Double XCulture

«Le Mystère de la vie», le livre pour enfants dont le message flirte entre créationnisme et sexisme

Béatrice Kammerer, mis à jour le 09.02.2017 à 15 h 21

Publiée à l'automne dernier par la prestigieuse maison d'édition l'Ecole des Loisirs, cette traduction d'un best-seller néerlandais destiné aux 9-12 ans mêle science et religion. Tout en invoquant l'humour, l'auteur fait-il l'apologie du créationnisme?

Illustration de Floor Rieder extraite du livre «Le mystère de la vie», à l'Ecole des loisirs.

Illustration de Floor Rieder extraite du livre «Le mystère de la vie», à l'Ecole des loisirs.

C’est l’histoire d’un livre jeunesse promis à un grand succès. Une tranche dorée, un précieux signet rouge, le dos toilé d’un coton noir qui contraste avec le charme naturel de sa couverture en carton non blanchi, et sa montagne d’illustrations —sobres et délicates— rappelant l’esthétique de la sérigraphie. Sur la couverture, se détachent les lettres d’un titre aussi énigmatique qu’irrésistible: Le mystère de la vie. Destiné aux 9-12 ans, ce livre entend les initier aux dernières découvertes scientifiques sur l’origine du monde, des espèces vivantes et de chacun d’entre nous. Un concentré de sciences dans un écrin précieux, qu’on ne peut que désirer offrir. Qui plus est, ce petit bijou est édité par la prestigieuse Ecole des Loisirs, celle du merveilleux Claude Ponti, de la pétillante Jeanne Ashbé, ou du lumineux Anthony Browne. Mais voilà, derrière cette façade éclatante, se cache une toute autre réalité: en France, deux de ces pages, d’un sexisme effarant, ont fait scandale en novembre dernier; d’autres critiques ont signalé des inexactitudes scientifiques; mais plus encore, ce livre propose de mêler science et religion dans une alchimie aussi douteuse que dangereuse.

Retour sur une controverse en France

Paru en 2013 aux Pays-Bas, ce n’est qu’en octobre 2016 que ce livre a été traduit en français. Primé plusieurs fois dans son pays d’origine (lauréat en 2014 du Gouden Griffel et du Gouden Penseel) il devait être la promesse d’un succès éditorial fulgurant. Pourtant, dès la parution du livre en France, les lecteurs commencent à réagir: ils s’étonnent, s’indignent, des extraits du livre se diffusent à vitesse grand V et la polémique enfle. Le 8 novembre dernier, Philippe Aïm, médecin psychiatre, prend la plume, pour dire sa stupéfaction et son incompréhension du choix éditorial de l’Ecole des Loisirs, son billet sera lu près de 30 000 fois. Au cœur de la controverse, une double page cherchant à illustrer le fait que l’évolution de l’espèce humaine se poursuit à l’heure actuelle par un exemple des plus discutables: «Pourquoi les femmes sont-elles de plus en plus belles, et pas les hommes?» se demande l’auteur, avant de proposer son explication:

[…] Les hommes choisissent souvent les plus belles femmes, alors que les femmes tiennent moins directement compte de l’apparence physique d’un homme. Elles trouvent, par exemple, plus important qu’il soit intelligent, qu’il ait un bon travail ou qu’il excelle dans un domaine ou un autre. Les jolies femmes trouvent donc plus vite un homme et ont aussi plus vite des enfants. Parmi ceux-ci, les filles sont en général de plus en plus jolies. Les hommes n’ayant pas particulièrement besoin d’être beaux, les fils restent à l’image de leurs pères, c’est-à-dire pas terribles…»

Ce texte s’accompagne d’une illustration intitulée «sélection sexuelle» où un homme et une femme sont représentés côte à côte, en sous vêtement, et sont annotés à la manière d’un schéma: à l’homme «l’intelligence», le «bon métier», la «voix grave», les «poils sur le corps pour répandre une odeur masculine» ; à la femme, le «visage symétrique», les «lèvres charnues», la «poitrine généreuse», la «peau douce» et la «taille fine».

Extrait du livre Le mystère de la vie, à l'Ecole des loisirs. 

A en croire l’auteur, Jan Paul Schutten, et l’éditrice néerlandaise, Melanie Lasance, ces deux pages n’ont jamais connu la moindre critique aux Pays-Bas, seuls les lecteurs américains se seraient émus comme en France.

Réalité scientifique ou sexisme ?

Difficile de ne pas avoir envie de mettre directement un tel propos à la poubelle tant il semble contribuer à renforcer les stéréotypes culturels à la base des inégalités entre hommes et femmes: comment oser réserver l’intelligence aux seuls hommes? Comment nier la dimension sociale des injonctions à soigner son apparence dont les femmes sont quotidiennement victimes? Dès lors, deux hypothèses se dessinent: soit nous sommes face à une réalité scientifique, qui décrirait une dissymétrie biologique entre femmes et hommes (comme lorsqu’on constate que la grossesse est exclusivement à la charge des détenteurs d’utérus, le plus souvent des femmes); soit nous sommes face à un gloubi-boulga sexiste, qui tente de prendre l’apparence de la science pour mieux entériner nos préjugés culturels de genre.

Outre l’erreur grossière qui consiste à affirmer que les femmes ne transmettent leurs gènes qu’à leurs filles et les hommes qu’à leur fils, on peut s’interroger: chez les humains, la sélection sexuelle agirait-elle effectivement de manière spécifique selon qu’on est un homme ou une femme? Et si oui, se fait-elle sur la base de critères physiques relevant de la «beauté»? Juliane Casquet, docteure en évolution et maître de conférences à l’Agro Campus Ouest (Angers) a accepté de m’éclairer. Selon elle, la sélection sexuelle existe bel et bien chez les humains, mais elle se fait d’une manière si diverse et si dépendante d’autres variables sociales qu’on ne peut pas se baser dessus pour prédire quoi que ce soit concernant l’évolution de l’espèce:

« Il existe quelques critères morphologiques, notamment la symétrie du visage  et le rapport entre  tour de taille et tour de hanche pour les femmes ou entre tour de taille et largeur d’épaules chez les hommes qui ont été identifiés comme soumis à la sélection sexuelle de manière relativement universelle. MAIS (et c’est un gros mais) ce ne sont que des tendances générales. D’une part, la diversité est immense: les hommes préfèrent en moyenne un ratio taille-hanche faible, mais pas tous. D’autre part, d’autres facteurs entrent en compte pour le choix du partenaire: les facteurs culturels bien entendu, mais aussi le nombre de partenaires qu’on pourrait effectivement rencontrer selon notre lieu de vie ou encore les facteurs comportementaux. Il existe des études dans lesquelles les hommes préférés sont d’abord ceux qui sont les plus «dominants» socialement, ou d’autres qui tendent à montrer qu’un homme présenté comme ayant du succès avec les femmes a tendance à être plus attirant quelle que soit son apparence. Mais l’attraction n’est qu’une partie de l’équation car au-delà du court terme, on peut aussi souhaiter avoir un partenaire agréable et qui sera un appui solide pour le soin aux enfants.»

 Lorsque j’ai demandé à Jan Paul Schutten quelles sources scientifiques il avait exploitées pour rédiger ce paragraphe, il m’a renvoyée vers cette étude longitudinale de psychologie portant sur 1244 femmes et 977 hommes nés au Wisconsin entre 1937 et 1940. Selon ces chercheurs, les femmes considérées comme attirantes auraient eu une descendance plus nombreuse que les femmes moins attirantes. Ces résultats doivent pourtant être considérés avec précaution, comme me l’a expliqué Juliane Casquet:

« D’abord, la pente de la corrélation est très faible: les femmes pas attractives ont entre 2,49 et 2,85 enfants alors que les femmes très attractives ont entre 2,61 et 2,98 enfants. Mais l’étude montre surtout une autre chose importante: la relation entre attractivité et nombre d’enfants n’est en fait pas linéaire. Le pic du nombre d’enfants est atteint pour les femmes «attractives» (2,87 à 3,24), les «très attractives» en ont moins qu’elles (2,61 à 2,98). Enfin, l’étude dit clairement qu’un phénomène similaire est observé chez les hommes: les moins attirants ont moins d’enfants (entre 2,19 et 2,55) que ceux qui sont moyennement attirants, attirants ou très attirants (entre 2,47 et 2,86).»

Humour ou sexisme?

Lorsqu’au bout de quelques jours de bad buzz, l’Ecole des Loisirs s’est résolue à justifier son choix éditorial, voici quels ont été ses arguments:

«Jan Paul Schutten ambitionne d’être lu par des pré-adolescents dont les capacités d’assimilation exigent des ellipses, des simplifications et surtout un ton parfois un peu «décalé», voire humoristique, qui offense sans doute le respect dû à la science, mais lui permet de remplir une mission capitale: éveiller et retenir l’attention».

Ainsi, non seulement les approximations scientifiques seraient justifiées par l’immaturité des jeunes cerveaux mais plus encore, si nous trouvons ce propos sexiste et nous insurgeons, c’est que nous ne serions finalement qu’une bande d’adultes amers qui manquent d’humour et d’irrévérence. L’auteur lui-même reprendra ces arguments en décrivant le style de l’illustratrice comme «beau, drôle et parfois un peu provocateur». Selon lui, tout ceci ne serait finalement qu’un regrettable malentendu: «Je crains qu'il n'y ait toujours des écarts entre les intentions des auteurs et la compréhension des lecteurs. Je le sais: j'ai un bac+3 en communication.»

«Je crains qu'il n'y ait toujours des écarts entre les intentions des auteurs et la compréhension des lecteurs.»

Jan Paul Schutten, auteur du livre

Si les féministes sont familières de l’argument fallacieux «c’est de l’humour» inlassablement répété pour justifier les blagues sexistes, l’inanité de l’argument n’explique pourtant pas l’adhésion du public néerlandais. Restait donc deux hypothèses: celle d’un problème de traduction qui aurait transformé un propos léger et ironique en ce ramassis de clichés; ou celle d’un choc culturel, la société néerlandaise aurait alors été telle que ce propos n’y aurait pas été perçu comme scandaleux.

J’ai donc soumis les deux versions, françaises et néerlandaises, des pages incriminées à Sabine Sur, traductrice. La traduction du néerlandais en français est connue pour ses difficultés: les propos peuvent facilement paraître péremptoires en raison de l’aspect direct de cette langue germanique. Selon Sabine Sur, les écueils ont pourtant bien été contournés:

«Il n'y a aucune erreur par rapport à l'original, le ton est respecté. Voici un exemple où le traducteur a adouci le néerlandais pour correspondre au ton léger et humoristique. Le texte dit que les garçons ressemblent à leurs pères, donc sont "net zo lelijk": "tout aussi moches", littéralement. La traduction dit que les garçons ne sont "pas terribles", ce qui est moins dur, plus badin et tout aussi parlant.»

Reste à comprendre ce qui a pu rendre acceptable un pareil propos aux Pays-Bas. Est-ce parce que cette société serait bien plus avancée que la nôtre sur les questions de sexisme et n’y verrait alors rien d’autre qu’une caricature d’idées obsolètes? Marieke, journaliste belge de 36 ans, résidant aux Pays-Bas depuis 2000, comprend l’adhésion du public néerlandais pour qui la lutte antisexiste doit d’abord se placer sur un plan social: «Bien sûr, c'est un portrait très stéréotypé et simplifié des hommes et des femmes, mais n'est-ce pas l’objectif de ce livre? Que de se concentrer uniquement sur les aspects biologiques? Ce que je peux dire pour les Pays-Bas, c'est qu’effectivement, je pense que c'est un pays sexiste. Mais je parle d'opportunités professionnelles inégales pour les hommes et pour les femmes, du fait qu’on attend des femmes qu’elles réduisent leurs heures de travail lorsqu’elles ont des enfants, et que les hommes sont payés plus pour les mêmes emplois, etc.»

Science et religion, un mélange instable

Outre ces deux pages sexistes, les autres 158 pages sont non moins problématiques. Il y a tout d’abord la longue liste d’erreurs et imprécisions scientifiques qu’un lecteur a pris le temps de répertorier dans un courrier adressé à l’Ecole des Loisirs. Mais ce n’est pas tout. Le plus frappant dans ce livre est le mélange des genres qu’il entretient, entre religion et sciences. A vrai dire, nombreux sont les passages où on ne sait plus exactement si on a affaire à un livre de sciences ou de théologie. La référence au «miracle de la vie» est omniprésente, et il ne s’agit pas seulement d’un émerveillement légitime face aux équilibres de la nature: «Tout ce qui vit est miracle» affirme l’auteur (p. 18), avant de développer: «Comment certaines cellules savent-elles qu’elles doivent devenir un cœur, un poumon, une narine droite ou un auriculaire gauche? C’est un vrai miracle, non? […] Qui a créé une nature aussi parfaite?» (p. 23). De même, l’auteur adopte de manière récurrente l’emploi du verbe «croire» pour décrire l’adhésion aux théories scientifiques: «Tous les scientifiques croient-ils en la théorie de l’évolution?» s’interroge-t-il (p. 129). Laissant penser que la science se fonde sur un acte de foi, et non sur la confrontation méticuleuse de preuves, et la mise à l’épreuve systématique des théories. Enfin, lorsqu’il discute des bizarreries de l’évolution et notamment de l’imperfection de notre œil, au sein duquel il existe une «tâche aveugle» à l’endroit où s’implante le nerf optique, il s’interroge: «Si Dieu a conçu notre œil de la sorte délibérément, c’est qu’Il voulait que nous ne puissions pas tout voir.» A quoi tout cela peut-il bien rimer? Pourquoi donc mêler ainsi les registres de manière aussi ambiguë?

Est-ce une volonté de la maison d’édition Gottmer, qui fait vivre par ailleurs une large collection orientée vers les spiritualités et l’ésotérisme? Peu avant la fin de son livre, Jan Paul Schutten justifie pourtant sa démarche. Il explique avoir écrit ce livre dans le but de combattre les idées créationnistes: «Environ soixante pour cent des Néerlandais croient en la théorie de l’évolution. […] Aux Etats-Unis, plus de cinquante pour cent des habitants pensent que Dieu a créé la Terre en six jours. […] Dans la plupart des écoles, l’histoire de la Création telle qu’on la trouve dans la Bible doit être enseignée. Si on n’a pas reçu d’autre explication de l’apparition de la vie sur Terre, on continue à y croire. » Par mail, il me témoigne de la ferveur qu’il place dans ce combat: «Il est important que les gens croient en la science et non en la religion. Regardez ce qui se passe aux États-Unis. Le vice-président du pays le plus important du monde est un créationniste. La lutte contre le créationnisme pourrait être plus importante aujourd'hui qu'au cours des dernières décennies.»

Je me suis alors demandée si ce livre n’était tout bonnement pas une erreur de casting: pourquoi donc vouloir mettre un tel ouvrage, basé sur un tel projet, dans les mains de petits Français pour qui la confusion n’existe majoritairement pas, à qui on n’enseigne absolument pas le créationnisme à l’école publique, ni dans la plupart des écoles confessionnelles? Et si ce projet en apparence respectable en cachait un autre qui le serait bien moins?

Du créationnisme naïf à l’Intelligent Design

Penser que le créationnisme est le seul fait d’individus persuadés que le monde a été créé en 6 jours il y a quelques milliers d’années est profondément réducteur, et aussi dangereusement naïf. Dans une enquête publiée en 2013, Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau, deux scientifiques reconvertis à la médiation scientifique ont dressé un état des lieux mondial des créationnismes. Ils ont pu montrer comment s’est peu à peu développé à partir des années 1970 un créationnisme «scientifique», cherchant à «prouver» par l’utilisation (du moins en apparence) des outils scientifiques, la véracité des récits bibliques. Dans le courant des années 1990, ce créationnisme «scientifique» a évolué vers l’approche «Intelligent Design» (ID) (en français, «dessein intelligent»): les références explicites à Dieu ou une quelconque cosmogonie ont été expurgées mais ces adeptes postulent non moins que c’est une force surnaturelle intelligente (et non le hasard) qui est le moteur principal de l’évolution des espèces. Selon Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau, cette approche est actuellement très répandue de par le monde et ses discours sont partagés aussi bien dans les pays anglo-saxons à forte présence évangéliste que dans les pays musulmans: elle prendrait même à l’échelle mondiale des allures de croisade des croyants contre les non-croyants.

En apparence, l’approche ID ne semble pas être un obstacle à l’avancée de la science: après tout, peu importe que l’on pense que c’est Dieu ou le hasard qui guide l’évolution pourvu qu’on soit capable d’exploiter avec rigueur les données factuelles. Néanmoins, postuler l’existence d’une force intelligente guidant l’évolution implique deux postulats que l’approche scientifique réfute: d’une part, l’ID prétend que l’évolution a un «sens» (c’est-à-dire qu’on va forcément vers un constant perfectionnement des espèces) et d’autre part, elle place l’humain au sommet des espèces, elle le considère à ce titre comme le plus «perfectionné» des «inventions» de cette «évolution intelligente». Contrairement aux véritables scientifiques qui, croyants ou non en Dieu, s’abstiennent de faire intervenir leurs croyances dans leur raisonnement, ceux-là mettent en péril, par la confusion des genres, les bases épistémologiques qui assurent sa stabilité et sa force à la pensée scientifique.

Extrait du livre «Le mystère de la vie», à l'Ecole des loisirs.  

Or il semble que le livre de Jan Paul Schutten s’inscrive précisément dans le courant de l’Intelligent Design. C’est ce qui transparaît quand l’auteur écrit: «Tout au long de l’évolution, c’est comme si de nouvelles «inventions» avaient permis de rendre la vie sur Terre de plus en plus perfectionnée»  (p. 92); lorsqu’il se demande «pourquoi sommes-nous si intelligents et [les singes] si bêtes?» (p. 149) ou encore lorsqu’il explique qu'il y a «deux façons d’être créationniste», et que «la première consiste à croire que Dieu a créé la Terre mais qu’Il l’a fait d’une manière évolutive pendant plusieurs milliards d’années. Dans ce cas, on croit en Dieu et en l’évolution. Ces personnes sont nombreuses, et elles comptent beaucoup de scientifiques dans leurs rangs. Mais un peu plus loin dans ce livre, lorsqu’il sera question des créationnistes, je ferai référence aux gens qui nient que l’évolution ait jamais eu lieu» (p. 129). Ainsi, il semble que Jan Paul Schutten ait choisi son camp, celui des Intelligent Designers, renvoyant le créationnisme aux seules positions extrêmes et marginales. Dès lors, peut-on s’étonner que cette complaisance à l’égard des thèses du créationnisme scientifique ait été signalée dans les commentaires des lecteurs néerlandais et même saluée par le blogueur littéraire Jaap Friso, journaliste et animateur en 2009-2010 d’une émission hebdomadaire "JaapLeest" sur la radio chrétienne NCRV?

Pourra-t-on continuer de faire confiance les yeux fermés à une maison d’édition ayant pignon sur rue, jouissant d’un immense prestige dans les écoles et auprès des éducateurs, renommée pour la qualité de ses publications, et sa lutte pour le droit des enfants à accéder à de la «vraie» littérature? Rien n’est moins sûr. Faudra-t-il également se préparer à défendre, y compris sur le terrain sensible de l’éducation des enfants et de la littérature jeunesse, l’indépendance de la science, non pas en niant le droit de chacun de pratiquer une religion, mais en réaffirmant la nécessaire séparation de ces deux regards sur le monde?

Béatrice Kammerer
Béatrice Kammerer (39 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte