Science & santé

L'angoisse des appels téléphoniques est bien réelle, et elle se soigne

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 06.02.2017 à 17 h 35

Repéré sur Science of Us, Studio404

La popularisation des SMS et des mails a rendu cette épreuve encore plus compliquée pour certaines personnes.

President Barack Obama talks with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu | The Official White House Photostream via Wikimédia CC License by

President Barack Obama talks with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu | The Official White House Photostream via Wikimédia CC License by

Pour quelqu'un qui n'est pas concerné par ce problème, l'anxiété au téléphone peut paraître étrange. Après tout, l'appareil devait permettre de vaincre l'angoisse de parler, en permettant de ne plus avoir à regarder l'autre dans les yeux. Et pourtant, cette angoisse existe belle et bien, et elle est beaucoup plus complexe qu'on ne le croit. L'année dernière, dans le cadre de l'émission Studio404 (à laquelle participe la rédactrice en chef adjointe de Slate.fr Mélissa Bounoua), le chroniqueur Fibre Tigre partageait ses propres angoisses quand il s'agissait d'appeler quelqu'un:

«Vous composez un numéro et vous attendez qu’on vous réponde ou non, chaque bip est un point de suspension, vous vous introduisez dans la vie de quelqu’un sans savoir si à cet instant il souhaite vous répondre. Cette “création d’instance IRL” forcée a un petit coté agressif, voire impoli.»

Et de nos jours, comme les outils de communication (réseaux sociaux, applications de chat, SMS,...) permettent d'éviter de plus en plus les contacts vocaux, les appels deviennent de plus en plus exceptionnels, et donc angoissants.

Pour y remédier, Science of Us a étudié le phénomène et tenté de trouver des solutions. Tout d'abord, il leur fallait comprendre pourquoi ce mal existe. On vient de le voir, les appels téléphoniques deviennent plus rares, à tel point qu'on oublie comment se comporter. Mais ce n'est pas tout. En temps normal, une large partie du langage passe par le corps, une donnée qui disparaît lors d'échanges uniquement vocaux. Il est donc impossible de savoir au téléphone ce que l'autre personne pense réellement, ce qui peut provoquer une source de stress. La situation s'aggrave quand l'appel se déroule à côté d'autres personnes. Dans un open space par exemple, il est très facile de se sentir jugé si votre voix est la seule à briser le silence ambiant. L'on a alors tendance à trop se contrôler, ce qui peut «rendre une conversation encore plus bizarre, exacerbant les problèmes et les anxiétés qui vont avec».

Ne pas hésiter à se parler à soi-même avant un appel

De plus, explique le site, l'appel téléphonique est source de «pression temporelle». Fibre Tigre expliquait ainsi à juste titre que «le téléphone est aussi le territoire de l’improvisation: contrairement à un message écrit, vous n’avez pas la possibilité de relire vos bêtises avant d’appuyer sur entrée. Elles sont dites, et puis tant pis  – heureusement que les paroles s’envolent...»

Pour y remédier, Science of Us conseille de s'imposer des appels car c'est en répétant une expérience angoissante que l'on parvient progressivement à la rendre inoffensive. En citant le professeur Alexander Queen de l'université de Tufts, un spécialiste des phénomènes d'anxiété, le site explique qu'il faut utiliser la technique de la «restructuration cognitive». «Vous pouvez vous dire “Bon, pourquoi est-ce qu'ils répondraient au téléphone s'ils n'étaient pas disponibles pour parler?”» Un autre professeur explique qu'il faut s'imposer des appels d'au moins cinq minutes avec des personnes désignées. «Peut-être que vous devriez essayer de vous dire quelques mots à vous-même, à voix haute. Puis, quand il ne reste rien d'autre à faire que de composer le numéro, vous téléphonez.» 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte