Culture

Les acteurs porno pleurent leur départ de San Francisco

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 26.01.2017 à 15 h 51

Repéré sur The Guardian

Les studios du Kink étaient l'un des symboles de l'ouverture de la ville américaine. Ils fermeront en février.

Pay No Attention to... | Lynae Zebest via Flickr CC License by

Pay No Attention to... | Lynae Zebest via Flickr CC License by

Il y a un peu moins de deux ans, nous vous faisions visiter le château des studios Kink, dédiés au cinéma porno et, plus particulièrement, aux films sado-masochistes. Le Guardian nous apprend aujourd’hui qu’en février, l’Amurerie de San Fransisco accueillera son dernier tournage. Une nouvelle «déchirante» pour l'actrice Lorelei Lee:

«Dans une ville qui perd autant de ressources pour les artistes, les homosexuels et les travailleurs du sexe, c’est très triste de faire face à une telle perte.»

Kink.com continuera cependant à diffuser des vidéos sur son site. Créée en 1997 par l’Anglais Peter Acworth, l’entreprise s’était installée dans le château historique en 2006. Le site s’était ensuite enrichi d’une antenne dédiée aux actualités, et d’une page de lives. Depuis, le studio a accueilli un nombre très important de tournages, et beaucoup d’acteurs y ont débuté leur carrière. Arabelle Raphael en fait partie:

«Il y a tant d’entre nous qui sortent de Kink, et ont commencé ici. Beaucoup ont débuté leur voyage BDSM avec elle.»

«La fin d'une ère»

L’une des particularités de Kink –dont la devise était de «démystifier et célébrer les sexualités alternatives, en diffusant le plus éthique et authentique divertissement d’adultes»– tenait à son respect de règles bien définies. Ainsi, les acteurs étaient interviewés après chaque performance dans le but de briser les tabous existant autour du fétichisme.

L’entreprise a néanmoins dû faire face à de nombreux soucis. Quelques acteurs se sont plaints de mauvais traitements, et le studio a souffert de l’affaire James Deen, qui a éclaboussé l’industrie du porno. Sans compter des attaques de la part du gouvernement, concernant des tournages sans préservatifs; ou bien des offensives venant d’associations anti-porno.

Cette fermeture est également symptomatique de la transformation que connaît San Fransisco depuis quelques années. En conflit avec des entreprises comme Airbn’b, la ville connaît une gentrification de plus en plus forte. Et a perdu de nombreux bars et personnes  LGBT. Arabelle Raphael déclare à ce propos:

«On dirait que nous sommes en train d’assister à la mort de San Fransisco. Ça ressemble à la fin d’une ère.»

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