Tech & internet

Pourquoi il est essentiel d'archiver le vieil internet

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 07.02.2017 à 11 h 02

Repéré sur The Guardian

De nombreux sites répertorient les premiers sites web. Pourquoi cette nostalgie?

Capture d'écran, site d'Apple en 1997

Capture d'écran, site d'Apple en 1997

Si vous avez des souvenirs du premier site que vous avez visité sur le web, sachez qu’il existe un moyen de vous y replonger. Des musées virtuels sont ainsi dédiés à l’archéologie du net, comme le dévoile le Guardian dans un long article.

Jason Scott est l’un des spécialistes les plus connus de l’histoire virtuelle. L’homme a notamment débuté en 1996 avec textfiles.com, qui recensait tous les prémisses des internets. La plongée dans le site en question est à vrai dire passionnante: on y retrouve des lignes de codes préhistoriques, des récits de prises de drogues postés sur des vieux forums, des solutions de jeux d’arcade... Le tout, bien évidemment, en libre accès. Internet regorge de créations en tout genre qu’il conviendrait de ne pas oublier. Un positionnement pas si facile à concrétiser entre ceux qui pensent que tout ça n'est pas à prendre au sérieux et ceux pour qui le numérique n'a pas besoin d'être archivé car tout reste de toute façon en ligne.

Scott affirme ainsi:

«Le problème, c’est que les systèmes d’internet ont été pensés comme si tout durait éternellement. Il n’y a pas de réelle procédure visant à fermer un site. Quand les utilisateurs meurent, que faire? (…) Et souvent, vous ne savez pas qui est à la tête d’un site. C’est comme si vous ne saviez pas qui vous fournit en eau et que, d’un seul coup, tout cessait.»

Jason Scott travaille désormais pour achive.org, une adresse répertoriant toute l’histoire du net (plus de 500 milliards de pages), et comportant même un musée des malwares. L’une de ses fonctionnalités permet notamment de visualiser un site à partir d’un jour bien précis, depuis sa création. L’occasion de replonger en enfance, et de revoir le site de Pokemon en 2001, par exemple.

La nostalgie du World Wide Web

Nombre d’autres logiciels existent également pour se lover dans la nostalgie de nos premiers pas virtuels. L’outil Geocities-izer reproduit, par exemple, n’importe quel site en lui apposant le design d’une adresse des années 1990 et une musique 8 bits, tandis que Neocities permet à chacun de créer son propre site gratuitement, avec une esthétique rétro. En France, la BNF et l'INA sont chargées de répertorier les sites web depuis 2006.


Pour comprendre ce bond en arrière, cette volonté de retourner aux origines, il faut sans doute observer notre société et celle des années 1990. Alors que le net était au départ un outil dédié à l’amusement, il est aujourd’hui devenu l’outil principalement utilisé au travail, et s’est même progressivement transformé en arme de communication permettant de fédérer des groupes idéologiques qui n'ont pas accès aux grands médias (ce n’est pas Trump qui viendra affirmer le contraire).

Le World Wide Web n'est plus ce nouvel eldorado un peu naïf des débuts. Au début des années 1990, des centaines d'ouvrages portant sur la «net économie», sur le «net art» ou encore les «cyberpunks» apparaissaient ainsi; et dessinaient les contours d'un nouveau monde libre et prêt à se voir totalement révolutionné. À une époque où la nostalgie est devenu une vague de fond de notre consommation culturelle, il n'est pas étonnant donc que beaucoup se replongent dans ce patrimoine d'un autre âge. Après tout, il fait pleinement partie aujourd'hui de notre histoire.

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