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Les appels «gênants» de Donald Trump aux chefs d'États étrangers

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 09.02.2017 à 7 h 59

Repéré sur Politico Magazine

Le président des États-Unis a récemment passé un drôle de coup de fil à François Hollande. Et il n'est pas le seul.

MANDEL NGAN / AFP

MANDEL NGAN / AFP

Malaise... Le site Politico a quelques détails sur le coup de fil passé par Donald Trump à François Hollande le 28 janvier dernier. Et si le chef de l'État français comptait surtout aborder le sujet pressant de l’État islamique, pour Donald Trump, c’était l’occasion de s’exprimer sur les moqueries reçues de la part du monde entier depuis son investiture.

«Une discussion gênante avec un allié crucial», résume la source du site d’information, un haut fonctionnaire –anonyme– au sujet de l’appel entre les deux dirigeants.

Pendant cette conversation d’ordre diplomatique ordinairement extrêmement cadrée, Donald Trump en a profité pour faire part d’autres préoccupations personnelles à François Hollande, notamment sur ses méfiances vis-à-vis de la Chine et des instances internationales comme l’Otan. À un moment de la conversation, le président américain a déclaré que les Français pouvaient continuer à protéger l’Otan tant qu’ils le voulaient, mais que les États-Unis voulaient récupérer leur argent. Pour le haut-fonctionnaire anonyme, Donald Trump semblait «obsédé par l’argent»

«C’était une conversation difficile, parce qu’il parle comme il le fait publiquement. Ce n’est pas comme ça que les chefs d’État se parlent. Donald Trump parle avec des slogans et la conversation n’était pas tout à fait organisée», déplore le haut-fonctionnaire.

Des déclarations qui n'apparaissent plus dans les compte-rendus faits par la Maison-Blanche pour qui Trump a simplement réaffirmé son soutien à l'Otan tout en se disant attaché au fait que tous les alliés en partagent la charge financière.

Menaces et disputes

Le président français n’est pas le seul à avoir reçu un coup de fil surprenant de la part de Donald Trump. Ce dernier a aussi menacé Enrique Peña Nieto, le président mexicain, d’envoyer des troupes au Mexique pour se débarrasser des «mauvais “hombres” là-bas», d’après les informations obtenues par Politico. Il s’est également disputé avec le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, au sujet d’un accord préalable entre les États-Unis et l’Australie –passé avec l’administration Obama– sur l’accueil de réfugiés installés d’un camp australien. Toujours selon le haut fonctionnaire anonyme, Donald Trump a déclaré que Malcolm Turnbull lui enverrait «les prochains terroristes de Boston».

L’astuce pour avoir une bonne conversation avec Donald Trump, selon deux membres du personnel de la Maison-Blanche, c’est de jouer davantage sur l’alchimie personnelle que de parler d’accords politiques. Ce qu’a tout à fait compris le Premier ministre néo-zélandais, Bill English, en bavardant du golfeur Bob Charles avec son interlocuteur américain. Ce n’est qu’après cette conversation amicale qu’il a exprimé son désaccord vis-à-vis de la politique d’immigration de l’administration Trump.

«Les diplomates et les politiques du monde entier s’inquiètent de la désorganisation de Donald Trump et de son approche personnelle des relations internationales qui risquent de nous mettre à dos de vieux alliés et d’encourager des adversaires», écrit Politico.

Pendant le traditionnel National Prayer Breakfast, le 2 février dernier, Donald Trump a tenu à rassurer la foule: «Quand vous entendez des rumeurs sur mes coups de fil tendus,  ne vous inquiétez pas. Vraiment, ne vous inquiétez pas.»

«Mais justement, il y a un tas de gens qui s’en inquiètent», rétorque Politico.  

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