Monde

À quel point l'État Islamique est-il impliqué dans les attentats?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 05.02.2017 à 14 h 27

Repéré sur The New York Times, The New York Times

Une enquête du New York Times souligne que dans plusieurs cas, les «loups solitaires» ne sont pas si solitaires que cela.

Des policiers devant l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet 2016. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Des policiers devant l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet 2016. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

«J'ai bien peur que ce ne soit le futur de l'État Islamique». Ces mots de l'analyste Bridget Moreng, dont le travail sur la préparation des attentats sur le web a été recemment publié dans la revue Foreign Affairs, viennent compléter une enquête du New York Times sur la préparation des attentats par l'Etat islamique en dehors du califat.

Si les auteurs des attaques ont parfois été qualifiés de «loups solitaires», le quotidien américain dévoile le cas d'un homme vivant en Inde qui a été accompagné du début à la fin par des membres de Daech. Pendant 17 mois, l'ingénieur Mohammed Ibrahim Yazdani a été suivi pour perpétrer ce qui devait être le premier attentat de l'État islamique en Inde. Du moment où il a prêté allégeance –en envoyant de manière sécurisée sa déclaration– au recrutement de la cellule qui devait l'aider à organiser l'attaque, en passant par son accès à des armes et des balles, tout —ou presque— a été piloté par un membre de l'organisation terroriste depuis la zone contrôlée par l'EI, en Syrie et en Irak.

«Même si l'affaire d'Hyderabad, en Inde, fait partie des plus détaillées et permet de voir comment ces gestionnaires ont directement facilité des attentats terroristes à l'étranger, ce n'est pas la première fois et ce n'est pas la seule non plus. Des documents d'enquête européens montrent que de plus en plus d'attentats portent des signes de contact avec le bastion de l'État Islamique, même si ce terroriste était auparavant présenté comme ayant agi seul.»

Et le New York Times remarque que le scénario est souvent le même: une personne tente de se rendre en Syrie mais se retrouve bloquée à la frontière ou est arrêtée dans sa tentative. «Sous les instructions de son gestionnaire en Syrie ou en Irak, elle va commencer à planifier un attentat dans son pays.»

Le quotidien américain indique ainsi que si l'on pensait que ces attentats ou tentatives d'attentats étaient perpétrés par des «loups solitaires», et qu'ils étaient simplement inspirés par l'EI, son analyse montre que «dans au moins dix cas, les terroristes étaient en contact avec des membres de l'EI». Le New York Times classe désormais les attentats en trois catégories: ceux directement dirigés par l'EI (comme ceux du 13 novembre), ceux qu'il «inspire» (comme ceux de Nice ou de San Bernardino, aux États-Unis), et désormais les «enabled», dont certains de ses membres sur les terres de «califat» permettent la réalisation, en étant en communication directe avec les futurs assaillants. Parmi les «enabled», se trouve notamment l'attentat qui a coûté la vie à un prêtre à Saint-Etienne du Rouvray.

«Les deux hommes ne se connaissaient pas, et selon les documents de l'enquête, le gestionnaire les a présentés l'un à l'autre, et a organisé leur rencontre quelques jours avant l'attaque.»

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