Monde

Où vont les dictateurs en exil?

Temps de lecture : 2 min

Où aller quand on n'est plus le bienvenue dans son pays?

Yahya Jammeh quitte la Gambie, le 21 janvier 2017. STRINGER / AFP
Yahya Jammeh quitte la Gambie, le 21 janvier 2017. STRINGER / AFP

Où aller quand, après avoir occupé les plus hauts postes du pays, on n'y est plus vraiment en odeur de sainteté? Deux chercheurs ont décidé de comprendre où les anciens dictateurs partaient en exil. En remontant à 1946, Daniel Krcmaric et Abel Escribà-Folch ont découvert que 52 pays ont accueilli des dictateurs, et que «les destinations principales étaient les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, l'Argentine et la France», écrivent-ils dans le Washington Post.

«L'histoire nous raconte que l'exil a souvent été utilisé comme un outil politique pratique que les acteurs internationaux utilisent pour que les “mauvais” leaders quittent le pouvoir.»

Anciens colons

Au fil de leur analyse, qui doit être publiée prochainement dans le Journal of Politics, ils ont découvert plusieurs facteurs qui influencent les endroits où choisissent de fuir les dictateurs. Ils notent ainsi dans leur abstract que les liens transnationaux ou la proximité géographique des États qui vont potentiellement accueillir ces dictateurs influencent leur choix. Mais dans leur article, ils expliquent avoir fait des découvertes intéressantes.

«Tout d'abord, un nombre écrasant de dictateurs de pays en voie de développement cherchent exil dans le pays de leurs anciens colons. Ensuite, les dictateurs en fuite ont tendance à éviter les états démocratiques –sauf si cette démocratie est un allié de pouvoir majeur.»

Effet dissuasif

Il faut dire que depuis la fin de la Guerre froide, les dictateurs ont de plus en plus de mal à se trouver un petit coin de paradis, car les grandes puissances ne sont plus incitées à les accueillir. Et ceux qui étaient au pouvoir lors d'atrocités sont de plus en plus jugés, ce qui explique pourquoi nombre d'entre eux préfèrent rester au pouvoir quitte à mener des guerres civiles sur des périodes plus longues, comme dans les cas du Libyen Mouammar Kadhafi et du Syrien Bachar el-Assad, précisent les auteurs.

«C'est le point négatif de cette responsabilité mondiale. Mais on lui trouve un bénéfice: les chefs d'État savent désormais que violer les droits de l'Homme diminuera le nombre d'options de fuites, et par conséquent, la justice internationale a un effet dissuasif.»

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