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Automobile: le GPS fait toujours mieux

Didier Laurens, mis à jour le 28.11.2009 à 9 h 23

Les ventes d'applications GPS pour téléphones mobiles vont se multiplier avec les fêtes. Voilà quelques repères utiles avant de prendre le volant.

Si les ventes d'applications GPS intégrées aux véhicules neufs progressent, celles des applications satellitaires pour smartphones explosent: malgré la crise, on estime que les ventes mondiales de téléphones mobiles avec GPS embarqué devraient progresser de 34% en 2009 pour atteindre 75 millions d'unités. L'achat des logiciels de navigation étant, par ailleurs, porté par la vogue des PDA et autres smartphones.

Les smartphones sont, à l'instar du célèbre iPhone d'Apple, des portables intelligents donnant accès à internet et capables de faire tourner des applications téléchargées. Convergence oblige, ces terminaux se rapprochent de plus en plus d'un ordinateur de poche et font aussi du GPS. On les trouve derrière les pare-brises de plus en plus de voitures.

Certains analystes estiment que d'ici quelques années, ces portables multi usages feront une concurrence sévère au marché des navigateurs GPS portables »dédiés«, ou Portable Navigation Device (PND), mono usage, vendus entre 200 et 350 euros pour le milieu de gamme.

Surfant sur cette tendance favorable aux produits multitâches, Garmin vient de sortir en collaboration avec le coréen Asus un téléphone (NuviPhone G 60) spécialement conçu pour le guidage satellitaire. Cher, ce modèle, tarifé 599 euros sans subvention, est commercialisé en parallèle aux PND de la marque américaine. C'est un marqueur de l'évolution du marché.

Et ce n'est sans doute qu'un début car, dans  quelques mois, le marché des applications GPS pourrait basculer dans la sphère de la gratuité si l'on s'en fie aux promesses de Google.  Le géant américain a prévu d'étendre son système GPS fonctionnant sous Androïd et ses propres téléphones, aux systèmes d'exploitation des autres mobiles «intelligents». Bref, de le rendre miscible avec toutes les marques, Apple compris si la firme de Cupertino accepte, ce qui serait étonnant puisqu'elle commerce déjà avec TomTom.

Pour guider l'utilisateur, Google Maps Navigation (GMN) qui ne fonctionne pour le moment qu'aux Etats-Unis, se base sur Google Maps, le service de cartographie de Google. Le logiciel permet l'affichage en mode satellite ou de basculer en mode Street View qui donne la possibilité d'avancer dans un univers en 3D réaliste. Cerise sur le gâteau, ce programme peut-être aussi piloté par la voix et propose des informations sur les conditions de trafic, mises à jour en temps réel.

Le talon d'Achille de Google Maps est d'être un système «off-board»:  les cartes utilisées ne sont pas embarquées, mais elles se téléchargent eu fur et à mesure de la navigation. Ce qui implique de disposer d'une connexion 3G ou wifi. Pas pratique quand on circule au fin fond de l'Ardèche... Mais, pour les urbains se déplaçant dans une zone bien couverte, Google navigation constituera une bonne alternative aux applications GPS payantes, généralement facturées une bonne centaine d'euros.

Faut-il pour autant renoncer à l'achat d'un PND traditionnel? Pas si sûr. Car l'utilisation d'un smartphone n'est pas si commode qu'il y paraît.

Physiquement, d'abord. S'il est aisé de télécharger une application, reste ensuite à l'utiliser une fois installé au volant. Et c'est là que le bât blesse puisque, sauf à scotcher le téléphone sur le pare-brise, rien n'est prévu en termes de fixation. Il faut donc acheter un pied. Coût: environ 50 euros pour un support de qualité moyenne avec ventouse et fonction main libres.

L'utilisation d'un support peut être également rendu indispensable pour des raisons techniques. Ainsi, la puce embarquée par l'iPhone, n'est pas assez puissante pour permettre un guidage GPS précis. Du coup, l'utilisateur de l'application TomTom est contraint d'acheter un kit vendu avec un récepteur GPS plus puissant. Ce pied, qui intègre différentes fonctionnalités, est tout de même facturé près de 100 euros. Quand on y ajoute le prix du logiciel, on arrive à un tarif de 200 euros, ce qui place l'ensemble au-delà du prix d'un PND équipé d'un écran plus grand, plus confortable. Car, et c'est un vrai problème, l'utilisation des smartphones au volant n'est pas commode en raison de la faible diagonale des écrans. En dessous de 3,55 pouces, on ne voit pas grand-chose. Et à moins de 3 pouces, rien du tout, à fortiori quand les détails fourmillent.

Pour contourner ce problème, les fabricants de logiciels jouent notamment sur la clarté des graphismes. Tous ne se valent pas. Il est donc préférable d'examiner le visuel des différentes applications avant de faire un choix. Et, sans perdre de vue qu'une fois collé sur un pare-brise, le mobile pendra une proportion lilliputienne.

Faute d'une visualisation suffisante, c'est à l'oreille et aux fameuses indications verbales («Au rond-point, prenez la première sortie à droite», etc....)  que la plupart des conducteurs se raccrochent. Et, là aussi, les déconvenues sont fréquentes tant les haut-parleurs des mobiles donnent un son de piètre qualité. La solution est d'acheter un pied équipé d'un HP d'appoint ou, pour les bricoleurs, de relier le système à la sonorisation de la voiture, grâce à des câbles auxiliaires.  Il va de soit que le support doit également permettre la recharge du mobile car les applications GPS sont énergivores.

Pour entrer les données de navigation, certains logiciels commencent à fonctionner à la voix, mais la programmation tactiles est la norme, ce qui discrédite les appareils à touches mécaniques. Pour le reste, pas de problème: les solutions de navigation pour téléphone mobile sont aussi performantes que celle des GPS mobiles. Le temps de calcul pour un itinéraire est court et les recherches d'adresse rapides. Même le temps d'acquisition des positions est équivalent à celui d'un PND si la puce GPS est à la hauteur.

Avant d'acquérir une application GPS, mieux aussi se documenter sur la gratuité des mises à jour, d'abord pour les cartes, bien sûr, mais aussi pour la base radar.

Afin de couper l'herbe sous le pied, de Google, certains fabricants, comme TomTom proposent une mise à jour gracieuse de cette base radar alors qu'elle est payante (environ 30 euros) pour leurs PND traditionnels.

Reste à s'assurer que cette base radar est réactualisée régulièrement. Gare: courant 2010, il n'est pas exclu que les pouvoirs publics fassent démonter les panneaux indiquant la présence d'un radar pour les remplacer par des indications plus vagues et mentionnant seulement la traversée d'une «zone radar».  Si cette mesure se concrétise, disposer de données fraîches pour éviter les coups de flash en cas de faute d'inattention, deviendra tout simplement indispensable.

Didier Laurens

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Image de Une: Un modèle basique de GPS en voie de disparition Rick Wilking / Reuters

 

Didier Laurens
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