Monde

Italie: la pause déjeuner défendue becs et ongles

Slate.fr, mis à jour le 26.11.2009 à 14 h 56

Lunch par Fabio Bruna via Flickr

Lunch par Fabio Bruna via Flickr

Une sortie gouvernementale fait scandale dans la péninsule et agite la presse italienne. Pour une fois, il ne s'agit pas des frasques sexuelles de Berlusconi, mais d'une remise en cause d'une saine habitude de nos voisins transalpin: leur pause déjeuner longue et gourmande, qui commence vers 13h et se prolonge volontiers jusqu'à 15h.

Le ministre chargé de la Mise en œuvre du programme gouvernemental, Gianfranco Rotondi, a osé la remettre en cause.«La pause du déjeuner nuit au travail. C'est un rite qui bloque tout le pays» , avait-il lancé lundi 23 novembre. Le ministre réagissait aux résultats du rapport du projet "Food" créé par l'Union Européenne sur les habitudes alimentaires des salariés à l'heure du déjeuner. Lui-même a expliqué qu'il sautait le déjeuner depuis des années et travaillait très bien pendant cette plage horaire. Il a cité comme «exemple» les États-Unis, le Royaume Uni, la France, l'Allemagne, où l'on mange en émiettant son sandwich sur son clavier d'ordinateur ou debout entre deux portes.

Tollé chez les syndicats: «Une énième attaque aux droits des travailleurs», s'est également insurgé dans le quotidien Repubblica, Michele Gentile, un dirigeant du syndicat Cgil, principale organisation syndicale italienne avec plus de 5 millions d'adhérents. «Puisque nous y sommes, abolissons également ce fastidieux rituel du sommeil», a ironisé un autre responsable syndical, Carlo Podda, dans le Corriere della Sera.

Certains ont distribué gratuitement des pâtes, d'autres ont pointé du doigt l'exemple donné par les parlementaires, qui jouissent à la buvette du Parlement de plats et spécialités à des prix ridicules, et ne pointent pas avant et après la pause déjeuner. La plupart des Italiens eux plébiscitent les restaurants de quartier traditionnels: 44% des Italiens y déjeunent, quand 36% profitent de la cantine de leur entreprise. Beaucoup rentrent aussi chez eux.

Ces arguments ont fait reculer le ministre qui est prêt à laisser le choix aux travailleurs. Il a tout de même pris une décision symbolique: faire fermer la buvette de la Chambre des députés.

[Lire l'article complet sur le Corriere della Serra]

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Image de une: Lunch par Fabio Bruna via Flickr

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte