Sciences / Boire & manger

La nourriture épicée donne-t-elle des rêves bizarres?

Temps de lecture : 2 min

Les chercheurs n'arrivent pas à se mettre d'accord.

Chili | Hans via Pixabay CC License by
Chili | Hans via Pixabay CC License by

Habituellement, Cari Romm, journaliste pour le New York Magazine, passe des nuits plutôt banales, rarement bercées par des rêveries. Mais comme elle le raconte sur le site, un soir, après consommé un bol de chili, elle a passé quelques heures de sommeil mouvementées, étranges, extrêmement perturbantes. Au point de jurer ne plus jamais en manger.

Son rêve l'a poussé à se poser une question paradoxale: «J'ai mangé du chili puis j'ai eu ce cauchemar frappant plus tard cette nuit-là, est-ce qu'il y a une chance que les deux soient liés?» Elle a alors découvert que ce champ d'étude était extrêmement peu couvert par la science.

«Mais pourquoi n'avons-nous pas des rames et des rames de données?, se demande Gary Wenk, de Ohio State University, auteur de Your Brain on Food: How Chemicals Control Your Thoughts and Feelings. Tout le monde mange, tout le monde rêve, et pourtant nous n'avons aucune preuve au-delà de l'anecdote et du mythe. Personne ne recueille ces données systématiquement. Il y a a priori beaucoup de données dans le monde, mais cela n'existe pas de façon ordonnée.»

Propriétés pyschoactives?

La journaliste n'a pu retrouver qu'une seule étude, de 2015, où près de 400 étudiants étaient chargés de compiler les données concernant leurs repas et leurs rêves. À l'époque, seul 18% avaient traversé des nuits particulièrement étranges, principalement à cause de nourriture épicée ou de lait, mais l'information était ailleurs: il est possible que certaines personnes soient influencées par leur propre croyance sur le rôle de la nourriture dans les rêves pour s'en convaincre au moment opportun. Une sorte d'effet placebo.

De plus, la science a déjà montré que ce qui se passe dans l'estomac peut perturber les cycles du sommeil; on peut donc légitimement penser que l'alimentation peut aller jusqu'à jouer un rôle sur la mise en place des rêves. Gary Wenk explique qu'il faut penser à la nourriture comme de la drogue dans ce cas bien précis.

«Les deux après tout, écrit la journaliste, sont juste des groupes de molécules que vous mettez dans votre corps. Et alors que la plupart des substances ne peuvent franchir la barrière du cerveau, certaines peuvent, notamment des composants trouvés dans certaines épices, qui peuvent avoir des propriétés psychoactives quand elles sont consommées en grande quantité.»

La noix de muscade est chimiquement similaire à l'ecstasy. Malgré tout, il faut bien évidemment rester très prudent. Les études sont encore quasi-inexistantes sur le sujet, et tout le monde ne réagit pas de la même manière à la nourriture, encore plus quand il s'agit de nourriture épicée.

Slate.fr

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