France

On a joué la primaire de gauche avec des systèmes de vote alternatifs

Jean-Marie Pottier et WeDoData, mis à jour le 12.02.2017 à 8 h 42

Après le vote-sanction virtuel contre Nicolas Sarkozy, celui contre Manuel Valls.

Infographie: WeDoData

Infographie: WeDoData

En novembre dernier, nous vous proposions de tester des systèmes de vote alternatifs à l'occasion de la primaire de la droite et du centre remportée par François Fillon. L'expérience avait révélé, à une tout autre échelle que la vraie primaire, un vote-défouloir de nos lecteurs contre Nicolas Sarkozy. Qu'en serait-il pour la gauche? Pour le savoir, nous avons renouvelé l'expérience du 9 au 22 janvier, avec au total 6.573 participants qui ont testé trois systèmes alternatifs au classique scrutin uninominal à deux tours. Et là encore, l'aspect «défouloir» envers l'un des grands perdants du scrutin, l'ancien Premier ministre Manuel Valls, est apparu.

Notre échantillon, contrairement à celui d'un institut de sondage, n'a pas de prétention à la représentativité (autre que celle de lecteurs de Slate...): il s'agit avant tout, davantage que comparer le vote fictif avec le vote réel, de comparer les résultats des différents votes fictifs entre eux.

Voici le classement dans le cadre du premier tour «classique». De même que les lecteurs de Slate avaient plébiscité en novembre les deux candidats de droite jugés les plus à gauche (près de 70% des voix en cumulé pour Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet), ils ont cette fois-ci accordé une nette prime à Benoît Hamon (dix points de plus que dans le vrai vote) au détriment du candidat faisant figure de «sortant», Manuel Valls (seize points de moins):

1. Benoît Hamon 46,5%
2. Arnaud Montebourg 16,1%
3. Manuel Valls 15,1%
4. Vincent Peillon 11,8%
5. Sylvia Pinel 5,7%
6. François de Rugy 3,0%
7. Jean-Luc Bennahmias 1,8%

Nous offrions aussi à nos lecteurs la possibilité de classer les candidats de 1 à 7 dans le cadre du système du «vote alternatif», notamment pratiqué pour l’élection présidentielle irlandaise ou les législatives australiennes. Comme c'est logique, le classement des premières places est très proche de celui du premier vote:

1. Benoît Hamon 51%
2. Arnaud Montebourg 15%
3. Manuel Valls 14%
4. Vincent Peillon 11%
5. Sylvia Pinel 5%
6. François de Rugy 3%
7. Jean-Luc Bennahmias 2%

Quand on additionne le classement des premières et deuxièmes places, Vincent Peillon passe devant Manuel Valls: le Premier ministre a plus de partisans «acharnés» que l'ancien ministre de l'Éducation nationale, mais fait plus rarement figure de second choix possible. Respectivement 73% et 44% des sondés mettent Benoît Hamon et Arnaud Montebourg dans leurs deux premiers choix, contre 72% et 58% pour Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet lors de la primaire de droite –les choix possibles se sont un peu plus éparpillés.

1. Benoît Hamon 73%
2. Arnaud Montebourg 44%
3. Vincent Peillon 31%
4. Manuel Valls 23%
5. Sylvia Pinel 13%
6. François de Rugy 10%
7. Jean-Luc Bennahmias 7%

Si l'on se livre à un concours d'impopularité en regardant les dernières places, Manuel Valls arrive nettement en tête, et Benoît Hamon bon dernier. En revanche, Vincent Peillon recueille un peu moins de dernières places qu'Arnaud Montebourg, qui le devançait dans les précédents classements.

1. Manuel Valls 40%
2. Jean-Luc Bennahmias 20%
3. François de Rugy 13%
4. Sylvia Pinel 9%
5. Arnaud Montebourg 8%
6. Vincent Peillon 6%
7. Benoît Hamon 4%

Si l'on propose aux lecteurs de simplement dire s'ils «approuvent» ou non chacun des candidat, sans devoir les comparer entre eux, Manuel Valls est également en mauvaise posture, puisque moins d'un quart des votants l'approuvent, à peine plus que Jean-Luc Bennahmias. Les scores d'approbation ne montrent pas une approbation plus nette que pour la primaire à droite (les deux premiers recueillaient alors deux tiers de «oui» chacun), mais en revanche une désapprobation moins nette (en novembre, les trois derniers passaient sous les 10%).

1. Benoît Hamon 76,3%
2. Arnaud Montebourg 51,5%
3. Vincent Peillon 48,4%
4. Sylvia Pinel 40,2%
5. François de Rugy 26,8%
6. Manuel Valls 24,8%
7. Jean-Luc Bennahmias 23,6%

Dans le même esprit, mais en plus fin, nous vous avions aussi proposé de donner une note de 1 à 5 à chaque candidat sous forme de smileys. Si l'on se fie aux deux notes les plus élevées, là encore, Benoît Hamon arrive en tête (69,9%) devant Arnaud Montebourg (43,1%) et Manuel Valls arrive dernier. Mais si l'on regarde le pourcentage recueilli sur les trois notes les plus élevées, on constate que les «petits» candidats améliorent nettement leur score grâce à un «marais» d'électeurs qui leur attribuent tout juste la note moyenne.

1. Benoît Hamon 69,9% / 83,2%
2. Arnaud Montebourg 43,1% / 67,4%
3. Vincent Peillon 34,6% / 68,4%
4. Sylvia Pinel 21% / 67,9%
5. Manuel Valls 17,6% / 32,1%
6. François de Rugy 14,0% / 57,9%
7. Jean-Luc Bennahmias 9,9% / 55,6%

Si vous voulez en savoir plus sur le making of de nos applications, vous pouvez lire le post de Nicolas Bœuf, de WeDoData, sur Medium.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (938 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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WeDoData (13 articles)
Studio de design d’informations, aimant particulièrement sonder les tableurs de données pour les rendre graphiques, pédagogiques et interactives
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