Monde

Trump a vendu un remède de charlatan aux Américains

Alan Levinovitz , traduit par Yann Champion, mis à jour le 30.01.2017 à 6 h 43

Le problème est que, quand un remède miracle ne marche pas, les patients ne se retournent jamais contre celui qui leur a vendu.

Illustration du Joueur de flûte de Hamelin, via Wikipedia,  Licence CC

Illustration du Joueur de flûte de Hamelin, via Wikipedia, Licence CC

«Lock her up!» («Enfermez-la!») C’est ce que les supporters de Trump clamaient tous en cœur lors de ses meetings. Les plus vindicatifs l’avaient imprimé sur des t-shirts, des casquettes et sur les mugs destinés à recevoir les liberal tears, les «larmes des progressistes». «Lock her up!», c’était plus qu’une demande. C’était un mantra.

Pourtant, rien ne sera fait pour mettre Hillary Clinton en prison.

«Ça, c’était bon avant les élections» a ironisé Donald Trump lors d’un de ses meetings de «remerciement»/autocongratulation, invitant la foule à se taire avec une série de gestes typiquement «trumpesques», à la manière d’un jeteur de sorts. «Aujourd’hui, on s’en fiche».

Et ça a marché. Les partisans ont souri et se sont tus.

«Drain the swamp!» («Videz le marigot!»), autre mantra clamé à tout va par les supporters de Trump évoquait le fantasme nostalgique d’une Amérique purifiée qui retrouverait sa grandeur en se débarrassant des puissants et de la corruption.

Mais force est de constater que le marigot n’est pas prêt d’être asséché. Au contraire, le voilà encore un peu plus encrassé par des donateurs milliardaires, soigneusement sélectionnés pour le président milliardaire par des responsables depuis longtemps en poste à Washington. Toutes ces personnes vivent dans une bulle si isolée du monde que certains ont eu besoin de briefings pour connaître le prix du litre de lait.

«Il va avoir besoin de personnes pour le guider dans ces eaux boueuses, a déclaré Trent Lott, ancien sénateur républicain devenu lobbyiste. Nous sommes prêts à cela

Et voilà comment les partisans de Trump se retrouvent obligés de revenir sur leurs principes. «S’il lui faut faire appel à des gens du marigot pour rendre sa grandeur à l’Amérique… pourquoi pas?» explique Fred Harris, un électeur de Trump de 42 ans qui avait scandé le slogan en chœur avec les autres lors d’un meeting en Pennsylvanie.

Beaucoup de personnes espèrent que les partisans de Trump vont lui demander des comptes. Qu’ils vont lui demander de tenir ses promesses en matière d’emploi ou de couverture santé universelle (et que lorsqu’ils constateront que ces promesses n’ont pas été tenues, leur fervent soutien se transformera en colère d’avoir été dupés, ce qui vaudra quelques soucis à Trump et finira par lui coûter sa réélection).

Les illusions à perdre

Trump ne guérira rien. Mais ses partisans trouveront toujours un moyen de l’excuser

C’est se bercer d’illusions. L’ascension au pouvoir de Trump a suivi une trajectoire similaire à celle des charlatans qui vendent des remèdes miracles aux désespérés –un monde triste et étonnant que j’ai longtemps étudié. Tout comme eux, Trump ne guérira rien. Mais ses partisans trouveront toujours un moyen de l’excuser.

Voyez, par exemple, comment «l’archevêque» Jim Humble (un ancien chercheur d’or qui prétend être le descendant d’une lignée d’extraterrestres) est parvenu à persuader certains parents de gaver leurs enfants autistes de Master Mineral Solution, substance qui se transforme en une forme très dangereuse de javel industrielle dès lors qu’elle est activée par de l’acide citrique. Ou encore les évangélistes de la thérapie de «Gerson», qui convainquent des patients atteints de cancers de dépenser des milliers de dollars pour aller se «détoxifier» à l’aide de jus bio dans une clinique de Tijuana, au Mexique, en dépit de toutes les études qui ont démontré l’inefficacité du traitement (ce qui n’est guère étonnant vu qu’il ne fut pas développé par des oncologues, mais par un médecin du début du XXe siècle dénommé Max Gerson afin de soigner la tuberculose –ce qui ne donna pas non plus de résultat).

Lorsque les gens misent gros sur des remèdes miracles qui ne donnent aucun résultat, ils ne se retournent que très rarement contre le remède ou celui qui leur a vendu. Au lieu de cela, ils rationalisent leur égarement, afin de sauver la face, restent pleins d’espoir et mettent en avant leur personnalité qui les pousse à rejeter courageusement le statu quo.

A la recherche des miracles

Le lien entre Trump et les marchands de solutions médicales douteuses ne pourrait être plus clair. Le président américain recherche activement leur compagnie —de Robert F. Kennedy Jr., qui est contre les vaccins, au Dr. Oz, dans l’émission duquel Trump a affirmé ne rien cacher sur sa santé. Ils étaient faits pour s’entendre: Trump est l’incarnation des thérapies douteuses qu’Oz a déjà prônées (régime «miracle» aux haricots, magnétiseurs, etc.) et l’on peut même avancer qu’il ressemble à Oz: un showman qui balance des demi-vérités et des pensées magiques à un public plein d’attentes.

Pour ceux qui rejettent les faiseurs de miracles de ce type, le tableau ne manque jamais d’étonner. Un docteur dénommé Oz qui veut vous faire croire aux miracles? Sérieusement? Ce serait comme un pasteur dénommé Dollar qui demanderait à ses fidèles de lui payer un jet privé ou un narcisse patenté vivant dans un appartement plaqué à l’or fin qui souhaiterait devenir président des États-Unis. Qui pourrait les prendre au sérieux? Il faudrait être fou, pas vrai?

C’est ce que je pensais jusqu’à ce que, il y a une dizaine d’années, mon père m’appelle pour me demander si j’avais déjà entendu parler du «zapping». Il m’expliqua qu’une amie proche de la famille, qui souffrait de multiples problèmes chroniques de santé, s’était tournée vers une machine thérapeutique incroyablement dénommée «Zapper» («zappeur»). L’appareil avait été conçu par Hulda Clark, une naturopathe qui avait écrit des livres avec des titres tels que La Cure de toutes les Maladies ou La Cure de tous les Cancers, avant de mourir en 2009… d’un cancer du sang et de la moelle osseuse.

Cette amie de la famille dont me parlait mon père était infirmière et la veuve d’un médecin. Une femme intelligente, réfléchie, éduquée… et voilà qu’on la retrouvait à se «zapper» avec un appareil censé prévenir la maladie qui avait tué son inventrice. Je me souviens avoir accueilli sa décision avec autant d’incrédulité que j’en ai aujourd’hui pour les gens qui ont voté Trump. Comment avez-vous pu vous laisser berner par ça? Mais le fait est qu’il n’y a pas que les fous qui sont victimes de ce type de décisions. La popularité d’Oz ne peut s’expliquer par un simple manque d’esprit critique. Et il n’y a pas que des racistes, des misogynes, des ignorants et des personnes en situation de détresse économique qui ont voté pour Trump.

Beaucoup de ceux qui croient que Trump peut guérir la politique américaine le font pour les mêmes raisons qui poussent les gens comme mon amie (des gens normaux, raisonnables et sensés) à croire que des charlatans peuvent les guérir de tous leurs maux. Ils sont pris au piège d’une confluence de facteurs, notamment une incertitude épistémique, une panique existentielle et de l’antiélitisme. Ce sont ces facteurs qui feront que même lorsque la réalité se fera jour, lorsque les tarifs des primes d’assurances atteindront des sommets et qu’il sera clair que le mur n’était qu’un fantasme, ils rejetteront la faute sur quelqu’un d’autre.

Incertitude épistémique

«Big Pharma» devient une force trompeuse d’envergure démoniaque invoquée par quiconque souhaite remettre en question un traitement qui n’aurait pas encore fait ses preuves ou affirmer les dangers d’un traitement dont la sûreté a pourtant été prouvée

L’incertitude épistémique (idée selon laquelle les sources d’information traditionnelles ne sont pas fiables) est exploitée depuis longtemps par les charlatans pour attirer des patients. Leurs techniques sont les mêmes que celles que Trump a utilisées avec le grand public: gagner la sympathie en identifiant des vrais problèmes (sociétés pharmaceutiques corrompues qui suppriment des données et achètent les médecins, par exemple, ou lobbying à Washington). Mais au lieu de proposer des solutions nuancées (comme le ferait toute personne honnête), ceux qui exploitent l’incertitude épistémique transforment ces critiques légitimes en vulgaires bombes rhétoriques qui leur permettent d’attaquer le système tout entier. «Big Pharma» devient ainsi une force trompeuse d’envergure démoniaque invoquée par quiconque souhaite remettre en question un traitement qui n’aurait pas encore fait ses preuves ou affirmer les dangers d’un traitement dont la sûreté a pourtant été prouvée.

Avec les attaques de ce type, tout semble possible. L’incertitude épistémique nuit à l’évaluation rationnelle. L’émotion et le tribalisme, qui influent déjà lourdement sur la manière dont on perçoit le monde, deviennent les principales sources de croyances. Les vaccins pourraient entraîner l’autisme. Le zapping pourrait guérir le cancer. Le réchauffement climatique pourrait être un hoax inventé par les Chinois. Un homme du New Jersey pourrait être derrière le piratage du comité national démocrate. Après tout, à qui peut-on se fier, vu que même la très officielle Food and Drug Administration est totalement vendue à Big Pharma?

Lorsque les pourvoyeurs d’incertitudes ont gagné la confiance de leur public (et sapé leur foi dans les autres sources d’information), il devient quasiment impossible de leur demander des comptes. La détox au jus de fruits bio ne permet pas de guérir le cancer? Accusez plutôt la médecine traditionnelle d’empoisonner les gens avec les chimiothérapies. Le projet d’assurance maladie de Trump ne permet pas de couvrir tout le monde? Accusez plutôt les démocrates de ne pas vouloir que ce soit le cas (un fait dont les médias traditionnels refusent de parler).

Panique existentielle

Pourtant, même dans notre monde gangréné par l’incertitude épistémique, tout le monde ne cède pas aux sirènes du charlatanisme. Tout le monde ne vote pas pour Trump. Ceux qui le font sont aussi susceptibles d’être victimes de panique existentielle, ce qui peut à son tour pousser à se mettre des œillères très handicapantes.

La panique existentielle est un phénomène qui se produit lorsque l’on voit son bien-être physique, son identité personnelle ou sa vision du monde gravement menacés. Prenez l’histoire que j’ai rapportée pour Wired au sujet de ce couple de médecins, Jim et Louise Laidler, dont les deux fils ont été diagnostiqués autistes. Bien que praticiens de la médecine traditionnelle (Jim a, en outre, un doctorat en biologie), leur désir de la vie «normale» qu’ils avaient prévue était si fort qu’ils devinrent partisans de médecines alternatives, astreignant leurs enfants à des régimes sans gluten ni caséine et les soumettant à une myriade de traitements n’ayant jamais démontré leur efficacité. Ils assistèrent à des conférences que Jim Laidler décrivit comme étant plutôt des meetings, des rassemblements de gens enthousiastes, mais aux théories contradictoires, seulement unis dans leur opposition à tous les autres.

En matière de santé et de médecine, il est facile de susciter une panique existentielle, parce qu’il existe encore des pathologies mortelles ou handicapantes contre lesquelles la science a peu de réponses. Trump a fait la même chose avec la sphère politique

En matière de santé et de médecine, il est facile de susciter une panique existentielle, parce qu’il existe encore des pathologies mortelles ou handicapantes contre lesquelles la science a peu de réponses: cancer, autisme, maladie d’Alzheimer, maladie de Charcot… Trump a fait la même chose avec la sphère politique: au lieu de revenir sur l’augmentation des maladies, il a invoqué l’augmentation de la criminalité en ville (en fait, les deux taux sont en baisse). Durant toute la campagne, Trump a utilisé une rhétorique destinée à affirmer que le style de vie américain était au bord de l’effondrement complet. Les terroristes au lieu des toxines.

Chasser les corps étrangers

Les problèmes identifiés et les solutions offertes par les charlatans et par Trump sont construits selon les mêmes archétypes —seuls les détails varient. Les corps étrangers (produits chimiques, immigrés, tout ce qui n’est pas naturel) nous rendent malades en envahissant nos systèmes. Il faut les chasser, par des expulsions ou une détox, puis les maintenir à distance, que ce soit en renforçant notre système immunitaire grâce à des compléments alimentaires ou en construisant un mur gigantesque.

La nostalgie joue un grand rôle dans les deux cas. «Nous vivons dans un monde toxique, a écrit David Perlmutter «neurologue de l’encouragement» et auteur d’un livre à succès très critiqué sur la manière dont les céréales détruisent nos cerveaux). Mais il l’assure: «Si vous pouviez demander à vos grands-parents ou à vos arrière-grands-parents de quoi les gens mouraient lorsqu’ils étaient jeunes, ils vous répondraient sans doute “de vieillesse”». De la même manière, la mythologie mise en place par Trump voudrait nous faire croire qu’il n’y a pas si longtemps, les États-Unis étaient un pays sans criminalité, avec le plein emploi et une politique qui transcendait les divisions raciales et économiques.

La panique existentielle réduit notre vision jusqu’à ce que l’on ne voie plus rien qu’une menace envers ce que nous sommes. Et puis, au bout du tunnel, il y a les gourous. Les Trump. Ils offrent des remèdes miracles, qui sont exactement ce qu’attendent ceux qui souffrent de panique existentielle. Pas de thérapies compliquées avec de maigres chances de réussite, pas de politiques bancales: uniquement des solutions simples et garanties censées régler tous les problèmes.

Lorsque de tels remèdes ont été adoptés, il est difficile de ne plus y croire. Abandonner la vision mythique que l’on a du remède remet en cause non seulement le sentiment d’espoir et de sécurité du patient, mais aussi sa dignité. Cela est dû en partie au dernier facteur qui permet au charlatan d’assurer son pouvoir: l’antiélitisme.

Le besoin de dignité

Les accusations d’élitisme font coïncider de manière erronée deux sortes d’affirmations différentes. La première, qui est vraie, est que certaines personnes savent plus de choses que d’autres: en matière de religion, d’histoire, de science, de médecine, d’économie, de politique… La deuxième, qui est fausse, est que ces personnes sont des êtres humains qui ont plus de valeur que les autres, en raison justement de leurs connaissances spécialisées. L’antiélitisme transforme les affirmations de la première sorte en affirmations de la deuxième sorte en tirant parti du fait que, souvent, les élites font de même. Les médecins paternalistes et condescendants deviennent ainsi représentatifs de tous les médecins, de même que les universitaires imbus d’eux-mêmes deviennent représentatifs de tous les universitaires.

Les charlatans, qui sont par essence même des populistes, savent bien pourquoi le public les écoute: parce que les élites ont fait du tort au public, qu’elles n’ont pas réussi à résoudre les problèmes, lorsqu’elles ne les ont pas causés elles-mêmes. Lorsque les gens sont tombés malades, les médecins leur ont dit qu’il n’y avait rien à faire. Lorsqu’ils se sont plaints des criminels noirs dans leur quartier, on les a accusés d’être racistes. Lorsque des femmes, chrétiennes, ont choisi d’être mères au foyer, on les a traitées d’arriérées. Lorsqu’ils ont essayé de créer des emplois en forant le sol à la recherche de pétrole, le gouvernement a réglementé leur activité. Lorsqu’ils ont gagné plein d’argent dans la banque, les penseurs progressistes leur ont reproché d’exacerber les inégalités salariales.

Les charlatans leur donnent de nouveaux slogans à scander: C’est nous qui connaissons le mieux nos corps, pas les élites. C’est nous qui connaissons le mieux nos emplois, pas les élites. Nous avons le droit de trouver nos propres solutions. Nous rejetons les élites.

Renoncer à Trump impliquerait d’admettre que la vision que l’on a du monde, avec un pays en plein «carnage», et un héros sincère qui peut le guérir, est fondamentalement erronée

Adopter le point de vue d’un charlatan n’est pas un processus rationnel, ce qui veut dire que les arguments rationnels pris isolément ne pourront rien contre. Les études ont montré à plusieurs reprises que les gens ont tendance à s’accrocher très fortement à leurs points de vue et que les données contradictoires peuvent même, à vrai dire renforcer leurs croyances. (Prenons l’exemple de cette famille qui pense que Trump est un «homme de foi qui va ramener la dévotion»). Renoncer à Trump impliquerait d’admettre que la vision que l’on a du monde –avec un pays en plein «carnage», comme l’a dit le Président américain lors de son discours d’investiture, et un héros sincère qui peut le guérir– est fondamentalement erronée. Cela pourrait aussi impliquer de faire face à une panique existentielle sans avoir de remède miracle. Il est donc bien plus facile de pardonner à Trump le fait de ne pas enfermer Clinton que d’avoir à se confronter à de telles réalités.

J’aimerais avoir une formule facile pour contrer ce type de mirages, mais je n’ai pas pour fonction de vendre des remèdes miracles ou de raconter des contes de fées. Il a fallu des années à Jim et Louise Laidler pour ouvrir les yeux, et cela est arrivé par hasard, après qu’un de leurs fils a mangé une gaufre lors d’une excursion à Disneyland, faisant ainsi entorse à son régime sans gluten. Voyant que rien ne se passait, leur culture médicale finit par reprendre le dessus et ils commencèrent à voir les thérapies, les conférences, etc. pour ce qu’elles étaient vraiment: des fantasmes et des escroqueries.

Mais beaucoup d’autres n’ouvriront jamais les yeux. Pourquoi le feraient-ils? En économie, cela s’appelle l’aversion à la perte. C’est ce qui pousse à rester attaché à quelque chose sans valeur (un actif, une idée, une pratique…) parce qu’on a beaucoup investi dedans. Pour les partisans de Trump, comme pour beaucoup de personnes qui se sont senties abandonnées par le système médical, cet investissement est devenu leur identité, leur dignité, leur espoir. Très peu de gens sont capables de se remettre entièrement en cause au nom de la vérité. Mon amie continue à se zapper régulièrement.

Pour finir, Trump est le symptôme d’un problème très profond, qui va bien au-delà de l’échec des institutions, des problèmes d’éducation, du racisme ou du sexisme. Les êtres humains ont besoin de mythes pour rendre acceptables l’extraordinaire complexité et l’injustice évidente de la vie. C’est pourquoi nous succombons régulièrement aux discours de sauveurs autoproclamés, qui nous expliquent comment les forces du mal nous ont tirés du jardin d’Éden et qui nous promettent que croire en leurs solutions nous permettra de retrouver le paradis. Bien entendu, cela n’a jamais marché et ne marchera jamais. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu de paradis à retrouver.

Pourtant le discours des charlatans survit au temps et aux cultures. Il est donc impératif de former le public à y résister. Le prix à payer en cas de mauvais investissement, aussi bien pour des individus que pour des sociétés entières, est trop élevé, les pertes sont trop dures à récupérer. Nous ne parviendrons jamais à nous protéger entièrement de l’attrait qu’exercent des personnages comme Trump. Il y aura toujours un marché pour les «zappeurs». Le mieux que l’on puisse faire est de restreindre ce marché le plus possible, par l’éducation et une vigilance constante, en s’appuyant sur la conscience honnête de notre inévitable échec —et des dangers qu’il y aurait à ne rien faire du tout.

Alan Levinovitz
Alan Levinovitz (1 article)
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