et le produit intérieur brut reculé de 18%. «Il s'agit de la plus forte contraction de l'économie du pays depuis 13 ans et de l'inflation la plus élevée jamais enregistrée», résume ReutersDes chiffres confirmés par le Fonds monétaire international qui évalue cette année à 2.200% l'augmentation de l’indice des prix à la consommation.

Sur le plan monétaire, le billet de 100 bolivars, la valeur la plus forte du pays, «n’équivaut qu’à quelques centimes sur le marché noir», ajoute The Economist. «Les commerçants parfois les pèsent plutôt que de les compter», continue-t-il. Le gouvernement a remplacé le billet de 100 bolivars par de nouveaux billets pour juguler l’inflation. La situation économique a un impact direct sur la vie quotidienne des Vénézueliens: coupure d’électricité, pénurie de nourritures et de médicaments, augmentation record des prix des produits de base. 70% des familles vénézuéliennes vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté.

Cette plongée économique est aggravée par une crise politique. Élu en 2013, le président vénézuélien, membre du parti d'Hugo Chávez (le MVR qui a rejoint le Parti socialiste unifié du Venezuela), s’accroche au pouvoir tout en refusant le dialogue avec l’opposition, constate The Economist. Ce chaviste en appelle même au Pape pour régler la crise institutionnelle. Sans succès. Seulement 24% de la population approuve avec sa politique tandis que le parlement, majoritairement à droite depuis 2015, tente toujours de provoquer des élections anticipées.

Pour sortir de cette impasse, Nicolás Maduro parie sur deux choses: diviser l’opposition pour mieux régner et espérer une remontée de la valeur du pétrole, source principale de revenu pour le Venezuela, analyse The Economist. Encore faut-il que la compagnie pétrolière nationale puisse se relever de la «spoliation» qu’elle a connue, note l'hebdomadaire.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte