Sciences

«Yuan bei» ou «gigil»: ces émotions intraduisibles qui nous habitent

Temps de lecture : 2 min

Il existe de nombreuses émotions que nous éprouvons, mais pour lesquelles nous n'avons pas de mots précis. Voici quelques pistes venues du monde entier pour enfin mettre un nom sur ce que vivez.

«Summer Joy» | Dmitry Kichenko via Flickr CC License by
«Summer Joy» | Dmitry Kichenko via Flickr CC License by

Sans le savoir, vous vous êtes probablement déjà senti quelque peu «mbuki-mvuki», cette envie pressante de vous débarrasser de vos vêtements pour danser dans de meilleures conditions. Peut-être vous êtes-vous déjà également senti «uitwaaien», cette sensation de bien-être éprouvée en vous promenant face au vent.

Si, à première vue, ces mots ne vous évoquent pas grand chose, c'est normal. Ils figurent parmi les nombreuses émotions qui, bien qu'éprouvées par tout un chacun au moins une fois sa vie, ne bénéficient pas de traduction littérale dans la langue française ou même dans les dictionnaires anglophones, écrit la BBC.

Ces mots sont ce que Tim Lomas, chercheur de l'université d'East London en Angleterre, appelle des émotions «intraduisibles». Tirées de dialectes, de langues bantoues ou de langues étrangères, ces expressions se traduisent par des émotions bien réelles mais négligées par la langue française ou anglaise.

Traduire l'intraduisible

À travers son projet Positive Lexicography Project, ce dernier tente de répertorier toutes les expressions synonymes de bien-être à travers le monde afin que nous puissions les intégrer à notre propre quotidien. Apprendre à identifier ces expériences et à se les approprier serait ainsi, selon lui, un excellent moyen de tendre vers une vie meilleure et plus agréable.

«Ils offrent une autre manière de voir le monde», dit-il.

Le projet de Tim Lomas est né après sa découverte du mot «sisu», un concept finlandais qui symbolise «une extraordinaire détermination à affronter l'adversité». Un terme «intraduisible» dans la mesure où –bien qu'il s'en approche– ce dernier va symboliquement bien plus loin que des mots comme «résilience» ou «persévérance», précise-t-il. L'idée de recenser ces mots et expressions inconnus s'est donc rapidement imposé, à ses yeux, comme indispensable.

Un petit lexique

Les résultats de ses recherches, qu'il poursuit encore aujourd'hui, sont disponibles sur son site internet. En attendant de vous plonger dans cette mine d'or lexicale, nous vous en avons sélectionné quelques-uns, pour vous faire une idée.

> Desbundar (du portugais): perdre sa timidité et se laisser aller à la désinhibition lorsqu'on prend du bon temps.

> Gigil (du tagalog): une envie soudaine de secouer ou de pincer quelqu'un que vous aimez ou que vous adorez.

> Yuan bei (du mandarin): un sentiment complet et total d'accomplissement.

> Iktsuarpok (de la langue inuite): un sentiment d'anticipation que l'on ressent lorsqu'on attend la visite de quelqu'un, notamment lorsqu'une personne se rend à l'extérieur pour vérifier si celui-ci est en train d'arriver ou non.

> Pihentagyú (du hongrois): une expression qui décrit quelqu'un vif d'esprit, capable de trouver une plaisanterie ou une solution très rapidement.

> Saudade (du portugais): un sentiment de mélancolie ou de nostalgie pour une personne, un lieu ou quelque chose de lointain, dans l'espace ou dans le temps.

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