Parents & enfants

Vous attendez des jumeaux? Vous avez raison d’avoir peur

Eric Nahon, mis à jour le 04.02.2017 à 15 h 01

Beyoncé s'est félicitée d'attendre des jumeaux sur Instagram. Mais les jumeaux, c'est compliqué.

Photo: Eric Nahon

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Quoi Beyoncé me copie? Avoir des jumeaux n’est pourtant pas si commun. Même si le nombre de naissances gémellaires a augmenté ces dernières années, elles ne représentent que 1,7 % des naissances en France en 2014. Attendre des jumeaux reste un événement extraordinaire et a-normal, Beyoncé l'a d'ailleurs annoncé de manière exceptionnelle.

Quand j’ai appris qu’au lieu d’un deuxième enfant, nous en aurions un deuxième et un troisième, je n’ai pas forcément eu peur. J’étais ignorant. Mais quand mon copain Clément, m’a envoyé un texto pour me dire qu’il allait être double papa, j’étais assez content qu’il ne voit pas ma tronche quand j’ai eu son message. Il m’a fallu un peu de temps avant de lui répondre: «wow génial, bienvenue dans la #teamdaron #teamjumeaux». Puis j’ai passé 45 minutes à essayer de le rassurer au téléphone.

Je suis papa d’une fille de 8 ans et de deux garçons de bientôt 3 ans. Et j’étais terrorisé pour mon copain; exactement de la même manière qu'un ancien collègue, père de multiples lui aussi, l’avait été pour moi et n’avait pu s’empêcher de lâcher un «ho mon pauvre!» quand je lui avais annoncé la (double) bonne nouvelle.

L'étrange grossesse

Dès le début de la grossesse, rien n’est habituel. Le suivi est TRÈS médicalisé. C’est deux fois plus de rendez-vous, d’échographies, etc. Dès le quatrième mois, l'entourage demande: «C’est pour quand?» et se mettent à vous raconter leur vie. Généralement, ils détesteraient avoir des jumeaux. Ça tombe bien, ça ne leur arrive pas à eux.

Mais surtout, surtout, #lesgens se sentent obligés de commenter tout ce que vous faîtes. Quand vous avez des jumeaux, c’est comme si vous deveniez les sujets d’une émission de télé-réalité. Déjà, quand une femme est enceinte d'un seul enfant, on se permet de l'emmerder avec son ventre, et de multiples injonctions. Imaginez quand elle en porte deux...  Les passants vous parlent dans la rue, #les gens vous plaignent dans la rue. «Ho les pauvres, y’en a deux. Et des garçons en plus!».

La véracité de vos jumeaux

Encore plus intrusifs, il y a ceux qui se sentent obligés de demander si ce sont «des vrais jumeaux». Il m’arrive souvent de répondre d’un ton peu amène: «Regardez, celui-là il est en bois et l’autre en plastique». Quand je suis plus poli, je réponds que des jumeaux, ce sont des enfants nés au même moment avec les mêmes parents. (Je hais le terme «faux jumeaux», je n’y peux rien).

Plus intrusif encore? C’est possible: de parfaits inconnus se sentent obligés de vous demander si vous les avez eus de manière naturelle. On les repère à dix kilomètres: «Et vous avez des jumeaux dans votre famille?». N’ayant pas trop envie de raconter la vie gynécologique de ma femme (elle non plus d’ailleurs), ni notre hérédité, nous avons pris le parti de mentir et de répondre des choses différentes à chaque fois. Et quand #lesgens sont trop insistants, je leur demande s’ils ont des cas de cancers héréditaires dans leur famille (et souvent je leur dit qu’ils devraient faire surveiller ce grain de beauté… oui oui, celui-là). Ça, c’est quand on est fatigué.

Parce que ça fait trois ans que nous sommes fatigués en permanence. On bosse tous les deux (beaucoup), on fait garder nos enfants pour travailler, et le reste du temps, on s’en occupe. Comme beaucoup de parents, nous sommes contents le vendredi soir d’être en week-end. Et heureux de retourner bosser le lundi. 

Des routines plus lourdes

Un réveil dans la nuit? Easy. Un biberon, un câlin. Pour la première, c'était plié en 15-20 minutes et on se rendormait. Deux réveils simultanés? La même opération ne prend pas deux fois plus de temps, mais facilement trois fois plus. Histoire de BIEN se réveiller et couper la nuit. Avoir deux enfants d’un coup n’est pas deux fois plus dur. C’est plus que ça. La poussette est trois fois plus longue (ou plus large ça dépend du modèle). Les routines sont plus lourdes et les couches sont… nombreuses.

Avoir des jumeaux, c’est aussi éponger deux fois plus de sécrétions diverses en même temps

Avoir des jumeaux, c’est aussi éponger deux fois plus de sécrétions diverses en même temps. Les économies d’échelles existent: le bain, quand y’en a pour un, y’en a pour deux (voire trois). Le repas… ha non, le repas ce n’est pas ça. Il n’est pas certain qu’ils mangent la même chose au même moment tout le temps. Ça marche aussi quand il faut les porter. Souvent vous portez les deux en même temps, c’est plus pratique. Faire de la balançoire peut aussi générer de bons moments….

 

Pour vous c'est mignon pour moi c'est galère #jumeaux #twins

Une photo publiée par Eric Nahon (@ericnahon) le


Il faut bien sûr acheter deux trottinettes (mais pas identiques), deux garages (mais pas identiques), deux poupées (vous avez compris), deux familles des mêmes figurines au cas où. Non seulement Noël et les anniversaires vous coûtent une blinde mais vous croulez sous les cadeaux (inutiles) en double. Et pitié, n’offrez pas les mêmes vêtements aux jumeaux qu’ils soient identiques ou fraternels. Ce ne sont pas des freaks.

Je vous épargnerai le reste des complaintes mais je terminerai sur le plus important: ces enfants ont été voulus. Ne passez pas votre temps à vous plaindre. On le sait, on le vit. Mais ce sont les nôtres alors ça passe (et généralement très bien). Pour un peu, ce serait les remarques des uns et des autres qui nous effraieraient plus que les jumeaux eux-mêmes.

 

Team #jumeaux mieux qu'un aspirateur robot !

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