Monde

Les porte-parole de Trump ne savent toujours pas ce qu'est un fait

Temps de lecture : 2 min

«Parfois, on n'est pas d'accord sur les faits» a déclaré Sean Spicer lors de sa deuxième conférence de presse, faisant comme si on pouvait débattre à l'infini des faits objectifs.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, pendant sa conférence de presse du 23 janvier 2017 à Washington. SAUL LOEB/AFP.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, pendant sa conférence de presse du 23 janvier 2017 à Washington. SAUL LOEB/AFP.

Afin de défendre les mensonges et inexactitudes proférées par le président Donald Trump, ses porte-parole doivent opérer des contorsions périlleuses. Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, et la conseillère du président, Kellyanne Conway, semblent quasiment refuser d'admettre qu'il existe des faits objectifs indiscutables.

Après avoir faussement déclaré que l'investiture de Trump avait été la plus populaire de l'histoire, Sean Spicer est revenu devant la presse le lundi 23 janvier, et cette fois-ci, il a accepté de répondre aux questions des journalistes.

Un journaliste d'ABC News a tout de suite mis les pieds dans le plat:

«Est-ce que votre intention est de toujours dire la vérité sur cette estrade?»

Spicer répond que «oui» avant d'ajouter:

«Je pense que nous devons être honnêtes avec le peuple américain. Je pense aussi que parfois, nous pouvons être en désaccord en ce qui concerne les faits.»

Invérifiable

Pourtant, un fait objectif est justement quelque chose sur lequel on doit pouvoir s'accorder. Par exemple, il n'y avait aucune preuve que, comme l'a dit Trump, 1,5 millions de personnes étaient venues à son investiture. Les estimations sont plutôt aux alentours de 250.000 à 600.000. Il n'était pas vrai non plus que, comme l'a dit Trump, le ciel était dégagé lorsqu'il a fait son discours d'investiture. Il a plu pendant tout le discours. Un autre fait sur lequel on peut s'accorder.

Spicer a admis qu'il avait cité des chiffres faux sur la fréquentation du métro de Washington le jour de l'inauguration, mais il a voulu se rattrapper en disant que l'investiture de Trump avait été la plus regardée de l'histoire si on compte le streaming et YouTube, une affirmation que le Washington Post qualifie d'invérifiable et probablement erronée.

Droit au mensonge

Le jour d'avant, la conseillère du président Kellyanne Conway avait nié que Sean Spicer ait menti, préférant dire qu'il avait donné des «faits alternatifs». Ce à quoi le journaliste Chuck Todd avait répondu: «Les faits alternatifs ne sont pas des faits, ce sont des mensonges.»

Le dictionnaire Webster lui a même envoyé un tweet avec la définition du mot «fait»:

«Un fait est une information présentée comme ayant une réalité objective.»

Certains journalistes pensent que Conway ne devrait plus être invitée à la télé:

«Retweetez si vous pensez que les chaînes doivent arrêter d'inviter Kellyanne Conway, la première conseillère du président des États-Unis à soutenir ouvertement le droit à mentir au public.»

Ce n'est pas la première fois que les proches de Trump remettent en cause l'existence des faits. En décembre, une journaliste pro-Trump avait déclaré: «les faits, cela n'existe pas», car selon elle, la réalité d'un fait dépendait du point de vue politique des gens.

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