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Le Musée d'art moderne de New York proteste contre Trump en exposant des artistes de pays musulmans

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 05.02.2017 à 9 h 00

Repéré sur New York Times

La célèbre institution a accroché des œuvres d'artistes venant des pays musulmans ciblés par l'interdiction de visas décrétée par le président américain.

Une statue du sculpteur iranien Parviz Tanavoli à Sotheby's à Londres, en octobre 2007. LEON NEAL/AFP.

Une statue du sculpteur iranien Parviz Tanavoli à Sotheby's à Londres, en octobre 2007. LEON NEAL/AFP.

Une semaine après la signature par Donald Trump d'un ordre exécutif qui suspend les visas pour les ressortissants de sept pays à majorité musulmane, le Musée d'art moderne de New York (MoMA) a riposté en exposant des oeuvres d'artistes venant des pays visés par le décret, dont l'Iran, le Soudan et l'Irak. 

Au cinquième étage du musée, sept oeuvres de Matisse, Picabia et Picasso ont été remplacées par des sculptures, des tableaux et des photographies d'artistes nés au Soudan, en Irak et en Iran. Chaque oeuvre est accompagnée d'un panneau explicatif qui explique clairement le sens du geste:

«Cette oeuvre est signée d'un artiste originaire d'une nation dont les citoyens sont interdits d'entrée aux Etats-Unis, suivant un décret présidentiel signé le 27 janvier 2017. D'autres oeuvres similaires sont installées dans les galeries du cinquième étage afin d'affirmer les idéaux d'accueil et de liberté qui sont essentiels pour ce musée et pour les Etats-Unis.»

Pour le New York Times, il s'agit d'une des protestations anti-Trump les plus fortes venant d'une institution culturelle majeure.

Le musée avait annoncé son intention sur Twitter:

«En réponse à l'interdiction de visas de la semaine dernière, nous avons installé des oeuvres d'artistes venant des nations interdites aux États-Unis.»

La plupart des artistes exposés sont iraniens, notamment le sculpteur Parviz Tanavoli, l'artiste vidéo Tala Madani et le peintre Charles Hossein Zenderoudi, mais il y a aussi des tableaux du Soudanais Ibrahim el-Salahi et des dessins de l'architecte Zaha Hadid, qui est née en Irak.

Les galeries du cinquième étage sont dédiées au modernisme occidental, de Cézanne à la Seconde Guerre mondiale, mais les curateurs ont fait en sorte que les nouvelles oeuvres choisies fassent écho aux Matisse et Picasso. Elles seront exposées pendant plusieurs mois.

En règle générale, le monde de l'art est très affecté par le décret de Trump (qui a été temporairement suspendu par un juge fédéral le 3 février): le réalisateur iranien Asghar Farhadi, nominé aux Oscars, ne se rendra pas à la cérémonie de Los Angeles, et les directeurs du Metropolitan Museum of Art de New York et de l'institut de théâtre de Sundance se sont inquiétés de l'impact de cette politique sur leurs partenariats et échanges artistiques internationaux.

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