Monde

La tension monte d'un cran entre la Russie et la Bielorussie

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 07.02.2017 à 16 h 17

Repéré sur The New York Times, War is Boring

L’ancienne république soviétique réaffirme son indépendance et se tourne vers l'Europe, ce qui n'est pas du goût du Kremlin.

Le président du Biélorussie, Alexandre Loukachenko, rencontre les membres du public et les journalistes locaux et étrangers à Minsk le 3 février | Nikolai PETROV / BELTA / AFP

Le président du Biélorussie, Alexandre Loukachenko, rencontre les membres du public et les journalistes locaux et étrangers à Minsk le 3 février | Nikolai PETROV / BELTA / AFP

Dans un discours marathon de plus de 7 heures donné le 3 février, le président autoritaire biélorusse, Alexandre Loukachenko, a directement attaqué la Russie. Malgré des liens économiques et politiques, les deux États «entretiennent des relations erratiques, rythmées par des tensions régulières», peut-on lire sur le site de France Diplomatie. Le New York Times relève que ses derniers jours la tension entre Moscou et Minsk est montée d’un cran.

La discorde trouve son origine dans le rapprochement de la Biélorussie avec l’Europe depuis l’invasion de la Crimée par la Russie, note le site War is Boring. En février 2016, l’Union européenne avait d'ailleurs levé des sanctions à son encontre. De son côté, le gouvernement biélorusse a levé début janvier la nécessité d’un visa pour les courts séjours en provenance de 80 pays, dont les États-Unis et l’Union européenne.

En réaction, la Russie a réduit l'approvisionnement du pays en pétrole et réintroduit le contrôle aux frontières malgré une Union douanière entre les deux pays datant de 1996, souligne le Financial Times. Furieux de cette décision qu’il juge «politique», Alexandre Loukachenko en a profité pour rejeter catégoriquement la proposition du Kremlin de construire une base aérienne sur son sol. «Nous n’en avons pas besoin ici», a déclaré le président et relayé par le New York Times.

«Personne ne nous occupera, personne n'enverra des troupes»

Durant ces sept heures, Alexandre Loukachenko a également abordé les accusations de la Russie de favoriser la contrebande venus de l’Ouest en dépit de l’embargo imposé par le Kremlin. Poutine avait décidé de restreindre les importations de produits alimentaires  Le président biélorusse s’est «vengé», analyse le New York Times, en demandant l’arrestation du responsable russe de la sécurité alimentaire.

Enfin, l’énergie reste l’un des principaux sujets de tension, puisque la Biélorussie dépenddu pétrole russe vendu à bas prix. Le New York Times précise ainsi qu'Alexandre Loukachenko accuse Poutine de vouloir «en faire une arme pour soumettre la Biélorussie». «Pourquoi nous attraper par la gorge? Évidemment, nous pouvons vivre sans pétrole russe. Ce sera très difficile, mais la liberté et l'indépendance ne peuvent pas être mesurées par l'argent», a-t-il déclaré, comme le rapporte le Financial Times. La tension est telle que le président en vient à préciser qu’il n’y aura pas de guerre, avant de continuer: «Personne ne nous occupera, personne n'enverra des troupes. Nous nous protégerons nous et notre indépendance», conclut le New York Times.

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