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Melissa McCarthy parodie à merveille le porte-parole de la Maison Blanche

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 06.02.2017 à 17 h 34

Repéré sur Deadspin, Vox

La comédienne a trouvé un nouveau rôle parfait pour elle dans le dernier «Saturday Night Live»

Les semaines passent, et le Saturday Night Live continue sa parodie de l'administration Trump. Alors que le président semble avoir arrêté de commenter chacun des passages d'Alec Baldwin en train de l'imiter, l'émission récemment adaptée en France en a remis une couche ce week-end. Tout d'abord avec Baldwin, qui continue dans son rôle d'imitateur en chef de Donald Trump. Et puis surtout avec Melissa McCarthy, qui a réussi l'exploit de lui voler la vedette, ce 4 février.

L'actrice est venue interpréter Sean Spicer, le nouveau porte-parole de la Maison Blanche, et dire que cela a été un succès serait un euphémisme. Il faut dire que la comédienne, parfaitement grimée en Spicer a commencé fort, en reprenant le ton du porte-parole criant aux journalistes de s'installer, avant de continuer sur le même ton à s'adresser des excuses de la part des journalistes «pour la façon dont vous m'avez traité ces deux dernières semaines». Des excuses que Spicer/McCarthy refuse immédiatement, rappelant que le porte-parole est là pour avaler des chewing-gums —en rapport à l'extraordinaire consommation qu'en fait Spicer— et «prendre des noms», avant d'appeler les journalistes des «singes».

 

Il faut dire que les relations entre le porte-parole de la Maison Blanche et la presse américaine sont plus que tendues. Des observateurs des médias ont d'ailleurs appelé les principaux journaux à remplacer leurs correspondants à la Maison Blanche par des stagiaires.

McCarthy/Spicer revient ensuite sur la présentation de Neil Gorsuch à la Maison Blanche alors que Trump vient de le nommer comme potentiel choix pour remplacer Antonin Scalia sur le banc de la Cour Suprême. Le tout en exagérant un tout petit peu les choses, comme cela a été le cas lors de sa première conférence de presse où Spicer avait purement et simplement menti à la presse indiquant que l'investiture de Trump avait connu la plus grande foule de l'histoire, «point barre».

«Quand Trump est entré dans la salle, il a été accueilli par une standing ovation [c'est vrai]. Qui a duré quinze minutes [c'est faux]. Tout le monde souriait. Tout le monde était heureux. Les hommes avaient des érections. Et toutes les femmes étaient en train d'ovuler. Et personne n'était triste. Ce sont les faits, et ils resteront ainsi jusqu'à la fin des temps.»

Des journalistes choqués

Spicer/McCarthy continue par donner par erreur son mot de passe, chose dont le vrai Sean Spicer a été suspecté cette semaine quand, à deux reprises, il a tweeté des suites de caractères qui ressemblent soit à un mot de passe, soit à un message qu'il aurait involontairement envoyé avec son portable dans sa poche.

Le Sean Spicer du SNL accepte finalement de répondre à questions, de manière assez folle, laissant notamment un journaliste du New York Times bouche béante

«Je voulais poser une question sur l'interdiction de voyager pour les musulmans.
— Ce n'est pas une interdiction.
— Pardon?
— Ce n'est pas une interdiction. L'interdiction de voyager n'est pas une interdiction, ce qui fait que ce n'est pas une interdiction.
— Mais vous venez de dire que c'est une interdiction.
— Parce que je reprends vos mots. Vous avez dit "interdiction". C'est vous qui l'avez dit.
— Le président a tweeté, et je cite: "Si l'on avait annoncé l'interdiction une semaine avant".
— Oui, exactement. C'est vous qui venez de le dire. Il vous cite vous. Ce sont vos mots. Il reprend vos mots. Quand vous employez ces mots, et qu'il les réemploie, c'est une utilisation circulaire des mots, et ça vient de vous.»

Et quand deux journalistes veulent poser des questions sur le rôle de Steve Bannon au sein du conseil de sécurité nationale, Spicer/McCarthy multiplie les jeux de mots en sortant des accessoires.

 

Quand une autre journaliste lui demande s'il va bien, il prend son pupitre et se dirige vers elle, avant de la menacer de la mettre dans la cage avec le journaliste de CNN.

Des fans pas déçus

Après une courte interruption pour se moquer de la prestation de Betsy DeVos lors de son audition pour le poste de secrétaire à l'éducation, on revient à Spicer pour rappeler que l'équipe de Trump a oublié de mentionner le peuple juif lors de la journée de commémoration de l'Holocauste, avant que Spicer/McCarthy ne craque une dernière fois et sorte cette fois-ci un pistolet à eau et arrose le journaliste qui lui pose cette question.

«C'est de l'eau avec du savon pour laver ta sale bouche de menteur. Comment ce communiqué pourrait être antisémite? Le mec qui l'a écrit est super juif. Et beaucoup de gens ont souffert pendant l'Holocauste. Pas que les Juifs. Il y avait aussi les roms, les lesbiennes, et les [fait la même tête que Trump se moquant d'un journaliste handicapé]. Ce sont vos mots.»

La prestation de Melissa McCarthy a été un énorme succès. Pour le Guardian, elle a volé la vedette à tout le monde, tandis que Deadspin estime qu'il s'agit de «la meilleure chose vue au SNL depuis des années». De son côté, Vox explique pourquoi Melissa McCarthy convient si bien à ce rôle:

«McCarthy a prouvé au cours de sa carrière —y compris lors de sa performance dans Mes Meilleures Amies pour laquelle elle a été nommée aux Oscars— que c'est une experte quand il s'agit de jouer des rôles de personnes extrêmement tendues, des personnages mécontents, qui sont tout le temps sur le point de craquer de façon mélodramatique. Donc même si son apparition au SNL était une surprise, le choix de lui faire interpréter Spicer était parfait.»

Melissa McCarthy n'a pas encore précisé si ce nouveau rôle était un juste pour un soir ou quelque chose qu'elle allait faire à plus long terme, mais cette deuxième option pourrait ravir de nombreux fans de l'émission. Entre Alec Baldwin en Donald Trump et Melissa McCarthy en Sean Spicer, nul doute que le Saturday Night Live pourrait vivre certaines de ses plus grandes heures, et faire enrager un peu plus l'administration Trump. Si Spicer semble avoir trouvé sa parodie «drôle», –même s'il conseille à Melissa McCarthy d'y aller moins fort sur la consommation de chewing-gums, et pense qu'elle aurait pu se retenir un peu plus– il n'a pas du tout le même avis sur le sketch initial d'Alec Baldwin imitant Donald Trump en train d'appeler différents leaders mondiaux, et d'enchaîner les gaffes, parce qu'il est incapable de se contrôler.

«Alec est passé de drôle à méchant, et c'est dommage. Le SNL était vraiment drôle à une époque. Il y a une tendance à la méchanceté maintenant qu’ils ont décidé d'être méchant.»

Cet article a été modifié pour ajouter la réaction de Sean Spicer, le 6 février 2017.

 

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