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Si toutes les bombes nucléaires du monde explosaient d'un seul coup…

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 27.01.2017 à 8 h 37

Repéré sur IFL Science, New York Times, CBTO, ICAN

Disons-le clairement: le résultat serait assez catastrophique.

Le test nucléaire «Baker Shot» en 1946  | U.S. Army via Wikimedia CC Domaine public

Le test nucléaire «Baker Shot» en 1946 | U.S. Army via Wikimedia CC Domaine public

Quelques semaines avant de prendre officiellement les rênes de la Maison-Blanche, Donald Trump estimait qu'il était nécessaire que les États-Unis accroissent leur «capacité nucléaire» tant que le monde «n'aura pas retrouvé la raison» dans ce domaine.

Le tout, par l'intermédiaire d'un simple tweet:

«Les États-Unis doivent grandement renforcer et accroître leur capacité nucléaire tant que le monde n'aura pas retrouvé la raison dans le domaine des armes nucléaires.»

Plus tôt, en avril 2016, il n'avait par ailleurs pas exclu l'idée de frapper l'État islamique avec l'arme nucléaire et même, s'il s'y retrouvait contraint, l'Europe. Je n’exclus rien, affirmait-il dans une interview. L’État islamique frappe et vous ne vous défendriez pas avec des armes nucléaires? Alors pourquoi on en construit?».

Nous sommes donc ici bien loin des positions défendues par Barack Obama qui, en 2009, avait plaidé pour un monde sans armes nucléaires. Dernière illustration en date: l'inquiétude de la Corée du Sud qui estime que la Corée du Nord disposerait d'assez de plutonium pour fabriquer dix bombes nucléaires.

Une explosion puis le blast

C'est ce contexte particulièrement tendu qui a probablement inspiré le site IFL Science à imaginer un scénario pour le moins catastrophique: que se passerait-il si toutes les bombes nucléaires fabriquées sur Terre explosaient en même temps? Le site dresse d'abord un état des lieux succinct de l'arsenal nucléaire déjà existant sur notre planète: au total, 14.900 têtes nucléaires, selon l'ICAN, la campagne internationale pour l'abolition de l'arme nucléaire. 6.800 aux États-Unis, 7.000 en Russie, 260 en Chine, 215 au Royaume-Uni ou encore 300 en France.

Bien que toutes ces bombes n'aient pas la même portée, ni la même intensité, IFL Science rappelle, à titre d'exemple, que les États-Unis disposent de la B83 –une bombe thermonucléaire ou «bombe H»– qui représente l'équivalent de 79 bombes atomiques «Little Boy» comme celle d'Hiroshima.

Le scénario étudié par IFL Science ne prend en compte que les arsenaux russes et américains, c'est-à-dire 13.800 bombes au total. Il part également du principe que toutes les têtes nucléaires sont équivalentes à des bombes B83 et que, au moment de l'explosion fictive, elles sont équitablement réparties sur l'ensemble de la surface de la Terre. Ces bombes anéantiraient immédiatement 94 km2 de terre, ajoute le site.

Mais, spoiler, ce n'est rien par rapport à ce qui arrive ensuite.

Le blast soufflerait, quant à lui, 232.000 km2. de terres. L'équivalent de 295 villes de la taille de New York serait réduit en poussière. «Une boule de feu de 79.000 km2 anéantirait tout ce qui se trouve sur son passage et n'importe qui dans sur une surface de 5,8 millions de km2 souffriraient de brûlures au troisième degré», note IFL Science. Dans le plus optimiste des scénarios, des centaines de millions de personnes, voire des milliards, périraient dans l'heure.

Et après?

Les survivants vivront ce qu'on appelle un «hiver nucléaire». Un refroidissement global et durable, conséquence des millions de tonnes de fumées, de poussières et de débris propulsés dans l’atmosphère après l’explosion des bombes atomiques.

«Un hiver nucléaire est essentiellement la même chose [qu'un hiver volcanique], à la différence près que le monde ne va pas seulement se refroidir, mais que les particules dans l'air, similaires à des cendres, seront radioactives. Respirez suffisamment de cette matière et vous mourez rapidement.»

Ainsi, si toutes les bombes nucléaires explosaient en même temps, la Terre serait plongée dans le noir. Les températures chuteraient drastiquement. Seules les plantes les plus robustes resteraient en vie, ce qui induirait un anéantissement de la chaîne alimentaire. Les espèces, y compris la notre, se confronteraient à un phénomène d'extinction de masse. Pour les –pas vraiment chanceux– survivants, il faudra apprendre à vivre dans un monde totalement irradié.

Vous l'aurez compris, le scénario n'est pas vraiment souhaitable. Espérons donc, comme le dit IFL Science en conclusion de son article, que Donald Trump n'utilise pas le bouton nucléaire aussi impulsivement que son téléphone lorsqu'il décide de poster un tweet.

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