France

Eric Domard, le petit gars de la Marine

Marine Le Pen, candidate du FN, lors d'un meeting de campagne, le 5 février 2017 à Lyon |
JEFF PACHOUD / AFP

Marine Le Pen, candidate du FN, lors d'un meeting de campagne, le 5 février 2017 à Lyon | JEFF PACHOUD / AFP

Le conseiller spécial de Marine Le Pen travaille au FN depuis plus de vingt ans et voue une véritable passion à la candidate frontiste.

Megane de Amorim, mis à jour le 12.02.2017 à 18 h 15

Placardé sur le mur du bureau d’Eric Domard, un cliché rare de Marine Le Pen, en talons hauts, collants noirs et jupe courte, souriante, montant les marches de l’Elysée. En faisant pivoter son fauteuil, son assistant, officiellement «conseiller spécial de Marine Le Pen», y jette un coup d’oeil affectueux. Eric Domard est un compagnon de route des Le Pen, père et fille, depuis plus de vingt ans. Dévoué et admiratif, il est ivre d’une passion platonique pour celle qu’il appelle «la Présidente».


Crédit: Megane de Amorim

À 45 ans, il a été nommé au conseil stratégique de campagne de Marine Le Pen, preuve s’il en est qu’il compte parmi les plus proches de la candidate du Front national. Il est entré dans ce premier cercle en 2010, alors qu’il était directeur de son cabinet dans la campagne interne contre Bruno Gollnisch. Après la victoire de Marine Le Pen, Eric Domard est devenu l’un de ses deux conseillers spéciaux. «Pour prendre une métaphore médicale, je suis un généraliste», explique-t-il. Eric Domard s’occupe en fait des courriers de Marine Le Pen, de la préparation de ses notes, d’une partie de sa communication et de ses interviews. Mais derrière ce poste d'assistant, il est un conseiller de l’ombre. «En tant que conseiller spécial, ma fonction même, c’est de conseiller», élude-t-il. «On réfléchit ensemble au programme, évidemment. En tant que membre du bureau politique, j’ai ce rôle de conseil politique. On débat de l’actualité, de la stratégie du mouvement, des actions à mener.»

D’une fidélité absolue, ceux qui l’entourent confirment, comme Laurent Legoix, directeur du service informatique du Front national, qu'il «a la confiance pleine et entière de [leur] chère Présidente». «Marine est très contente de son travail, elle le consulte très souvent sur le plan politique», assure Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti et chef de file du FN en Ile-de-France. Eric Domard n'évoque pas l'influence qu'il a pu avoir sur Marine Le Pen, mais salue l'évolution du parti depuis qu'elle en a pris la tête: «Marine a révolutionné le FN en lui permettant d’avoir un éclairage sur les questions économiques et sociales. Elle a élargi le champ politique du FN: oui l’immigration, la citoyenneté, mais à côté les thématiques économiques et sociales sont primordiales.»

Si Eric Domard est un personnage important dans les coulisses du FN, son nom apparaît rarement dans la presse. «Sur les réseaux sociaux, il est particulièrement hostile envers les journalistes, même selon les critères du FN», explique Dominique Albertini, journaliste en charge de l’extrême droite pour Libération. Dans le huis clos de son petit bureau, au siège du FN, Eric Domard confie «aimer l’ombre», avoir un «côté solitaire».


Crédit: Megane de Amorim

«Une mémoire du parti»

Au FN, tous sont convaincus de la réussite de Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle, y compris Eric Domard. «Cette élection, je l’aborde avec un optimisme raisonnable parce que nous sommes en constante progression», explique-t-il, faisant allusion aux scores des dernières élections départementales et régionales –le FN avait rassemblé respectivement 25% et 28% des suffrages exprimés lors des premiers tours. Mais pour 2017, le doute concerne le second tour. «La peur sera la plus grande adversaire du FN entre les deux tours. Le candidat opposé à Marine Le Pen essaiera de rejouer le scénario de 2002. Tout notre travail consiste à désamorcer en amont cette stratégie de la peur.» Le traumatisme de la chute de Jean-Marie Le Pen a profondément marqué la génération qui entoure aujourd’hui sa fille.

Eric Domard a vécu 2002 comme il a accompagné toute l’histoire du Front national depuis la fin des années 1990. «Il est une mémoire du parti, malgré son jeune âge», note Wallerand de Saint-Just, membre historique du FN. Catherine Griset, chef de cabinet de Marine Le Pen, raconte également qu’il «connaît tout le monde, il est là depuis tellement longtemps, il fait partie de la «base du mouvement». Eric Domard était déjà là le premier mai 1995, lors de la manifestation du Front national en marge de laquelle Brahim Bouarram, un Marocain de 29 ans, est mort noyé près du pont du Carrousel, après une altercation avec des skinheads –un événement qui a marqué l’histoire du FN. En 2002, il a vécu le «tremblement de terre», «l’explosion de joie, le moment de bonheur inextinguible» du premier tour. Alexandra Piel, son amie, assistante de Nicolas Bay, se «revoi[t] dans ses bras, en larmes». «Il y a eu cet effet d’énorme surprise, puis le cauchemar de l’entre-deux tour, se souvient Eric Domard. Un déferlement de haine inimaginable. Pendant quinze jours, on allumait la radio, on ouvrait un journal et on était diabolisés, insultés matin midi et soir, par tout le monde...C’est une souffrance quand on n’a pas le cuir assez dur.» Au second tour, Jean-Marie Le Pen n’obtenait que 18% des voix. «La douche froide», pour Eric Domard et son camp. «C’était une ambiance très triste, y compris pour Jean-Marie Le Pen», ajoute-t-il. Dix ans plus tard, en 2012, Marine Le Pen échouait à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle, «un soupçon de déception» pour son conseiller, qui reconnaît, amer: «J’avais l’espoir qu’elle se qualifie; c’est le côté passionnel que j’éprouve à son égard qui explique que je sois déçu, non pas pour le parti, mais pour elle.»

D’un côté le père...

Eric Domard adhère au FN en 1988, à 17 ans et demi, parce qu’il est à l’époque «un farouche partisan de la peine capitale, et il n’y avait que Jean-Marie Le Pen qui proposait la peine de mort pour les crimes les plus graves». Alors qu’il n’est qu’en classe de première, face à son enseignante qui organise une simulation de vote avant l’élection présidentielle, il dit déjà sa préférence pour Jean-Marie Le Pen. C’est pour lui qu’il devient salarié du parti, en 1996, et c’est pour le magazine de Jean-Marie Le Pen, Français d’Abord, qu’il travaille pendant treize ans. Aujourd’hui, dans un coin de son petit bureau de Nanterre, une affiche jaunie laisse apparaître le crâne de Jean-Marie Le Pen au-dessus d’un placard verrouillé. «Domard était bien avec Le Pen, raconte Wallerand de Saint-Just. Evidemment, après 2011 [Marine Le Pen avait alors pris la tête du parti] ça n’a plus été, Domard a défendu dans tous les cas Marine avec beaucoup de fidélité. Mais il connaît Le Pen depuis très longtemps, et il a toujours de l'estime pour lui. Nous sommes des responsables politiques, alors même si nous étions très attachés à sa personne, il a fallu faire ce qu’il a fallu faire.»

En août 2015, Jean-Marie Le Pen, ancien président et cofondateur du parti, est exclu après des entretiens à BFM-TV, RMC, et Rivarol, jugés incompatibles avec la ligne du parti. Il y déclarait notamment qu’il n’avait «jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître» et réaffirmait que les chambres à gaz étaient un «détail» de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Les relations entre le père et sa fille étaient déjà tendues depuis longtemps, Jean-Marie Le Pen reprochant à son héritière sa gestion du FN, et Marine Le Pen entamant une stratégie de dédiabolisation qui a écarté des soutiens historiques du patriarche.

Quand la sanction est tombée, Eric Domard était déjà un fidèle de Marine Le Pen, et n’a pas bronché. «Son expulsion a été une déchirure. C’était une décision douloureuse, mais absolument indispensable.» Son regard s’échappe vers le plafond. «J’en parle encore avec de l’émotion, parce que je connais les sacrifices que Marine Le Pen a fait. Je l’ai vue souffrir.» Il a la mine des chagrins d’amour. «C’était déjà douloureux pour nous, qui n’avons pas de liens familiaux avec lui, mais qu’est-ce que ça doit être pour sa propre fille...»

De l’autre, la fille

Entre Eric Domard et Marine Le Pen, une certaine distance est entretenue par le conseiller. Ils se tutoient, mais il continue à l'appeler «la Présidente». «Je ne mélange pas l’amitié et la profession; avant d’être une amie, Marine Le Pen est la présidente du FN. J’ai eu une éducation: le respect de l’autorité, de la hiérarchie, de la discipline. J’ai appris ça autant en famille qu’à l’école.» Petit, Eric Domard étudie dans une école privée tenue par des pères-maristes, à Dakar. Né de parents expatriés, il passe toute son enfance au Sénégal. A l’époque, il rêve d’être pilote de ligne. «La maison était à 800 mètres de la piste de l’aéroport. Avec mon meilleur ami, on allait en mobylette sur un monticule de terre, et on regardait les avions atterrir.» Ses parents, récemment décédés, sont alors très peu politisés. En 1988, tandis qu'Eric Domard n’a pas encore le droit de vote, il leur demande de se prononcer pour Jean-Marie Le Pen. «Ils ont suivi mes consignes de vote; ma mère pour me faire plaisir; mon père parce qu’il avait à peu près les mêmes idées.»

L’éducation plutôt stricte de ses parents en a fait un homme passionné par l’ordre, admiratif de l’autorité. En 2008, quand commence sa collaboration avec Marine Le Pen, une scène le bouleverse et exacerbe son admiration pour celle qui prendra la tête du parti. «C’était au mois de juin, il faisait très chaud. Sur le trajet vers un petit restaurant de Saint Cloud, on s’est arrêtés à un feu où il y avait un SDF qui était là tout le temps. Moi, c’est à peine si j’y faisais encore attention. J’ai vu Marine s’agenouiller, prendre sa main et lui dire: “Monsieur, est-ce que vous allez bien?” Cet événement a suscité ce début de passion infinie que j’ai pour elle.» L’émotion fait briller les yeux sombres du surnommé «Ricounet» de Marine Le Pen.

La relation qui lie Marine Le Pen à son conseiller est symptomatique, d’après Pascal Perrineau, politologue spécialiste du Front national, qui parle d’un véritable «culte du chef»: «Ce culte a toujours été assez fort dans le courant politique que l’on appelle le nationalisme. Aucun parti n’en est exempt, mais cela est renforcé dans cette famille politique, parce que l’on n’y admet pas de sensibilités différentes de celle du chef. Au FN, l’unité ne vient pas du débat entre eux, mais de la force de conviction du chef.»

Sur les murs du bureau d’Eric Domard, en plus du portrait de Marine Le Pen, celui de Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre du Pakistan, figure en bonne place à côté d’Olympe De Gouges, féministe française du XVIIIe siècle. Le patchwork est éclectique; Margaret Thatcher, ex Premier ministre britannique, côtoie son homologue israélienne, Golda Meir, et indienne, Indira Gandhi, ainsi que Chandrika Kumaratunga, ancienne présidente du Sri Lanka. Cette décoration féministe en dit long sur le personnage, fasciné par les femmes de pouvoir. «C’est une femme qui nous sortira du chaos, parce qu’avant d’être des femmes, elles sont des mères et elles ont donc un contact permanent avec la réalité. Les femmes ont le sens des responsabilités, et elles sont beaucoup plus courageuses que nous.» Des propos qui interpellent Fatima El Ouasdi, présidente de Politiqu’elles, association qui travaille sur la place des femmes en politique. «Ce féminisme essentialiste, différentialiste, qui dispose que les femmes sont dotées de qualités que les hommes n’ont pas –et inversement– va à l’encontre du féminisme qui voudrait que femmes et hommes soient sur un pied d’égalité et qu’il n’y ait pas de qualités qui soient le fruit d’une construction genrée.»

2011, le tournant

Directeur de cabinet pendant la campagne interne contre Bruno Gollnisch en 2010, Eric Domard vit la victoire de Marine Le Pen –élue avec 67% des voix– comme le moment le plus marquant de sa vie politique. «Cette victoire, pour moi, est plus forte que la victoire de 2002», ajoute-t-il. «C’était un samedi, en janvier 2011, se souvient Wallerand de Saint-Just. Les résultats devaient être connus le dimanche matin, mais ils avaient fuité dans la nuit de vendredi à samedi. En arrivant au Palais des congrès, on savait dès le départ que Marine avait gagné. Toute l’équipe s’est retrouvée assez tôt dans la matinée. On était sur un petit nuage.»

Mais les résultats créent une fracture au sein du parti. Parmi les soutiens de Bruno Gollnisch, certains ne reconnaissent pas la légitimité de l’élection. Pierre de Laubier, ancien chroniqueur à Français D’Abord, le magazine de Jean-Marie Le Pen pour lequel Eric Domard a longtemps travaillé, s’explique:

«Lors des congrès précédents, Marine Le Pen ne rassemblait que très peu de voix, notamment parce que les mégrétistes [partisans de Bruno Mégret] votaient en masse contre elle. Elle n’était au comité central que parce que son père la repêchait. Or, vous ne passez pas d’un congrès où vous êtes en repêchage à un congrès où une écrasante majorité est en votre faveur. L’élection a été totalement truquée.»

Face aux divisions internes, Eric Domard répond, comme l’ont fait tous les cadres du FN avant lui: «Pierre de Laubier fait partie de ces gens qui n'ont pas accepté la victoire de Marine Le Pen à la présidence du Front national et qui n'ont pas compris qu'en démocratie ce sont les adhérents qui décident.» Lui-même aurait choisi de «quitter le Front national si Bruno Gollnisch avait été élu». Il ajoute, dans un souffle, «j’ai continué pour Marine».

«J’ai pensé à arrêter»

La carrière politique d’Eric Domard lui a demandé des sacrifices. Il n’a d’amis qu’au FN: parmi ses plus proches, uniquement des petites mains et des cadres du parti. «On dit toujours que les amis se comptent sur les doigts d’une main, et bien Eric fait partie de cette main», confie Laurent Legoix, au service informatique du FN. Dans le même bâtiment, Catherine Griset, amie de vingt ans, qui raconte qu’ils ont «souvent des "crises de fous rires" dans son bureau !». «Tous les militants vivent leur appartenance partisane comme étant la reconstitution de cercles de confiance, qui peuvent même être une substitution de communauté familiale, analyse Pascal Perrineau. Cela se renforce dans les partis qui pensent faire l’objet d’une réprobation médiatique ou sociale. Ils se vivent, à tort ou à raison, comme étant rejetés, stigmatisés, et cela contribue à leur entre-soi, leur enfermement.» Eric Domard en est un exemple frappant.

«Lorsque vous essayez de rencontrer quelqu’un, et que vous annoncez que vous travaillez pour le magazine de Jean-Marie Le Pen, on vous répond: “ça ne va pas le faire“»

Eric Domard

«J’ai déjà pensé à arrêter, dit-il, parce qu’avoir une vie privée au FN est très difficile. Lorsque vous essayez de rencontrer quelqu’un, et que vous annoncez que vous travaillez pour le magazine de Jean-Marie Le Pen, on vous répond: “ça ne va pas le faire”». Eric Domard est homosexuel. «Ça a été une complication à l’époque.» Une source de critique, aussi, pour l’hebdomadaire d’extrême-droite Minute, qui dénonce régulièrement un «lobby gay» autour de Marine Le Pen. Eric Domard balaie ces polémiques, assurant qu’il ne veut pas faire de son homosexualité une «revendication», ou une «bannière».

Sa vocation frontiste l'a poussé à d'autres sacrifices; Eric Domard a renoncé à une carrière rêvée de journaliste sportif. Son expérience au journal But!, un stage de huit mois, entre 1991 et 1992, lui a laissé l’eau à la bouche. Marc Ambrosiano, ancien salarié de But!, aujourd’hui rédacteur en chef de Téléfoot, se souvient: «Il avait la passion de l'arbitrage. Parfois, il mimait les gestes de l'arbitre en pleine salle de rédaction.»

«C'était un personnage qui aimait bien qu’on le regarde, qu’on s’intéresse à lui, ajoute Laurent Louët, ancien rédacteur en chef de But!. Il avait une personnalité assez forte, au travers d’idées très tranchées, des convictions qu’il défendait

Mais en 1992, son service militaire interrompt son stage. Quand il revient, But! l’a remplacé, et il est au chômage. C’est à cette période qu’il décide de frapper à la porte du Front national. «Je suis adhérent depuis six ans, je voudrais travailler pour le parti», leur écrit-il. Très vite, il reçoit un appel: «Ecoutez, ça tombe bien, Bruno Mégret crée le journal Le Français et on a besoin de quelqu’un pour la page sport.»  Mais le journal meurt en huit mois. «J’avais signé de mon nom dans Le Français, et lorsque j’ai de nouveau essayé la presse sportive, j’ai compris que les portes s’étaient refermées.» Lors du seul entretien d’embauche qu’il décroche dans un petit média, le rédacteur en chef l’interroge sur son passage au Français. «J’ai commencé à sentir la sueur couler dans mon dos, le long de ma colonne vertébrale», raconte Eric Domard. Il est immédiatement mis à la porte. «C’est le pôle emploi ad vitam eternam», se dit-il. En 1995, le Front national lui propose d’intégrer la rédaction de Français d’Abord. Il accepte sur-le-champ.

Après le revers du FN aux élections législatives de 2007 –seulement 4,29% des voix au premier tour– le parti perd des subventions et est contraint de mettre fin à la publication de Français d’Abord. L’occasion pour Marine Le Pen de faire un grand ménage, selon Pierre de Laubier, ancien chroniqueur. «Martial Bild, considéré comme un traître [ce soutien de Bruno Gollnisch s’était opposé à la ligne de Marine Le Pen et Louis Aliot], est parti, et mon contrat de pigiste n’a naturellement pas été renouvelé. Mais Domard est resté. Il n’a pas eu le choix, lui était salarié du parti. Il est difficile de se recaser ailleurs une fois passé au FN, d’autant plus que Domard était assez jeune à l’époque.» En 2008, quand le journal s'arrête, Marine Le Pen propose à Eric Domard de travailler pour elle. Depuis, il est à son service. Aujourd’hui nommé au conseil stratégique de campagne, Eric Domard est mobilisé, en coulisses, pour préparer l’élection de mai prochain. Selon lui, l’offre politique à l’aube de la présidentielle est favorable à Marine Le Pen.

«Chez Les Républicains, Fillon propose un véritable programme de casse sociale; à gauche, les électeurs vont devoir voter à la primaire en se disant: “Quel candidat de gauche peut battre le candidat de droite?” Or, ce n’est ni Hamon, ni Montebourg, ni De Rugy, ni Lienemann. Si j’étais un électeur de gauche, je me sentirais très mal! D’ailleurs si Mélenchon est à 13 ou 14%, c’est parce qu’il n’y a pas d’offre...»

Dans son petit bureau de Nanterre, loin des caméras, loin de la lumière, Eric Domard se replonge dans la lecture des lettres adressées à Marine Le Pen. Lui aussi s’est déjà essayé à l’élection, en 1995. A 24 ans, il avait été élu conseiller municipal à Asnières. Il aurait pu continuer, et se hisser parmi les têtes d’affiche du FN. Mais il n’a fait qu’un mandat, «parce que ce n’est pas ce qui m’anime». Ce qui anime Eric Domard: porter Marine Le Pen à l’Elysée. Il jette un regard en arrière, vers cette photographie de Marine Le Pen montant les marches du palais présidentiel. Comme un mirage.

Cet article fait partie d'une série consacrée aux proches des candidats à l'élection présidentielle rédigée par les étudiants de l'école de journalisme de Sciences Po. Les précédents: Ali Rabeh et Mathieu Hanotin (Benoît Hamon), François Kalfon (Arnaud Montebourg).

Megane de Amorim
Megane de Amorim (2 articles)
Etudiante en journalisme en Sciences Po
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