Thomas Legrand: Sarkozy, président de tous les Français?
Le président a lancé la campagne des régionales comme s'il dirigeait l'UMP.
- -
Nicolas Sarkozy a lancé la campagne des élections régionales samedi 28 novembre lors d'une réunion de l'UMP au port d'Aubervilliers. En réalité, cela fait une semaine que le Président a lancé et nationalisé la campagne, d'ailleurs toute la presse titrait déjà mercredi «le Président lance la campagne » au lendemain du périple de Nicolas Sarkozy mardi en banlieue pour parler sécurité... C'est donc un fait acquis, considéré comme tout à fait normal. Mais cette phrase, «le Président lance la campagne des régionales», devrait être en soi un objet de plus de commentaires, si ce n'est de protestations... C'est tout simplement une incongruité institutionnelle qui d'ailleurs en gène plus d'un au sein de l'UMP.
L'UMP qui, soit dit en passant, est censée être le parti descendant du gaullisme. Le Président a été élu par plus de 50% des citoyens, c'est-à-dire par une part de la population qui dépasse de très loin l'assiette électorale du parti dont il se fait aujourd'hui le porte-parole. Une fois élu, Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs sacrifié à la tradition républicaine qui veut que (depuis 1962) le candidat élu s'adresse à tous les français et qu'il prononce des phrases du genre «je suis le Président de tous les Français, il n'y a plus, pour moi, les Français de gauche ou de droite»...bref, quelque chose d'un peu pompeux et rassembleur, nécessaire après une campagne forcement porteuse de division.
Nicolas Sarkozy l'avait fait, et bien fait, sous la plume républicaine et gaullienne d'Henri Guaino, au soir de son élection devant ses partisans réunis salle Gaveau. Ces phrases étaient prononcées, les valeurs qui nous unissent étaient bien rappelées ainsi que le message universel de la France. Le boulot était fait. Et puis, quelques mois après l'élection, le Président convoque les parlementaires UMP et Nouveau Centre à l'Elysée pour une réunion de recadrage de la majorité... Les vieux gaullistes s'étranglent devant un tel affront à l'esprit de la 5éme République, quelques commentaires s'étonnent de cette entorse à la règle qui veut que le Président ne se mêle pas trop de la politique partisane mais, les réunions de ce genres se multiplient et imperceptiblement s'installe l'idée que cette façon de faire est moderne, que, finalement Nicolas Sarkozy ne se réfugie pas, comme ses prédécesseurs, dans le confort hypocrite de sa fonction et assume ses choix.
Il est vrai que François Mitterrand et Jacques Chirac ne se désintéressaient pas non plus de la vie de leur parti mais ils ne faisaient pas campagne ouvertement. L'épisode des pourparlers autour du lieu de la candidature de Rama Yade, dans les Hauts-de-Seine plutôt que dans le Val-D'Oise nous a aussi révélé que le parton exécutif de l'UMP était bien le Président et personne d'autre. Tous les Français non UMP qui ont voté pour Nicolas Sarkozy, tous les Français qui avaient écouté le discours rassembleur de la salle Gaveau, peuvent à bon droit se demander si le «Président de tous les Français» a vraiment du temps à perdre à s'occuper de la composition des listes pour les régionales du Val-D'oise!
Sous les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy, le Premier ministre assurait vraiment le rôle de chef de la majorité et pesait beaucoup plus dans la vie politique. Le premier ministre est responsable devant le Parlement. Il est comptable devant la majorité qui peut théoriquement le renverser. Et puis, souvenez-vous, le grand message de Nicolas Sarkozy en matière de gouvernance, pendant la campagne présidentielle de 2007, s'était d'en finir avec une attitude trop partisane du chef de l'Etat. Le candidat Sarkozy disait ceci, un mois avant de devenir Président: «Je veux une République irréprochable, le Président de la République c'est l'homme de la Nation, ce n'est pas l'homme d'un parti, ce n'est pas l'homme d'un clan. Je veux être le Président de tous les français» (spot TV de campagne, avril 2007)
A l'évidence, ces phrases d'arbitre impartial ne vont pas avec le fait d'aller lancer la campagne devant les candidats UMP pour les régionales...
Voilà pour les principes mais même en terme d'efficacité politique, c'est douteux. Les socialistes font d'ailleurs mine de ne pas être troublés par ce positionnement du Président. Ils font le calcul que plus le président impopulaire nationalise une campagne régionale, plus ce sera efficace pour eux. D'ailleurs ceux, comme François Bayrou, qui avaient nationalisé la campagne européenne en avaient été pour leurs frais. Si les régionales ne sont pas une réussite pour la majorité...que fera le Président qui aura mené campagne? Changer le Premier ministre? Vu le poids politique laissé au locataire de Matignon, c'est un peu comme si Nicolas Sarkozy décidait de ne plus mettre de cravates mais des nœuds papillon. Ce serait presque ridicule et surtout l'effet politique serait proche de zéro.
Thomas Legrand
Lire également: La mauvaise gouvernance mine le sarkozysme, Véme ou VIéme république, Nicolas Sarkozy va devoir choisir, Pourquoi la méthode Sarkozy ne fonctionne plus et Sarkozy, deux ans à l'Elysée: le cap manquant.
Image de Une: Nicolas Sarkozy à Aubervilliers Gonzalo Fuentes / Reuters
Mis à jour le 30/11/2009 à 6h50













































Poser la question c'est y répondre. NS se préoccupe seulement de sa réélection. Le voir essayer de faire vibrer une salle UMP en lui vantant la réussite du "service minimum dans les transports" en dit long sur sa solitude et son échec. Il en est réduit à menacer ses troupes. Espérons que le FN montera aux régionales et après pour dire son fait à ce président qui n'a plus de politique. le FN sauvera la France ?
Sauver la France ? ce parti raciste ? Ce parti dont les seules idées et ceux qui s'y réfèrent en appel finalement à des conflits ethniques ? Oui assurément Sarkozy vise sa réelection, et pour ça il est prêt à flatter les plus bas instincts, si cher au FN. Comme par exemple l'idée de créer des milices de quartier. Mais si on en est a espérer que ce parti de front bas en viennent à donner le la à celui qui a été le meilleur promoteur de ses idées faisandés, alors en effet ça va mal. D'autant que c'est quoi le FN, un rassemblement mal assortis de mécontants, mécontants de tout et mécontants de rien, de café du commerce qui est prêt à donner ses voix à un parti qui non seulement n'a strictement rien démontré les rares fois où il a été élu, mais qui plus est dont le programme, non contant d'être une parfaite infamie morale, est un contre sens tant économique qu'historique. Le FN ce n'est rien de plus que l'excitation des bas instincts à coup de solution toute faite, un programme qui pourrait s'intituler "yakafokon". Alors sauver la France... des négationnistes et des racistes pour sauver la France, et qui ont en plus parmis leur suiveur des meurtriers qui n'hésitent ni à jeter des individus dans la Seine, ni à tirer à vue... soyons un peu sérieux. Demain le FN prend un tant soit peu le pouvoir, et vous les aurez vos émeutes raciales. ce qui réjouira les frontistes, n'en doutons pas, cependant je craints fort que le pays trouve du coup la situation actuelle paradisiaque en comparaison
Les dérapages innombrables de Nicolas Sarkozy ont en fait un effet pervers inattendu: celui de ne plus provoquer l'ire de la majorité des citoyens que l'on sait pourtant très remontées contre lui, ses méthodes et sa politique.
Dans tout autre pays à grande tradition démocratique, les manifestations de rues seraient quotidiennes, les articles de presse incendiaires.
La France de Sarkozy finit par prendre les excès du monarque avec dérision. C'est nouveau.
Comme souvent vous avez raison et croquez avec talent les contradictions Sarkoziennes.
Mais je pense que la plupart des Français s'en fichent.
Pour ma part je n'avais jamais pensé que F. Mitterrand était mon président, et encore moins celui de tous les Français. De même pour J. Chirac.
Rien de nouveau, si ce n'est le plaisir pour les Anti-Sarkozistes de lui taper dessus. Comme d'hab. Vous convaincrez ceux qui vous sont acquis et laisserez de marbre les autres.
Franchement, c'est insupportable! Je suis encore plus loin que Marie Ndiaye, Shanghai est à 10000kms de Paris, mais le personnage m'oppresse. Ce qu'il dit ou ne dit pas, pense ou répète, est d'autant plus pénible que l'on sait que le tour de la question a été fait depuis longtemps, qu'il n'y aura aucune surprise d'ici 2017, que toute opposition crédible est absente et que le suffrage universel en fait le Président de tous les Français que ça plaise ou non... Mais il fait vendre de la copie et l'a bien compris. La preuve, je suis en train de lui accorder un quart d'heure de mon temps comme si n'importe quoi d'autre n'était pas plus judicieux!
Les discours du Président ressemblent de plus en plus aux caricatures des vrp des années 50/60 ceux qui faisaient du porte à porte pour vendre des savonnettes ou des aspirateurs.
Non on ne plus croire à ce Monsieur car sur le fond et en restant objectif, je ne suis pas socialiste, mais qui agite le chiffon rouge du FN? le Président et l'UMP
La question qui est porte parole du FN? .
Vouloir gagner des élections en "fricotant" à la marge avec le FN montre que la classe politique est médiocre.