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L'existence d'un microcontinent caché sous l'île Maurice se confirme

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 06.02.2017 à 13 h 21

Repéré sur Popular Science, NY Times

On doit cette nouvelle à des chercheurs sud-africain. Ce pourrait être une avancée majeure dans l'histoire de la géologie.

 Crédit : Journal of Petrology, vol. 57, pp. 1645-1675. Oxford University Press

 Crédit : Journal of Petrology, vol. 57, pp. 1645-1675. Oxford University Press

L'hypothèse de l'existence d'un microcontinent perdu fait parler d'elle depuis 2013, année où les chercheurs de l’université de Witwaersrand, en Afrique du Sud, publient une première étude au sujet de Mauritia. Très controversée au départ, l’idée trouve aujourd'hui sa confirmation dans de nouveaux travaux, parus dans la revue Nature le 31 janvier dernier et relayés par Popular Science.

Au départ, les scientifiques trouvent dans la roche volcanique de l'île Maurice des cristaux zircons, de précieux minéraux qui remontent au moins à trois milliards d'années. Sauf que le volcan n'est pas si ancien et qu'il n'y a pas trace d'autres terres à l'horizon. Ils publient leur découverte, mais les critiques affluent: les pierres auraient pu être rapportées ici par des semelles de chaussures, ou des poissons les ayant avalés.

Pourtant, Lewis Ashwal, géologue à l’université de Witwaesrand, affirme aujourd’hui:

«Le fait que nous ayons trouvé ces zircons dans de la roche, des trachytes de 6 milliards d’années, corrobore la première étude et réfute toutes suggestions de zircons soufflés par le vent ou transportés par les vagues.»

Localisation probable de Mauritia. Crédit : Journal of Petrology, vol. 57, pp. 1645-1675. Oxford University Press

Ashwal poursuit:

«Ces zircons ne devraient pas être là normalement. Le fait que nous en ayons trouvé prouve qu’il y a beaucoup de matière ancienne sous l’île Maurice, et elle ne peut provenir que d’un continent. Nos résultats démontrent donc l’existence d’une ancienne croûte continentale sous cette île.»

Mauritia est donc situé sous l’île africaine, et aurait fait partie de Gondwana, un continent originel qui réunissait l’Afrique, l’Inde, Madagascar, l’Australie et l’Antarctique. Celui ci s’est dissous il y a 200 millions d’années, et le continent perdu aurait servi à faire le lien entre Madagascar et l’Inde. Plutôt que de parler d’un «monde perdu», Ashwal préfère ainsi parler d’un microcontinent, comme il le confiait récemment au New York Times.

Cela n’enlève cependant rien à l’importance ni à l’intérêt de la découverte, qui pourrait servir à mieux comprendre le fonctionnement de la tectonique des plaques, et à visualiser de manière plus précise le monde avant que l’espèce humaine n’apparaisse.

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