Sciences / Culture

L’avenir en marche

Temps de lecture : 5 min

La saison 2 de la série Rêver le Futur, diffusée sur Planète+ à partir du 27 janvier, s’intéresse à l’évolution de l’art, de la cuisine, des villes ou de l’agriculture d’ici à 2050.

Rêver le futur
Rêver le futur

CONTENU PARTENAIRE - Après le sport, la médecine ou la mode, la série documentaire Rêver le futur poursuit son exploration thématique des grands changements qui attendent nos sociétés. Pour sa deuxième saison, diffusée à partir du 27 janvier sur Planète+, Rêver le futur se projette en 2050 à travers dix nouveaux thèmes. Du divertissement au travail, de la cuisine à l’agriculture, le futur c’est maintenant !

Les métamorphoses induites par l’essor des nouvelles technologies paraissent infinies. Le développement d’internet, la massification des datas et leur traitement (multitude de données partagées en réseau), les avancées de l’intelligence artificielle sont autant de révolutions indépendantes qui, mises en commun, vont indubitablement impacter le quotidien des êtres humains. Loin de la science-fiction qui promettait des voitures volantes ou un soulèvement des machines, la réalité est peut-être un peu moins spectaculaire mais tout aussi excitante.

Une version augmentée d’aujourd’hui

Depuis le tournant du nouveau millénaire, on assiste au jour le jour à de profonds changements dans l’organisation du travail, l’accès à la communication, le divertissement ou encore la consommation. L’apparition du télétravail, les réunions par Skype, l’explosion des achats via le net, la réalité augmentée ou le développement des plateformes collaboratives (comme Wikipedia) n’en sont qu’à leurs balbutiements.

Et pourtant, on voit bien se dessiner de nouvelles normes, de nouvelles formes d’interactions qui, sans faire nécessairement table rase du passé, ouvrent aujourd’hui les portes d’un monde en devenir.

Ce qui fascine dans les promesses de la science, ce sont les jeunes pousses déjà visibles. Sorte d’extrapolation des techniques en train de naître sous nos yeux, le futur ressemblerait ainsi étrangement à un présent updaté. La série documentaire Rêver le futur nous offre un état des lieux de ces technologies en plein essor.

Mais au-delà, on pressent, en découvrant une imprimante 3D culinaire (qui bientôt calculera la taille d’un gâteau en fonction du taux de cholestérol de son propriétaire) ou un casque de réalité virtuelle (un Oculus puissance 10), que les objets qui ont récemment fait leur apparition dans le giron domestique sont là pour durer et ne sont qu’aux premières phases de leur développement.

Work in progress

Au-delà de la satisfaction toute humaine d’être témoin d’une révolution en marche, les trente prochaines années, puisque l’horizon 2050 est le terme temporel choisi par Rêver le futur, promettent d’étonner leur monde et la série de donner à voir de l’intérieur ce work in progress. En donnant la parole à des chercheurs internationaux, des inventeurs ou des philosophes, Rêver le futur ouvre le capot de cet immense réservoir technologique et invite le spectateur à s’y plonger, à en comprendre les mécanismes et surtout à percevoir les changements quasi-ontologiques qu’il sous-tend.

L’interaction que les œuvres d’art du futur induisent entre le support et le public transfigure ainsi le rapport entretenu jusqu’alors avec les arts plastiques ou les installations vidéo. L’épisode 2, L’Art du futur, souligne brillamment ce glissement où le passage d’un visiteur devant une œuvre modifie celle-ci, où un lien cognitif fort se forge et module la « passivité » du spectateur.

Plus investi, mis à contribution, l’homme face aux nouvelles technologies repense sa place, re-détermine son humanité, bref redevient philosophe par la force des choses. Car qu’on évoque l’art, le travail ou l’urbanisme, trois des thématiques de cette nouvelle saison, on est bien obligé de s’interroger sur les fondements et les nouveaux rapports de l’homme au monde, rendus obsolètes par la révolution sans précédent qu’on s’apprête à traverser.

Individu/machine, le couple du futur

Dans ce voyage temporel pas si lointain - à peine plus d’une génération - auquel Rêver le futur convie les téléspectateurs, un élément stable et récurrent s’impose : l’omniprésence de la machine. Si, comme les infographies en préambule de chaque épisode le précisent, la vague technologique en préparation n’est que la continuité d’une recherche humaine ancestrale de progrès, l’interface-machine fait, elle, une percée sans commune mesure dans le passé.

Même si l’homme et la machine ont de tout temps collaboré - de l’archaïque charrue aux chaines de montage fordistes du XXe siècle -, le couple homme/machine est en passe d’écrire un nouveau chapitre, différent à bien des égards. L’épisode Le Travail du futur montre bien comment les outils de demain, et même contemporains pour certains, sont indispensables, mais surtout créent des liens presque affectifs avec leur propriétaire.

Les smartphones, sorte d’excroissance physique et mémorielle, ont su se rendre indispensables. On imagine alors aisément comment les robots, dotés d’une intelligence artificielle évolutive, resserreront encore les liens qui nous unissent aux machines. On pourrait penser que seul le champ professionnel sera impacté par le duo homme/machine, mais Rêver le futur pointe la myriade d’applications possibles, bien au-delà de ce territoire.

Parti-pris optimiste

Le robot cuisinier ou barman, les nano-robots réparateurs biologiques, les machines capables de trier les déchets et d’optimiser leur recyclage, les véhicules autonomes au service de la population, les drones antenne relais, les outils intelligents attendent leur heure. Imaginés par des inventeurs, manufacturés par des ingénieurs et testés aujourd’hui de Tokyo à Boston, en passant par Paris ou Rio, ils prennent en charge les problèmes rencontrés par l’humanité, cherchent à alléger notre quotidien pour dégager du temps à d’autres occupations.

Si Rêver le futur choisit un angle résolument optimiste, un parti-pris qui tranche avec une certaine technophobie en vogue, il ne cache pas pour autant les nombreuses interrogations que ces nouvelles technologies soulèvent. On découvre ainsi les travaux d’un chercheur du MIT conscient de la nécessité de laisser le contrôle des datas personnelles aux individus. Ou les avancées d’un designer britannique pour contrecarrer l’obsolescence programmée de nombre de nos outils, amenée mécaniquement à exploser vu l’augmentation de consommation de ces biens.

La fascination exercée par ces révolutions en marche et le monde futuriste qu’elles dessinent donneraient presque envie d’accélérer le temps pour se réveiller demain en 2050. Car ceux qui lisent cet article aujourd’hui (entre vingtenaires et sexagénaires) n’auront pas l’occasion de profiter pleinement des métamorphoses tant vantées par cette série documentaire.

La nostalgie du futur

Les changements, qu’ils concernent l’urbanisme, les transports ou les océans, appartiennent à un futur proche, voire très proche quand on ajoute à l’équation le dérèglement climatique, qui oblige à une célérité exacerbée. Ils s’incluront dans le quotidien de l’humanité d’ici peu. Mais la dimension ludique de ce nouveau monde, elle, ne profitera qu’aux générations encore à naître.

L’épisode Divertissement du futur, véritable concentré d’expériences enthousiasmantes, en est un troublant exemple. Les attractions du futur - manèges à sensations fortes, séances cinéma en immersion complète, … - ont beau exciter l’imagination des spectateurs, sans doute n’auront-ils plus l’âge pour sillonner un grand huit virtuel ou attaquer sabre à la main des créatures vidéoludiques menaçantes. Triste constat qui accouche d’un étrange sentiment, une nostalgie pour un futur qui semble si amusant, qui plonge dans un imaginaire enfin réalisé mais finalement inatteignable…

On jalouse les enfants qui naîtront dans vingt ans. Au gré de leurs loisirs, ils deviendront les héros de leur film (version 2.0 du « livre dont vous êtes le héros »), combattront leurs peurs dans des dispositifs virtuels dopés à l’adrénaline ou vivront des expériences totalement inédites (le jeu de rôles In the Eyes of an Animal par exemple où, casque sur la tête, on découvre une forêt vue par un animal).

Finalement, on continuera de rêver le futur… du moins en partie.

Rêver le futur

Saison 2 inédite

10 épisodes

A partir du 27 janvier à 20h55

En exclusivité sur Planète+

Slate.fr

Newsletters

«Pourquoi les hommes veulent-ils autant se sentir utiles en "protégeant" la femme qu’ils aiment?»

«Pourquoi les hommes veulent-ils autant se sentir utiles en "protégeant" la femme qu’ils aiment?»

[C'est compliqué] Cette semaine, Lucile conseille Nicole, une femme si indépendante que les hommes qu'elle rencontre finissent systématiquement par se détourner d'elle, incapables de trouver leur place.

Le climat va encore se réchauffer... naturellement

Le climat va encore se réchauffer... naturellement

La probabilité d’une phase de chaleur liée à la variabilité naturelle du climat est très forte pour les quatre années à venir, selon un nouveau dispositif de prévisions.

Pourquoi l’Australie a-t-elle été découverte si tard par les Européens?

Pourquoi l’Australie a-t-elle été découverte si tard par les Européens?

L'Australie n'a vu son premier Européen qu'un siècle après l'Amérique.

Newsletters