Santé / Sciences

Comment évalue-t-on la douleur?

Temps de lecture : 2 min

Les médecins ont besoin d'évaluer la souffrance physique de leurs patients afin de les traiter, et ont donc développé des outils dans ce sens. Allant même jusqu'à s'inspirer des jeux vidéo.

Lego splitting headache | Matt Brown via Flickr CC License by
Lego splitting headache | Matt Brown via Flickr CC License by

La douleur étant invisible à l’œil nu, il est strictement impossible de l’évaluer ou de l’expliquer précisément. S’ils veulent soigner leurs patients, les médecins doivent pourtant avoir une idée de ce que ressentent ces derniers, et ont donc effectué nombre de tests afin de connaître les origines des maux, et savoir comment les évaluer. Dans un long article, le Guardian fait état de ces méthodes.

Les premiers travaux significatifs sur le sujet remontent aux années 1960/1970 par deux médecins, Torgerson et Melzack. Ce dernier demande notamment à ses patients de classifier leur douleur en trois grandes parties. D’abord, le sensoriel (dans lequel on compte «chaleur», «battements» ou «martèlements»), ensuite l’affectif (par exemple «fatiguant», «exténuant», «écœurant»), et enfin les adjectifs qui servent à évoquer une expérience («horrible», «troublant», «ennuyeux» …). S'il est parfois difficile de clairement distinguer ces différents champs, la liste a fortement inspiré le questionnaire de McGill.

L’une de ses variantes consiste à évaluer la souffrance physique en fonction d’adjectifs, et d’une note allant de 0 à 10. Seulement, tout dépend de l’expérience de la personne concernée. La note maximale accordée par les femmes qui ont déjà accouché étant par exemple de 4 pour toute autre douleur. Le professeur Stephen McMahon, qui travaille au London Pain Consortium, affirme ainsi:

«Il y a beaucoup de problèmes liés à cette notation de la douleur. Je crois que cette obsession des chiffres est une sur-simplification de la chose. […] C’est un exercice un peu vain puisque nous ne capturons qu’une partie de la dimension de la douleur.»

Les avancées technologiques

Aujourd'hui, on tend à différencier douleurs passagère et chronique. Les problèmes de dos, qui ont considérablement augmenté en quinze ou vingt ans avec l'arrivée des ordinateurs au travail, en font partie. Résultat, de nouveaux paramètres sont pris en compte.

«Nous essayons aussi de comprendre la vie du malade, ses habitudes de sommeil, son travail, son appétit. Cela ne concerne pas seulement la santé du patient mais aussi son environnement», confie le docteur Al-Kaisy au Guardian.

L’hôpital Guy’s And St Thomas’ propose ainsi un programme pour ceux qui n’ont pas pu guérir leur douleur chronique. Les patients sont suivis pendant cinq semaines. En dehors des opiacés, les médecins se servent beaucoup de la neuromodulation. Il s'agit de distraire certaines zones du cerveau en stimulant d’autres parties du corps par le biais de petites décharges électriques. Al-Kaisy a connu beaucoup de succès grace à cette méthode, en visant notamment la colonne vertébrale.

La neuro-imagerie peut également être très utile afin d’évaluer l’intensité de la douleur du malade et de la traiter en conséquence. Elle permet de donner au patient une image précise, réelle et quasi-palpable de sa souffrance. Irene Tracey, à la tête du département des neurosciences de l'université d'Oxford, en a fait sa spécialité. Elle note à ce propos:

«L'industrie des jeux vidéo a diffusé l'idée que, quand le cerveau est utilisé, il génère des activités électriques. La technologie se développe très vite grâce à eux, et nous pouvons l'utiliser de manière médicale.»

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