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Attaque du Louvre: «Si c'est bien le Twitter de l'agresseur, il a semé quelques petits cailloux»

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 04.02.2017 à 13 h 37

Repéré sur RTL, Le Parisien

Au lendemain de l'attaque, les enquêteurs tentent d'exploiter les informations laissées par l'assaillant, notamment sur les réseaux sociaux.

Au musée du Louvre, le 3 février 2017. ALAIN JOCARD / AFP.

Au musée du Louvre, le 3 février 2017. ALAIN JOCARD / AFP.

Identifié sous le nom d'Abdallah el-Hamahmy, un Égyptien de 29 ans, l'assaillant qui a attaqué des militaires au Louvre, vendredi 3 février, avait-il esquissé et annoncé son geste sur les réseaux sociaux? C'est l'hypothèse désormais examinée par les enquêteurs, alors que le pronostic vital de l'agresseur n'est plus engagé.

Selon des sources proches de l'enquête citée par l'AFP, des tweets faisant référence à l'organisation État islamique, «aux frères en Syrie et aux combattants du monde entier», proviendraient d'«un compte Twitter dont le titulaire pourrait être l'auteur», à raison d'une dizaine de tweets entre 9h27 et 9h34 vendredi, dans la demi-heure précédant l'attaque. Les enquêteurs tentent actuellement d'exploiter un iPhone et un iPad appartenant à l'agresseur.

RTL, de son côté, a examiné un profil Facebook au nom de l'assaillant, qui présente «un homme de 29 ans, né en Egypte et responsable des ventes dans une entreprise de conseil environnemental basée aux Émirats arabes unis. Il serait également marié depuis 2014 et aurait deux frères. Suivi par 154 personnes sur le réseau social, il dispose d'un profil public se caractérisant par de nombreux posts en rapport avec la religion».

Le Parisien souligne que les comptes Facebook et Twitter en question, désormais désactivés, «sauf usurpation d'identité, correspondent en tous points au profil de l'assaillant présumé du Louvre» et que «depuis plusieurs mois [...], les messages à caractère religieux [s'y] sont faits plus nombreux et réguliers». Parmi les éléments qui laissent croire que ces comptes sont bien ceux de l'assaillant figure un tweet du 26 janvier l'annonçant en partance de Dubaï pour Paris, ce qui a été la route suivie par l'agresseur selon le procureur de la République de Paris François Molins.

Un expert français du djihadisme, Romain Caillet, note également qu'un de ses tweets faisait référence à Dawlat al-Islam («l'État de l'Islam»), expression qui «n'est quasiment employée que par des pro-EI» car elle transmet «l'idée qu'il s'agit du seul, de l'unique Etat, celui du Califat».

Autre point intéressant, relevé par la spécialiste du djihadisme du New York Times Rukmini Callimachi: on trouve sur le compte Twitter en question une citation du verset 111 de la neuvième sourate du Coran.

«Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah: ils tuent, et ils se font tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui-même dans la Torah, l’Evangile et le Coran. Et qui est plus fidèle qu’Allah à son engagement? Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait: Et c’est là le très grand succès.»

Or, selon l'experte, «certains experts considère que ce verset, qui promet le paradis en échange du combat pour Dieu, constitue la plus explicite autorisation du combat guerrier. Il y a beaucoup de vers du Coran qui recommandent la paix, mais l'État islamique et d'autres djihadistes ont accordé la priorité à cette sourate pour approuver la violence. Il est trop tôt pour dire si cet acte haineux a été inspiré par le groupe terroriste mais, si c'est bien le compte de l'agresseur, il a semé quelques petits cailloux.»

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