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Donald Trump bloque les financements pour les ONG internationales pro-avortement

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 24.01.2017 à 11 h 19

Le nouveau président a rétabli une règle, mise en place par Ronald Reagan, qui interdit tout financement fédéral pour les associations qui donnent des informations sur l'IVG.

Des manifestantes pro-choix devant la Cour Suprême à Washington le 3 février 2016. SAUL LOEB/AFP.

Des manifestantes pro-choix devant la Cour Suprême à Washington le 3 février 2016. SAUL LOEB/AFP.

Deux jours après avoir été investi, le président Donald Trump commence déjà à mettre en place sa politique anti-avortement. Le lundi 23 janvier, il a réactivé une initiative de 1984 qui prive de financement fédéral toute ONG qui informe les femmes sur l'avortement à l'étranger. Si une de ces associations veut recevoir des fonds américains, elle devra donc s'abstenir de mentionner l'IVG aux patientes.

Reagan et Bush avant lui

Cette politique nommée «global gag rule» (règle du baîllon mondial) avait été mise en place par Ronald Reagan en 1984, puis éliminée par Bill Clinton, avant d'être rétablie par George W. Bush et de nouveau éliminée par Barack Obama, rappelle le Huffington Post.

Il existe déjà une loi –l'amendement Helms– votée en 1974 un an après l'obtention du droit à l'avortement qui interdit le financement d'organisations qui réalisent des IVG à l'étranger. La règle remise en place va Trump va plus loin: le simple fait d'informer sur l'avortement est prohibé. Il l'a signée un jour après le 44e anniversaire de Roe v Wade, l'arrêt de la Cour Suprême garantissant le droit à l'avortement.

The Atlantic cite plusieurs études de l'impact de cette interdiction de financements: en 2015, l'International Food Policy Research Institute a trouvé qu'au Ghana, lorsque le «gag rule» (aussi appelé «politique de Mexico») était en place, de nombreuses cliniques et centres de santé ont dû fermer et le nombre de grossesses imprévues a augmenté, dont 20% qui ont fini en avortement.

Un drame pour l'Afrique

Une étude de l'université de Stanford a conclu que cette loi était «associée à des augmentations des taux d'avortement dans les pays d'Afrique sub-sahariennes». En effet, le blocage de financements a un effet sur des organisations qui proposent des moyens de contraception, pas seulement des IVG.

Les ONG peuvent accepter de ne plus évoquer les avortements pour conserver leurs financements, mais celles qui préfèrent continuer d'informer sur l'IVG perdent cette source de revenus. C'était notamment le cas de l'International Planned Parenthood Federation, une association présente dans 180 pays, qui avait décidé de renoncer aux fonds américains sous George W. Bush. 

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, plus de 21 millions de femmes par an dans les pays en développement ont recours à des avortements non sécurisés, et cela représente environ 13% des morts maternelles.

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